‹ Traité théorique et pratique de la folieChapitre 21 sur 295 · VII · texte numérisé non relu

VII

Résumé.

Sur ces vingt-deux cas de folie maniaque simple , il n’en est pas un seul où l’encéphale ait été trouvé exempt d’une altération quelconque.

Trois fois (obs. 4, 10,22), il n’y a eu d’autre altération appréciable que l’hypérémie simple du cerveau , associée , ou à l’épaississement des méninges, ou à l’infiltration sousarachnoïdienne , ou à la coloration lilas de la couche corticale.

Quatre fois (obs. 8, 13, 21 , 2i), les altérations constatées ont consisté en cette forme particulière de l’hypérémie des méninges, à laquelle j’ai donné le nom d’ecchymoses sous-arachnoïdiennes ; associée , ou aux altérations ci-dessus indiquées , ou à d’autres altérations non-essentielles à la folie aiguë , telles que mollesse ou dureté des deux substances. Une fois, il y avait coloration rouge de la couche corticale.

Quatorze fois (obs. 5 , 6 , 7 , 9 , 11 , 12 , 14, 15, 16, 18 , 19 , 20 , 23, 25) , a été constatée à la périphérie du cerveau une altération qui paraît avoir un rapport plus étroit avec la maladie, et qui consiste dans l’association de l’ecchymose sous-arachnoïdienne avec l’injection pointillée de la surface corticale , le plus souvent ramollie , c’est-àdire douze fois sur quatorze. Sept fois la couche corticale avait une couleur rouge plus ou moins foncée.

Une fois seulement (obs. 17), il y a eu absence totale

OBSERVATIONS DE FOLIE

d’altération hypérémiqüe sous une forme quelconque: mais il y avait épaississement avec opacité , et ténacité augmentée des méninges cérébrales, infdtration sousarachnoïdienne et induration des deux substances.

Ainsi , vingt et une fois sur vingt-deux , le cerveau a été à sa périphérie , dans ses membranes, et sa substance , le siège d’une hypérémie. — Dix-huit fois, cette hypérémie s’est présentée sous la forme particulière désignée par le nom d’ecchymoses sous-arachnoïdiennes. — Quatorze fois cette forme particulière d’hypérémie était associée à une hypérémie spéciale de la surface cérébrale , et douze fois cette surface était en même temps ramollie. — Neuf fois la couche corticale offrait, dans toute son épaisseur, une coloration rouge plus ou moins foncée , qui paraît devoir être attribuée à une combinaison du sang avec la substance grise» plus intime que dans l’hypérémie simple.

11 résulte incontestablement de ces faits, que la forme maniaque du délire ne dépend essentiellement et exclusivement d’aucune des altérations particulières de l’encéphale, constatées dans ces vingt-deux cas.

En effet , l’hypérémie, qui, si l’on fait abstraction de ses formes diverses , a été incomparablement la plus fréquente de ces altérations , a pourtant une fois fait absolument défaut. N’eût-elle jamais manqué , l’hypérémie simple ne pourrait être considérée comme la condition propre du délire maniaque. L’hypérémie, qui, sous la forme d’ecchymoses des méninges, avec injection pointillée et ramollissement de la surface cérébrale , constitue une altération réellement spéciale , n’a été constatée que douze fois sur vingt-deux cas. La coloration rouge de la couche corticale n’a été observée que neuf fois. L’épaississement des méninges a manqué dix fois. Les autres altérations, en raison de leur rareté, sont sans valeur, relativement à cette question.

FOLIE AIGUE

g 2. — Etat mélancolique.

Nombre (les observations : Hommes, 9; Femmes, 7 ; deux sexes, 16. Durée moyenne de la maladie : Houimes, 171 jours ; Femmes, 169 j. Age moyeu des malades : Honmies , 42 ans ; Femmes , 47 ans.

Poids moyen de l’encéphale : Hommes , 1.476 ; Femmes, 1.293.

TABLEAU DES ALTÉRATIONS CÉRÉBRALES

HOMMES. FEMMES. DEUX SEXES

Page 1