La machine de M. de Méritens (fig. 86) diffère de la
précédente par quelques points importants. C'est l'induit qui est mobile. Il est formé de bobines élémentaires, en nombre égal à celui des pôles inducteurs. Chacune d'elles est composée d'un noyau en tôles de fer rivées, de forme courbe (fig. 87) présentant deux épanouissements, et recouvert par le fil induit.
Fig. 87.
Fig. 88.
L'ensemble de ces bobines se monte à la 'circonférence d'une roue de bronze calée sur Tarbre moteur.
Les inducteurs sont formés d'une série de faisceaux d'aimants droits, placés parallèlement à Tarbre, et portés sur deux sortes de flasques ajourées, en bronze. L'anneau tourne en regard et très près de Tune des extrémités de ces séries d'aimants. Les autres extrémités sont d'ailleurs assemblées entre elles de manière à former des séries d'aimants en fer à cheval complexes.
La roue de bronze qui porte l'induit reçoit sur sa face antérieure un plateau de bois garni d'une série d'anneaux de cuivre coupés en plusieurs segments. Chacun d'eux aboutit à l'extrémité du fil
Fig. 89.
d'une bobine, et dos bouchons métalliques à vis permettent d'établir des connexions variables entre lesdites bobines.
On peut donc ainsi varier à volonté la force e. m. et le débit de la machine.
81. — Dans les types de grande puissance construits par le même inventeur, et plus spécialement appliqués à l'éclairage des phares, il existe une série d anneaux montés parallèlement sur le même arbre.
Les inducteurs sont en fer à cheval et disposés radialement. La machine prend alors un aspect qui la rapproche beaucoup de Tancienne machine de l'Alliance, à laquelle d'ailleurs elle est infîniment supérieure.
La simplicité d'organes de ces machines, due à l'emploi d'aimants comme inducteurs et à l'absence de collecteur qui est commune à toutes les machines alternatives, leur donne une sûreté de marche plus grande que celle des types courants de l'industrie.
Aussi ont-elles été adoptées à peu près exclusivement pour l'alimentation des phares électriques dans lesquels cette sûreté a une importance capitale.
Elles donnent d'ailleurs d'excellents résultats et leur prix élevé les empêche seul de trouver des applications plus étendues dans l'industrie.
82. — Dans la machine Zipernowsky (fig. 88 et 89), on retrouve l'inducteur sous forme de pignon, dont les dents sont entourées par le fil.
L'induit est formé d'une série do bobines allongées et très plates, qui sont disposées à la circonférence intérieure d'un tambour. Chacune d'elle est pourvue d une âme de fer formée d'une pièce repliée en zigzag, et forme ainsi une sorte de bobine d'électro-aimant de très faible hauteur.
Le tambour est composé par des cercles de tôle, empilés les uns contre les autres et maintenus entre deux couronnes de bois de môme diamètre. Ces cercles forment les culasses magnétiques des bobines induites.
Le tambour est maintenu par boutonnage avec les entretoises qui relient les deux flasques en fonte de la machine.
Le courant inducteur est emprunté soit au redressement d'une
partie du courant, soit à une source extérieure. Il pénètre dans rinducteur en traversant soit le commutateur redresseur, soit en
cas d'excitation indépendante, de simples bagues conductrices montées en porte-à-faux à l'extrémité de l'arbre opposée à la poulie.
94 MACHINES DYNAMOÉLECTRIQUES
Dans les machines de grande puissance, tout le corps de machine constitué par Tinduit monté dans le tambour, peut glisser de côté, de façon à découvrir le pignon inducteur.
Cette disposition facilite beaucoup la visite et au besoin la réparation rapide des diverses parties de la machine, qui, sans cela, seraient inaccessibles. Avec ce mode de construction, les paliers sont portés par le bâti général, au lieu de faire corps avec les flasques ainsi qu'on le fait dans les petites machines.
Le nombre des bobines induites et le nombre de révolutions du pignon inducteur est toujours calculé de manière que le régime de périodicité du courant soit toujours voisin de 100 renversements par seconde.
La force e. m. peut d'ailleurs être très élevée et de nombreuses applications sont faites avec 2,200 volts.
83. — La machine Westinghouse (fîg. 90) est, pour ainsi dire, le renversement de la précédente, avec laquelle elle a les plus grandes analogies.
C'est rinducleur qui est fixe, fonné de bobines disposées radialement autour de l'induit. Celui-ci est formé de bobines plates placées à la circonférence d un tambour tournant, formé de tôles, et sur lequel elles sont maintenues par des frettages en fil métallique. Le nombre de renversements est seulement très différent de celui des machines Ganz, et atteint 270 par seconde.