TUMEURS DIVERSES. — MACULES PIGMENTEUSES
M. Mackenzie dit avoir parfois observé des tumeurs ressemblant à des tubercules scrofuleux, mais qui étaient plutôt des tumeurs fibro- plastiques émanant de la sclérotique , isolément ou par groupes, peu vasculaires ou dépourvues de vascularisation. La plupart des sujets chez lesquels il rencontra cette maladie étaient des enfants cachectiques, enclins aux engorgements glandulaires et aux ophthalmies. Lorsque la conjonctive, dit-il, vient à se déchirer, ces tumeurs peuvent devenir le siège d'un travail d'ulcération lente qui envahit la cornée et amène la destruction de l'organe. Tout en mettant le praticien en garde contre la possibilité de ce genre de tumeurs, je dois ajouter que chose semblable ne s'est jamais présentée chez les jeunes sujets âmes consultations.
Sous le titre de Développement oTun fongus sclérotical avec existence simultanée d'un fongus pulmonaire, le professeur d'Ammon a publié le résultat d'une autopsie constaté chez un homme de trente ans, qui avait eu des gonorrhées et des chancres, puis une orchite , et enfin une dégénérescence du testicule gauche , qui avait acquis le volume du poing. Une hémiopie s'était déclarée trois semaines avant la mort. Dans le segment postérieur de l'œil droit, existait une tumeur sphérique, remplissant à peu près le tiers de la cavité du globe, et qui, placée à la face interne de la sclérotique, refoulait en dedans la choroïde, la rétine et le corps vitré. Le fongus avait pris naissance sur le trajet d'une artère scléroticale ramifiée en étoile; entouré d'une membrane assez résistante, il présentait la même structure que les tumeurs pulmonaires. M. d'Ammon se croit fondé à admettre que cet état pathologique avait très-probablement pour origine le mal I vénérien .
11 ne faut pas confondre avec un staphylôme scléro-choroïdien , avec une affection quelconque à laquelle la coloration de la choroïde peut communiquer une teinte ardoisée, les macules pigmenteuses susceptibles d'apparaître sur l'enveloppe scléroticale. Ces taches, plus ou moins irrégulières, souvent multiples, dépourvues de relief et assez rares d'ailleurs, n'ont rien de pathologique; elles
sont le résultat d'une conformation native. Madame Peronné, l'une de mes malades, m'a offert à cet égard une disposition curieuse. L'œil droit est dénué de macules pigmenteuses ; elles sont nombreuses; au contraire, dans son congénère, et n'existent que sur sa partie supérieure, qui les présente disséminées ça et là. L'iris, de ce côté, est brun, mais il l'est beaucoup plus dans la moitié qui correspond au Iront que dans celle qui répond à la joue. 11 semble que le pigment se soit plus abondamment concentré vers l'hémisphère supérieur dé l'organe que vers son hémisphère inférieur.