CHAPITRE XII.— -DE l'hYDROIMITHALMIE
sont susceptibles d'offrir un travail do pétrification, c'est-à-dire de se transformer en un produit calcaire ou de se revêtir de concrétions calculeuses (ophthalmo- |thes). On peut y constater encore l'ossification, mode d'altération de tissu, en vertu duquel les parties constituantes de l'œil acquièrent la dureté et les autres propriétés physiques du système osseux (corpuscules osseux et conduits oucanalicules de Havers).
Nous avons parfois rencontré des obstacles crétacés incrustés dans la substance delà cornée; ils étaient constamment englobés dans les éléments constituants d'un albugo ou d'un leucome. La concrétion n'intéressait que la couche la plus antérieure du miroir, dans une observation de M. Bowman ; il suffit de racler l'épithélium, avec un petit bistouri courbe, pour que l'obstacle se détachât, laissant la cornée munie de son éclat physiologique. L'analyse chimique y démontra du phosphate de chaux et un peu de carbonate de cette base.
Des cas de véritable ossification de la cornée ne se sont jamais présentés à mon observation. On en trouve des exemples dans les annales de l'art, en supposant que ces produits, qualifiés d'osseux par les auteurs, aient mérité cette désignation. Une lamelle osseuse, de forme ovale, à surface lisse et du poids de 10 centigrammes, fut rencontrée par Wardrop dans la substance d'une cornée qu'on avait fait macérer au préalable; le même œil offrit une incrustation osseuse logée entre la choroïde et la rétine. M. Bowman rapporte qu'une fille, qui souffrait beaucoup d'inflammation et de douleurs à un œil, fut immédiatement soulagée, après que ce praticien eût effectué, avec une pince, l'extraction d'un fragment osseux irrégulier engagé dans une tache kératique, et qui proéminait à nu au-devant de l'œil.
De toutes les pétrifications ophthalmiques, celles de la lentille sont bien certainement les plus communes (p. 465 et 594). Ses ossifications, dont on a cité quelques rares exemples', doivent être considérées comme très-exceptionnelles.
Des concrétions de nature calcaire ont été rencontrées dans le corps vitré. I n exemple d'ossification de cet organe est consigné au t. XXXI, p. 183, des Annales d'oculistique (Observation deWittich), et un autre (Observation de John Krk) dans la Gazelle médicale de Paris (année 1831, p. 152). Une femme de m ans, qui avait été opérée, à l'œil droit et sans succès, de la cataracte, y avait souffert jusqu'à sa mort de douleurs vagues qu'on supposait arthritiques. L'œil gauche était sain. « Au globe droit, dit M. Sprce -, le corps vitré était changé en un os épais d'un demi-pouce, rond, solide, de la même forme que le corps vitré. Observé au moyen du microscope, on y trouva l»s corpuscules osseux, seulement un peu plus petits (pie d'ordinaire, et les conduits médullaires très-larges. Cette transformation du corps vitré ne consista donc pas seulement dans le dépôt d'une matière calcaire quelconque^ mais dans la production d'un véritable corps
osseux. »
Quelques yeux atrophiés ont présenté, dans la région rétinienne, une plaque
' Voir la p. i&& de cel ouvrage ei les Annales d'oculisliuuc (observation de M Taylor) t. XXX1I1, p. 9u.
1 Annules d'oculimique, l. XIV, p. 422.
eupulilbrme, d'épaisseur variable, et parfois percée d'un trou pour le passage du nerf optique. Plusieurs de ces cas ont été qualifiés d'ossification de la choroïde; le plus grand nombre d'ossification de la rétine. ftognetta el d'autres observateurs ont prétendu que c'était aux dépens de la membrane de Jacob que se constituaient ces lamelles osseuses. Il me paraît probable que de telles métamorphoses, soit calcaires, soit osseuses, ont le plus souvent pour origine un processus inflammatoire de la choroïde, des exsudais, en d'autres termes, fournis par cette membrane chroniquement phlogoséc; telle est, d'ailleurs, l'opinion de M. Arlt, de M. Hasner, de M. Bader et du docteur Follin. Dans quelques cas, la masse pathologique vient occuper la place du corps vitré résorbé, d'où la dénomination impropre d'ossification de la membrane hyaloïde, qui a été attribuée à certaines lésions de ce genre. M. Metaxas, qui donne la description, dans sa thèse inaugurale, de deux pièces qu'il a récemment observées au Musée ophthalmique de Londres, s'exprime de la manière suivante: « J'ai étudié ces pièces avec beaucoup de soin; j'ai vu d'une manière évidente que la rétine ne participait pas à la transformation cartilagineuse ou osseuse; cette transformation portait sur les produits inflammatoires situés entre la rétine el la choroïde. » Dans d'autres circonstances (p. 611), les corps logés dans la région rétinienne ne consistent que dans de très-petites masses, des espèces de granulations calcaires. Notons encore les concrétions lapidiformes susceptibles de se développer dans l'intérieur du nerf optique ou sur un point quelconque de son trajet.
Les atrophies vasculaires de l'œil par suite des progrès de l'âge, l'embarras créé dans la circulation interne du globe par des obstacles issus d'inflammations longues et opiniâtres, prédisposent à la lithiase de l'organe visuel. Qu'un travail phlegmasique ait engendré un exsudât au-devant de la choroïde, il se conerétera et durcira avec d'autant plus de facilité que l'absorption sera plus languissante, que la circulation capillaire sera moins active. Mais il y a lieu de tenucompte d'un élément, sans lequel ces métamorphoses seraient infiniment plus communes ; nous voulons parler d'une disposition arthritique ou autre, d'un| c o n d i t i on i di osy n crasi que .