‹ Traité théorique et pratique des opérations de banque (volume 2)Chapitre 104 sur 328 · LIVRE 111. CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE 111. CHAPITRE

en caisse une somme considérable et à faire les placements les plus réalisables qui, recherchés par tous les capitalistes, sont ceux qui produisent le plus médiocre intérêt.

Aussi existe-t-il en France peu de maisons constituées spécialement dans les conditions que nous venons de décrire. On en trouve un certain nombre à Londres où le banquier est en quelque sorte le caissier du commerce de gros et où une masse considérable de grandes affaires donne lieu à des négociations à la fois sûres et actives. Chez nous, ces opérations, que nous appellerons de première classe, sont plus divisées, soit parce que les affaires sont moins considérables et moins actives, soit parce que les opérations de caisse du commerce n’ont pas encore été transportées, comme à Londres, chez les banquiers, soit parce que la Banque de France absorbe le meilleur papier dans ses portefeuilles.

2° Maisons qui opèrent sur des dépôts mixtes.

Les comptes courants mobiles de première classe ne suffisant pas aux capitaux et à l’activité des banquiers, il s’est ouvert des comptes d’un autre genre. Des personnes étrangères au commerce ont apporté leurs économies en dépôt pour un terme assez long; en même temps, des commerçants dont les affaires ne suffisent pas habituellement à l’emploi de leurs capitaux ont fourni à leur banquier des fonds disponibles pour un certain temps. Les uns et les autres, en considération d’un intérêt qui leur était bonifié, ont consenti à laisser leurs fonds chez le banquier plusieurs mois, quelquefois plusieurs années, jusqu’à placement permanent et définitif. A côté de ces comptes, il s’en est établi d’autres : des commerçants qui avaient plus d’activité que de capitaux ont présenté à l’escompte des valeurs à moyenne ou à longue échéance et réclamé le secours du crédit. L’intelligence du banquier a mis promptement en rapport l’offre d’une part et la demande de l’autre, mesurant le crédit qu’il donnait à celui qu’il recevait.

Ainsi se sont constituées les maisons de seconde classe qui sont assurément les plus nombreuses en France et ailleurs. Aux affaires de première classe quelles peuvent obtenir, elles joignent l’escompte du papier à longue échéance et font parfois des avances temporaires à découvert.

Ici la clientèle commence à se fixer : les relations sont moins mobiles, parce qu’elles sont moins libres et beaucoup plus personnelles. Le banquier reçoit de chacun et donne à chacun plus de crédit que dans les maisons de première classe : il examine avec plus de soin les affaires de ses clients et ceux-ci s’occupent aussi un peu de l’état et de la conduite des siennes : ils apprécient ses formes, sa facilité ou sa roideur, son exactitude ou sa négligence, sa discrétion ou sa légèreté. Le papier de seconde classe se compose d’effets plus nombreux que celui de la première classe, mais l’importance de chaque effet est moindre : dans la seconde classe, les commissions donnent encore au banquier la meilleure part de ses bénéfices; mais la différence des intérêts acquiert plus d’importance au compte de Profits et Pertes : l’ensemble de ses affaires présente un aspect plus lourd que dans la première classe, et s’il peut impunément se contenter d’un encaisse moindre, il fait sagement d’opérer sur un capital plus considérable, parce que le portefeuille, garni d’effets à plus longue échéance, peut être plus difficile à réaliser et présente des chances de perte plus grandes.

Toutefois la liquidation d’une bonne maison de cet ordre peut s’opérer sans trop de difficulté. Les négociants auxquels elle donne du crédit ne lui empruntent qu’une partie de leur capital de roulement dont ils peuvent, à la rigueur, se passer, en restreignant leurs affaires. Le banquier doit dépenser plus de travail, d'attention, d’intelligence et engager un capital plus fort que dans les opérations de première classe; mais en somme les profits peuvent être encore abondants et assez faciles.

3° Maisons qui opèrent sur des dépôts à long terme.

11 en existe un petit nombre à Paris et un nombre plus grand dans les départements : elles reçoivent en dépôt, pour un temps assez long, les fonds des petits et moyens capitalistes qui considèrent ce placement comme définitif ou tout au moins comme indéfini. Au lieu de demander l’ouverture d’un compte courant, ces capitalistes prennent soit un billet du banquier, soit un effet de son portefeuille à six mois, huit mois, un an ou plus, payable à sa caisse et endossé par lui.

Ce banquier peut donc prêter à long terme en fondant ses bénéfices, moins sur la commission d’escompte ou de recouvre- 2e édition. 10

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