‹ Traité théorique et pratique des opérations de banque (volume 2)Chapitre 11 sur 328 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

• . qu’est-ce qu’un capital ?

Dès que les hommes ont appliqué à la valeur des choses une sorte de mesure de quantité et perfectionné le contrat d’échange, ils ont reconnu non-seulement que cette valeur était susceptible d’accroissement et de diminution, mais aussi qu’elle pouvait s’abstraire des objets auxquels elle était primitivement attachée, de manière à subsister, par une sorte de métempsychose, après la transformation de ces objets, par l’échange, ou par l’industrie. Qu’un laboureur, par exemple, échange une mesure de blé contre un mouton, contre un instrument de travail, les richesses dont il disposait ont changé de forme; elles consistent en d’autres objets, sans que leur utilité et leur valeur aient éprouvé peut-être ni accroissement, ni diminution. Cette abstraction d’une somme d'utilités ou de valeurs , dont l’existence est toujours liée à celle d’une richesse matérielle, et qui cependant a des lois de durée, d’accroissement et de diminution complètement indépendantes de celles auxquelles sont soumis tels ou tels objets matériels, a pris un nom : c’est ce qu’on appelle un capital.

Un capital est toujours une somme de valeurs; mais ce mot reçoit plusieurs acceptions plus ou moins étendues et différentes les unes des autres. Dans le langage ordinaire de la conversation et des affaires, on oppose souvent le mot « capital » aux mots a intérêt » ou « revenu; » on donne, dans ce cas, le nom de capital à une somme de valeurs destinées à l’épargne ou à la reproduction, et le nom d’intérêt ou revenu, au profit annuel de ces mêmes valeurs lequel est destiné à la consommation. Cette distinction du capital et du revenu, utile et pleine de sens dans l’économie privée, ne peut être admise dans l’économie publique, parce qu’elle n’a aucune existence réelle, indépendante de l’intention du propriétaire, laquelle change à tout instant. Chaque jour, des valeurs, destinées primitivement à l’épargne ou à la

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