UE LA RÉALISATION
conomie politique sont familiers ne doivent pas éprouver cette répugnance : elles savent que la valeur des choses dépendant de l'opinion, est mobile comme l’opinion et varie avec elle; que, par suite, tout contrat dont l’exécution est étendue sur un certain espace de temps fait courir aux contractants des chances inévitables de gain ou de perte, par la variation des cours. Les capitaux monnayés ne font point exception à la règle générale : ils valent plus ou moins, selon les temps et l’état du marché; tous les efforts que les hommes ont faits pour en fixer le prix sont restés impuissants.
Le capital prêté soit directement, soit par une vente à terme, a une aptitude spéciale. A l’expiration du contrat, ce capital, jusque là| employé, actif, doit se transformer par un échange en espèces monnayées que l’on appelle à tort mais généralement capitaux disponibles, en ce sens que leur propriétaire peut, à volonté, changer leur emploi, parce qu’ils ont l’aptitude générale.
En temps ordinaire, la somme des prêts ou ventes à terme est à peu près égale à celle des paiements et des remboursements, tant sur la masse que dans chaque branche d’industrie ou de commerce, de telle sorte que les capitaux vont et viennent, sans autre perturbation que celle causée par le défaut d’exécution des engagements de quelques particuliers. La valeur relative, le prix courant des capitaux disponibles éprouve peu de variations, et les contrats s’exécutent sans dérogation aux habitudes. Mais les événements viennent souvent changer ce paisible état de choses sur la foi duquel les contrats ont été conclus, et rendre sensibles les chances de gain et de perte du prêteur et de l’emprunteur.
Les cours varient par l’offre et par la demande : observons les effets de l’une et de l’autre variation, et les conséquences de la hausse et de la baisse sur le marché des capitaux disponibles.
Premier cas : l’offre augmente. Ceci peut arriver à la suite d’un accroissement réel et général des capitaux disponibles par le travail, lentement et en état d’emploi : ceci peut arriver aussi lorsque le retrait violent de plusieurs emplois fait refluer les capitaux sur le marché général. L’abondance de l’offre facilite singulièrement l’exécution des contrats : on s’en aperçoit peu, parce que cette exécution est un fait toujours prévu par l’espérance. Alors la confiance augmente, le travail s’anime, et tous les capitaux