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tamment en caisse de fortes sommes d'or pour parer aux oscillations, qui seraient fréquentes. Nous gardons toujours actuellement sous notre main une certaine quantité de petits billets fabriqués pour suffire aux demandes éyentuelles, il nous faudrait garder en caisse une somme égale d'or et même une somme supérieure, car il faudrait plus d'or pour faire le service monétaire qu'on emploie actuellement de billets. »
Le directeur d'un comptoir écrivait : « La suppression des billets au-dessous de 5 livres serait ruineuse pour le pays, et je ne sais vraiment de quelle manière les affaires s'y feraient. Dans les Highlands, par exemple, nous vendons du grain, du bétail, du bois et du poisson. Le petit fermier conduit au marché trois ou quatre veaux de la valeur moyenne de 2 à 4 livres. Là, les nourrisseurs en achètent souvent deux ou trois cents, un à un, à leur convenance. Ce sont autant de payements de plus d'une livre et de moins de B livres, qui se font actuellement en papier, et qui devraient être effectués en or. Il faudrait à ces marchands des masses d'ot et d'argent qu'ils ne trouveraient qu'avec peine auprès des banques, auxquelles une telle avance ne procurerait pas les avantages qui résultent actuellement pour elles de la circulation de leurs billets. Il en est de même pour le grain qui se vend sur nos marchés par petites parties, et pour les salaires qui se payent une fois par mois.
» La pêche du hareng sur nos côtes emploie plusieurs milliers d'hommes. A Lochfine seulement cette pêche a produit dans une saison 40,000 1., et mille bateaux y sont employés habituellement. Le pêcheur vend chaque matin à des marchands le poisson qu'il a pris, et repart pour en chercher d'autre. La valeur du poisson ainsi vendu s'élève rarement à 8 livres, et il faudrait dans celte seule station de quoi payer en or le produit de mille bateaux environ. Et lorsqu'il s'agirait d'envoyer des fonds* i. »
Walter Scott, qui n'était pas seulement un grand romancier et un grand poëte, prit^ lui aussi, dans une Revue, la défense des banques d'Ecosse. «Si les Anglais se sentent malades, écrivait-il, qu'ils prennent médecine et ne viennent pas nous la
TILViTÉ DES OPÉRATIONS DE BANQUE.
faire prendre à nous qui nous portons bien... » Ses articles, remplis de sens et de raison, eurent un plein succès : le pays entier s'émut, et le parlement, comprenant qu'après tout les théories les plus spécieuses, même lorsqu'elles sont soutenues par les hommes les plus honorables devaient fléchir devant les faits, respecta les billets de petite coupure.
Mais les banques écossaises ne pouvaient longtemps échapper aux utopies de ce qu'on pourrait appeler l'école métallique anglaise. Par le bill étrange qu'il obtint du parlement en 1845, sir Robert Peel atteignit ces banques et leur imposa des restrictions nouvelles, la médecine dont avait parlé W. Scott. D'après cette loi, le droit d'émettre des billets à vue et au porteur est limité aux banques existant au 1*' mai 1845, et le montant de la circulation de chacune d'elles ne doit pas dépasser la circulation moyenne de l'année expirée le l*' mai 1845. Chaque banque ne peut excéder ce maximum qu'à la condition d'avoir en caisse une somme de monnaie métallique égale à l'excédant de sa circulation de papier. A dater du 6 décembre 1845, toute banque doit déclarer chaque semaine à l'administration du timbre le montant de ses billets en circulation et de son encaisse métallique.
Les résultats de cette loi n'ont pas tardé à se faire sentir ; ils sont matériellement établis dans le tableau suivant de la somme de l'encaisse des banques et de la somme de leurs billets au second samedi de février, avant le bill de 1845 et depuis la mise en vigueur de ce bill :
ANNÉES
BILLKTS.
ESPÈCES
ANNÉES
BILLETS
ESPÈCES
Ainsi, avant la loi de 1845, l'encaisse des banques était à la circulation dans le rapport de 1 à 7, il n'y avait ni abus, ni réclamation. A dater de la mise à exécution de la loi, l'encaisse a augmenté dans le rapport de 3 à 4 environ : dans
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quel intérêt? au profit de qui? dans quel but? à quelle fin? Il serait difficile de le dire. Les banques ne valent pas mieux qu'auparavant, puisqu'elles [n'avaient donné lieu à aucune plainte et qu'elles n'avaient jamais cessé de remplir leurs engagements. Le seul effet de cette loi a donc été de limiter leur puissance productive, en les condamnant à garder en caisse, sans aucune nécessité, 700,000 /. environ, soit 17,800,000 fr. Les opinions dogmatiques ont partout le même caractère : obstinées et aveugles, elles refusent de céder, même à l'évidence des faits.
Les banques écossaises n'avaient pas attendu la loi de 1848 pour prendre les moyens de limiter l'excès des émissions, ou, pour parler plus exactement, de retrancher le papier circulant sans nécessité. Afin d'assurer le crédit du billet-monnaie et d'habituer le public à s'en servir, elles reçoivent toutes depuis fort longtemps les billets les unes des autres. La Banque Royale, par exemple, accepte sans difficulté en payement d'un effet de son portefeuille ou dans un versement à sa caisse un billet de la Banque d'Aberdeen. Mais elle ne veut ni l'émettre en concurrence aux siens propres, ni le garder en caisse, ce qui équivaudrait à une ouverture de crédit à découvert à la Banque d'Aberdeen. C'est pour éviter cet inconvénient et pour faciliter cependant la circulation du papier que les banques d'Ecosse ont pris ensemble un aiTangement [d'après lequel elles échangent entre elles deux fois par semaine ceux de leurs billets i^espectifs que le mouvement des affaires a mêlés et dispersés.
Le jeudi et le samedi,, les délégués de toutes les banques de circulation se réunissent alternativement dans les bureaux de la Banque d'Ecosse et de la Banque Royale, à Edimbourg. Là, chacun échange les billets des autres banques amenés dans ses mains par le mouvement des affaires contre ceux de sa banque, dispersés par le même mouvement dans les caisses des autres. Quelques instants suffisent à établir le compte de compensation, et les différences sont payées comptant en bons de l'échiquier, en or ou en billets de la Banque d'Angleterre.
Cet usage excellent remonte à l'année 1770; mais autrefois
les différences étaient soldées par une traite sur Londres à dix jours de vue. La pratique a fait ressortir TincouYénient de cette espèce de règlement, et on est convenu que chaque banque déposerait au bureau d'échange commun un certain nombre de bons de Téchiquier, de 1,000 I. chacun qui servent à l'acquit des différences que chacune d'elles peut devoir. Ces bons sont pris au pair, quel que soit le cours au dehors, et mis hors du commerce par l'apposition d'un timbre particulier. Chaque banque doit maintenir entière la somme des bons de l'échiquier qui lui sert de cautionnement envers les autres, c'est-à-dh*e solder en espèces les différences dont elle est redevable. — Une compensation pareille des billets des diverses banques se fait en même temps à Glasgow, et les différences sont réglées le lendemain matin, de la même manière, à Edimbourg.
Aucune banque ne pourrait se soustraire à cet usage, sans voir aussitôt ses billets refusés par toutes les autres, discrédités et mis hors de la circulation.
Tels sont les traits principaux du système écossais, système régulier, complet, dans lequel tous les détails sont liés ensemble par un long usage de la liberté, par des habitudes que les banques ont créées, par des aptitudes qu'elles ont développées et sur lesquelles elles ont fondé leurs bénéfices. Les résultats obtenus par ce système sont admirables, mais il est juste d'observer que ces banques ne subissent aucune nécessité politique et n'ont point dans leur ressort commercial un de ces grands centres d'affaires et de catastrophes financières, tels que Londres, Paris, New-York.
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