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leur de la Banque de Belgique ; le 10, elle eu présenta pour une somme de 4,200,000 fr., et le 15, pour 300,000 fr. La Banque de Belgique fut obligée de suspendre ^
11 faut remarquer du reste que, dans cette crise, les fonds déposés en compte courant avaient été retirés avant les billets, et que le montant des billets était réclamé, non par le public, mais par une main ennemie. Les émissions de la Ban-* que de Belgique avaient été si peu exagérées, qu'au S dé» cembre 1838 il n'y avait pas tout à fait pour trois millions de £68 billets en circulation.
Le gouvernement dût venir au secours de la Banque de Belgique dont Tembarras momentané porta un coup terrible aux entreprises qu'elle avait commanditées. Quant h la cause première de la catastrophe, elle n'était pas douteuse. L'homme éclairé qui dirigeait alors la Banque, l'indiquait formellement dans son rapport du 28 février 1839 : c( L'administration, di- «ait-il, a engagé les capitaux de manière à ne pas pouvoir les mobiliser promptement. Les prêts faits à l'industrie et ceux sur actions industrielles sont la cause la plus frappante de la gène prolongée de la Banque. »
Cependant, la crise passée, la Banque de Belgique suivit à peu près les mêmes errements que par le passé, mais avec une grande timidité : la Société Générale s'engagea plus hardiment que jamais dans la voie qu'elle avait frayée. Aussi, dans la grande crise de 1848, les deux banques rivales eurent le même sort et furent réduites à implorer l'appui du gouvernement. Une loi du 20 mars 1848 donna cours forcé aux billets-monnaie de l'une et de l'autre, en fixant un maximum d'émission qu'il fallut bientôt élever, et en faisant servir à l'État l'intérêt des émissions supplémentaires. Le 26 décembre 1849, le ministre des finances se plaignait à la chambre des représentants de ce que l'État eût été réduit à cautionner ces deux établissements de crédit jusqu'à concurrence de la somme de 54 millions.
Alors on résolut de fonder, sur le modèle de la Banque de France, un établissement de réserve en quelque sorte : « la
* Rapport de M. de Brouckère à l'assemblée générale des actionnaires (|e la Banque de Belgique, le ^8 féyrier 1839.
Banque nationale. » Les statuts de cet établissement lui interdisent, dans les termes les plus formels, les opérations par lesquelles il pourrait immobiliser ses capitaux, et le restreignent en quelque sorte à l'escompte, La Banque nationale, fondée au capital effectif de 15 millions de francs, fournis par la Société Générale et par la Banque de Belgique \ a obtenu, par des conventions successives du gouvernement avec les autres banques, le privilège exclusif d'émettre des billets à vue et au porteur, et à peu près aussi le monopole de l'escompte proprement dit. En vertu de la loi du 10 mai 18B0, cette banque fait en même temps le service de caissier de l'État, moyennant une indemnité annuelle fixe de 200,000 fr. Mais comme, par la loi qui constitue la Banque nationale, un sixième des bénéfices excédant 6 p. Voî a été réservé à l'État (art. 7 de la loi), la Belgique obtient gratuitement^, comme prix du privilège accordé à la Banque nationale, le service de centralisation et de mouvement des fonds du Trésor qui coûte si cher à la France.
La Banque nationale peut faire des recouvrements au dehors, et le papier fourni par ses recouvrements s'est élevé pendant l'année 1888 à la somme de 126,583,222 fr., ce qui faisait un tiers environ du portefeuille total. Les coupures de ses billets-monnaie sont de 1,000, de 500, de 100, de 50 et de 20 fr. : elles lui permettent de faire pénétrer ses billets bien plus profondément dans la circulation que ne pénètrent ceux de la Banque de France.
Au 31 décembre 1862, la Banque nationale avait une succursale à Anvers et vingt-cinq Comptoirs dans diverses localités. Son bilan, à la même époque, se résumait par les chiffres suivants :
* Le capital nominal de la Banque nationale est de 25 millions. Dix millions d'actions ont été attribués à la Société Générale, et quinie millions à la Banque de Belgique.
' La part de TÉtat dans les bénéfices de la Banque dépasse même la somme qu'il paye pour prix de son service de Trésorerie. En 1862, cette part s'est élevée à plus de 365,000 fr.