‹ Traité théorique et pratique des opérations de banqueChapitre 171 sur 268 · BANQUE · texte numérisé non relu

BANQUE

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On voit par ces bilans que les billets au porteur qu'émettaient autrefois la Société Générale et la Banque de Belgique, et dont le cours forcé n'a cessé qu'en 1888, ne figurent plus que pour mémoire au passif de ces établissements. On en peut dire autant, quant à la Banque de Belgique, des fonds de Caisse d'épargne. La Société Générale continue de rece-

voir ces dépôts, si dangereux dans les moments de crise.

Le système belge, on le voit, n'est autre, à tout prendre, que le système français dirigé par un gouvernement d'hommes d'affaires intelligents et actifs. Il se distingue par des traits bien marqués des systèmes appliqués en Ecosse et en Amérique. Eu Belgique, Tinitiative est venue de l'État plutôt que des particuliers : aussi les opérations de banque ont-elles pris en ce pays, plus qu'en tout autre, la forme administrative. On y a négligé les petites entreprises et les petits entrepreneurs pour faire de grandes affaires et créer de grandes entreprises. Aussi les banques publiques ont-elles pénétré bien moins qu'ailleurs dans les habitudes et dans les affaires de la masse des populations. 11 suffit pour se convaincre de ce fait de considérer le chiffre des billets en émission et de le comparer aux besoins d'une population nombreuse, dense et industrieuse comme celle de la Belgique.

Ce qui s'est passé dans les crises nous en fournit une autre preuve. En effet, bien qu'un homme fort éclairé ait dit devant une commission d'enquête du parlement anglais qu'il n'y avait aucun remède contre la présentation des billets au moment des crises politiques, on a pu remarquer que les banques d'Ecosse avaient traversé sans chanceler depuis quatre-vingts ans plusieurs crises de ce genre. Nous en avons indiqué la cause : c'est que la population tout entière se sent intéressée à leurs affaires et notamment à la circulation de leurs billets. En Belgique, les banques sont des banques de capitalistes : leur but principal est de réunir les petits capitaux et de les placer par grandes masses, de manière à obtenir toujours des créations et des émissions de titres et à établir une industrie dont la constitution administrative semble avoir pour but les choses plutôt que les hommes. De là l'isolement dans lequel elles se sont trouvées^ comme toutes les banques du continent européen, au moment des crises.

Sans doute il y avait dans la constitution même de la So-» ciété Générale et de la Banque de Belgique, comme banques de circulation, des vices nombreux, notamment l'immobilisa-* tion de leurs capitaux et leur prédilection pouf des gages sus-^ ceptibles d'une grande dépréciation. Mais ce n'est pas là qu'il

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