‹ Traité théorique et pratique des opérations de banqueChapitre 233 sur 268 · SOLDES · texte numérisé non relu

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échéance, en portant le produit de l'escompte au profit de qui de droit.

Cette méthode, directe et la plus oonimode, lorsque, par l'escompte, on ramène l'échéance de tous les articles du compte courant au jour de leur entrée, n'a pas prévalu en France. On lui a préféré une méthode qui a semblé plus large et plus simple et qui, très-imparfaite au commencement, s'est ensuite fort améliorée. Nous allons l'exposer d'abord dans son état primitif, en premier lieu, parce qu'un certain nombre de maisons l'emploient encore ainsi, et puis parce qu'il sera plus facile d'exposer ensuite les modifications qu'elle a subies et qui constituent ce qu'on appelle la nouvelle méthode. L'une et l'autre sont fondées sur cette convention, très-fréquemment adoptée dans la pratique des maisons d'escompte

et de recouvrement, de l'égalité du taux d'intérêt au crédit et au débit du compte courant.

§ 3. — Comptes-courants avec égalité d'intérêt de part et d'autre. Méthodes françaises.

Ancienne méthode. Les colonnes du livre des comptes courants sont disposées dans Tordre suivant : on inscrit d'abord de gauche à droite la date d'entrée, puis la somme, le détail de la somme, le taux du change ou commission, le lieu où chaque effet est payable ou d'où il revient, ou la nature de l'entrée, puis l'échéance de chaque somme, le nombre de jours pendant lequel on doit calculer l'intérêt. A la dernière colonne de droite, les uns, ceux qui se servent de barèmes ou comptes faits et ceux qui emploient la méthode des parties aliquote?, inscrivent l'intérêt qui a couru pour chaque somme; les autres, la plupart, inscrivent le nombre. Cette manière de régler le livre, dont on peut voir un modèle au tableau D, est la même au débit et au crédit.

Dans ce système, on suppose que toute somme entrée soit au débit, soit au crédit, porte intérêt du jour de son échéance au jour du règlement de compte. En effet, si les sommes inscrites, tant au débit qu'au crédit, portent le même intérêt, il importe peu de faire des balances à chaque entrée, puisque la balance des sommes d'intérêts se trouve exactement la même qu'on aurait obtenue en an de compte par des opérations multipliées.

Soit un compte courant ouvert le 1" mai, et composé d'un article, i ,000 fr. au débit, échéance du 10 mai, et d'un article, 1,500 fr., au crédit, échéance du 26 mai. On règle le compte au 31 mai. En réalité, il se compose : au débit, de 1,000 fr., portant intérêt du 10 au 28 mai, soit 18 jours, en nombres 18,000; au crédit, de l'intérêt de la balance, qui est 500 fr., du 28 au 31 mai, pendant 6 jours, soit en nombres 3,000. La balance des nombres donne 12,000 en faveur du débit.

Par la méthode que nous exposons, on suppose que les 1,000 fr. du débit ont porté intérêt du 10 au 20 mai; mais, par contre, on suppose que les 1,800 fr. du crédit, et non plus la balance de 800 fr* seulement, portent intérêt du 28 au 31

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mai. Ainsi, ob fait porter intérêt indûment pendant 6 jours aux 1,000 fr. du débit et à une somme égale au crédit, ce qui n'altère pas la balance. On a aux nombres du débit, 21,000 ; à ceux du crédit, 9,000; balance, 12,000, comme dans le premier cas. On n'a besoin de s'occuper ni de soldes, ni d'échéances communes, ni de ramener telle ou telle somme à une échéance déterminée : tous les calculs sont simples et uniformes, d'autant plus que, dans la pratique, on supprime deux chiffres à droite de chaque nombre^ et deux chiffres à droite du diviseur fixe. En effet, il faudrait que les fractions négligées s'élevassent à 6000 pour occasionner une erreur de 1 fr. au taux de 6 p.Vo? qu'elles s'élevassent à 7200 pour occasionner une erreurde 1 fr. au taux de 5 p. Vo? et à un chiffre plus élevé pour un taux moindre. Il faut observer que ces fractions étant né^ gligées également au débit et au crédit, il faudrait que cette erreur de 6000 ou de 7200 existât sur la différence, chance peu probable, et en vue de laquelle il n'est pas nécessaire de compliquer les écritures. Les deux chiffres de droite étant écartés des nombres^ on les écarte du diviseur fixe et on divise par 60, si le taux de l'intérêt est de 6 p. Vo> par 72, s'il est de 5 p. Vo? etc.

Ceci posé, on établit le compte comme au tableau D ci-joint, dans lequel nous allons prendre un exemple.

Ce compte est ouvert à nouveau le 1" juillet et fermé le 31 du même mois. Le premier article qui s'y présente est un solde débiteur de fr. 5,000, qui porte intérêt durant 31 jours, ce qui donne pournomfrr^ 1,5S0, que l'on inscrit à la colonne des nombres. Le 2 juillet, entrée d'une remise de fr. 6,378.60, au crédit, en cinq effets à diverses échéances. Le premier de ces effets est de fr. 2,34S, sur Strasbourg, au 28 juillet : on l'inscrit dans la colonne destinée à recevoir le détail des bordereaux; dans la colonne suivante, on indique la place où il est recouvrable; dans la suivante, le change dont il est chargé, puis l'échéance, le nombre de jours pendant lesquels il porte intérêt, et enfin le nombre, qui est 70. On en fait de même pour les autres effets, et on porte le total de la remise à la colonne qui suit celle où l'on inscrit la date d'entrée. Le 5 juillet, on paie une traite de fr. 1,500 de l'ayaut-compte ; on l'inscrit à son débit, ainsi que l'échéance, le nombre de jours pendant

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lesquels l'intérêt court, et enfin le nombre.— Le 7, retour d'un effet remis antérieurement par Tayant-compte : on ajoute an capital de cet effet tous les firais dont il est chargé, tels que ports de lettres, frais de protêt ou autres jours d'intérêts courus, et on le fait entrer au compte comme un décaissement

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