‹ Traité théorique et pratique des opérations de banqueChapitre 4 sur 268 · RICHESSES. — UTILITÉ · texte numérisé non relu

RICHESSES. — UTILITÉ

On appelle Richesses, dans l'acception la plus étendue de ce mot, toutes les choses qui sont l'objet des désirs de l'homme, et qu'il peut approprier à son usage.

Nous n'avons point à nous occuper ici des richesses natu-

* CtA Dotions se trouvent exposées avec beaucoup plus de développements dans mon Traité d^économie politique.

relies que Dieu donne à Thonime à titre gratuit, telles que Tair et la lunoière, mais seulement des richesses sociales, de celles qui sont susceptibles de faire l'objet d'une propriété particulière, qu'un homme ou une agglomération d'hommes peuvent occuper, transformer, transporter et consommer à l'exclusion des autres hommes. La plupart de ces richesses sont le résultat d'un travail humain ; car si c'est la nature qui en fournit la matière, c'est le travail, collectif ou individuel, qui leur confère l'utilité.

Vutilité des richesses est la propriété qu'elles ont de servir à la satisfaction de nos désirs : et cette propriété tient nonseulement aux choses elles-mêmes, mais à l'appréciation et à l'estime que les hommes en font. L'utilité des choses, ainsi définie, est donc soumise à toutes les influences qui agissent sur l'opinion des hommes ; elle peut être déterminée par des besoins impérieux ou par des fantaisies d'imagination ; par les passions les plus nobles ou par les plus viles ; par les croyances les plus élevées ou par des préjugés grossiers et ridicules: elle est sujette, par conséquent, à Terreur et à toutes les incertitudes des jugements humains; elle varie, dans le temps et dans Tespace, entre les différents individus et les différents peuples.

Il ne s'agit point ici d'une utilité objective et absolue, mais seulement de l'utilité appréciée, que Terreur peut déterminer aussi bien que la vérité ; et Terreur en ce cas peut être commise par une agglomération d'hommes aussi bien que par un seul individu.

Il existe un certain nombre d'objets dont on considère habituellement Tutilité comme absolue, parce qu'elle a été toujours ou presque toujours appréciée par les hommes. Cette constance relative de l'opinion, fixée probablement par des considérations solides et justes, n'appartient point aux choses qui en sont Tobjet, et n'infirme point ce qui a été dit de la cause et de Tessence de Tutilité qui est, à son origine, le résultat d'un jugement humain.

Si l'opinion donne ou ôte Tutilité économique aux choses, elle la détermine à plus forte raison et établit seule les rapports de comparaison entre Tutilité de choses diverses. C'est

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