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DU CARACTÈRE

•et que cela pourrait m’être contraire; en été, sur ce qu’il est bon de dormir et que le sommeil m’est alors particulièrement agréable; et si je remets ainsi de jour en jour l’exécution de ma résolution, je finis par perdre toute confiance en moi-même.

Ce qui est contraire à la morale doit être exclu des résolutions de ce genre. Dans un homme méchant le caractère est très mauvais, mais on l’appelle déjà de l’opiniâtreté, et même alors on aime à voir quelqu’un exécuter ses résolutions et s’y montrer constant, quoique l’on préférât le voir tel dans le bien.

Il n’y a pas beaucoup à compter sur quelqu’un qui ajourne toujours l’exécution de ses desseins, comme sa future conversion. En effet, un homme qui a toujours vécu dans le vice et qui veut être converti en un instant, ne peut y parvenir; il faudrait un miracle pour qu’il devint tout d’un coup ce qu’est celui qui toute sa vie s’est bien conduit et n’a jamais eu que de bonnes pensées. Il n’y a non plus rien à attendre des pèlerinages, des mortifications et des jeûnes, car on ne voit pas en quoi ces pèlerinages et d’autres usages de ce genre peuvent contribuer à faire d’un homme vicieux un homme vertueux.

Quel profit pour l’honnêteté et pour l’amélioration des mœurs, de jeûner pendant le jour sauf à manger davantage pendant la nuit, ou d’infliger à son corps une expiation qui ne saurait contribuer en rien à la conversion de l’âme?

Si l’on veut fonder dans les enfants un caractère moral, il importe de ne pas perdre de vue les observations suivantes :

Il faut leur indiquer, autant que possible, par des

KANT. — PÉDAGOGIE

exemples et des règlements les devoirs qu’ils ont à remplir. Les devoirs que les enfants ont à remplir ne sont autres que les devoirs ordinaires envers soi-même et envers les autres. Ces devoirs doivent donc être tirés de la nature des choses. Nous devons donc considérer ici de plus près :

a. — Les devoirs envers soi-même. — Ils ne consistent pas à se procurer un habillement magnifique, à donner de splendides repas, etc. , quoique dans l’habillement et dans les repas il faille rechercher la propreté. Ils ne consistent pas non plus à chercher à satisfaire ses désirs et ses penchants, car on doit au contraire se montrer très mesuré et très réservé, mais à conserver dans son intérieur une certaine dignité*, celle qui fait dé l’homme une créature plus noble que toutes les autres. C’est en effet le devoir de l’homme de ne pas méconnaître dans sa propre personne cette dignité de l’humanité.

Or nous oublions cette dignité quand, par exemple, nous nous adonnons à la boisson, quand nous nous livrons à des vices contre nature, quand nous nous jetons dans toutes sortes de dérèglements, etc., toutes choses qui ravalent l’homme bien au-dessous de l’animal. Il n’est pas moins contraire à la dignité de l’humanité de ramper devant les autres, ou de les accabler de compliments, dans l’espoir de capter leurs bonnes grâces par une si indigne conduite.

On devrait rendre la dignité humaine sensible à l’enfant dans sa propre personne, par exemple dans le cas de malpropreté, qui à tout le moins messied à l’humanité. Mais c'est parle mensonge que l’enfant se rabaisse réellement au-dessous de la dignité humaine, car il suppose déjà développée en lui la faculté de penser et celle

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