RÉSULTATS
« L’angine phlegmoneuse, dit Trousseau, est une des maladies qui font la gloire et le désespoir de toutes les médications ; leur désespoir parce que la médecine ne prévaut jamais contre elles en ce sens que nous sommes impuissants pour les enrayer dans leur marche, pour en abréger la durée; leur gloire parce qu'elles guérissent d’elles-mêmes quoi que nous fassions et qu’on est tenté de rapporter à cette médication tout l'honneur de la cure. »
Voilà certes des paroles qui doivent nous rendre prudents au moment d'attribuer au collargol ce qui lui revient dans la guérison de l’amygdalite phlegmoneuse. Il nous paraît certain cependant que son efficacité est réelle et qu'elle est mise en évidence par la série de courbes et d'observations qui précèdent.
Quels sont, en effet les résultats que nous avons obtenus avec cette méthode de traitement.
1° Le collargol empêche la suppuration de se produire, c’est le fait capital. Le processus phlegmoneux est, comme nous l'avons dit, en quelque sorte jugulé. Dans tous les cas d‘amygdalite phlegmoneuse que
nous avons traités par cette méthode, une seule fois, ily eut, malgré le collargol, formation d’abcès et évacuation spontanée du pus. Or, sans avoir l’intention « d’excuser » la méthode, nous voulons faire remarquer d’une part, qu’il y avait déjà de la fluctuation lorsqu'on a fait la deuxième injection de 5 centimètres cubes et que, d’autre part, la malade dont il s’agit étail tuberculeuse et tous les auteurs qui se sont servi du collargol ont noté que les tuberculeux ne réagissent pas favorablement à la médication. Mile Lenormand (1), élève de Triboulet, a même décrit une méthode de diagnostic ‘le la nature tuberculeuse des affections pulmonaires de l’enfant basée sur ce fait.
Peut-on affirmer que c'est au collargol qu'est due ceite résolution? —- Certes, dans certains cas d’angine ayant présenté tous les caractères de l’amygdalite phlegmoneuse : gêne locale affreusement douloureuse, déglutition de plus en plus cruelle, parole nasonnée, retentissement ganglionnaire accompagnant la voussure progressive de l’amygdale et du voile du palais avec œdème de la luette, on a pu voir ces phénomènes rétrocéder spontanément lorsque l’angine était abandonnée à elle-même ou aux gargarismes, mais c’est une exception. Avec le traitement par le collargol,c'est la règle.
2 Le malade éprouve rapidement après l'injection de collargol une sensation de bien-être particulier