‹ Traitement abortif de l'amygdalite phlegmoneuse: injections intra-veineuses de CollargolChapitre 4 sur 22 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Le collargol a été isolé en 1889 par Carey Lea, mais c’est Benno Crédé, le chirurgien allemand qui, en 1897 au Congrès international de Moscou, signale pour la première fois les bons effets de cette préparation et publie les résultats de ses recherches sur les propriétés du collargol.

M. Netter a eu le grand mérite d’ être. e premier à faire connaître le collargol en France et à en préconiser l'emploi. Il le fit d’une façon magistrale dans une communication à la Société médicale des Hôpitaux de Paris le 12 décembre 1902 qu’il compléta, au fur et à mesure de ses travaux et de ses observations, dans des communications ultérieures : à la même Société en 1903 ; à la Société de l’Interpat en 1908 ; dans la Presse médicale en 1913.

En 1905, MM. Albert Robin et Weill faisaient conpaître l’action des ferments métalliques sur les éléments figurés du sang. Ils établissaient que, chez les animaux sains comme chez l’homme malade, après injection de collargol, on constate d’abord une diminution du nombre des globules blancs du sang —

leucopénie -- suivie bientôt d'une augmentation de ces globules — hyperleucocytose.

En 1907, MM. Achard et P.-E. Weill ont fait l'étude de l’action de l’électrargol sur le sang et les organes hématopoïétiques.

Le collargol a été préconisé pour toutes les maladies. Utilisé d’abord dans les affections chirurgicales, son emploi ne tarda pas à s'étendre aux affections médicales et on a pu présenter des listes très importantes de succès parfois vraiment extraordinaires dans les pneumonies et pneumococcies, au cours | d'infections secondaires de la rougeole, de la scarlatine, de la diphtérie, de la fièvre typhoïde et dans certains cas d'infection puerpérale, d’érysipèle, de septico-pyohémie, d’endocardites infectieuses, d’arthrites, de suppurations diffuses de la plèvre, du rein, etc.

Netter dans sa communication à la Société de l'Internat du 26 mai 1008 déclare : « Nous avons eu « maintes fois à constater que, dans les cas d’angine « phlegmoneuse, d’esquinancie où les malades sans «être dans un état de gravité très grande sont « incommodés singulièrement par la fièvre, la lassi- « tude, les douleurs, il y a un amendement s’établis- « sant en règle générale avec une brusquerie très « grande en cinq à six heures après l’injection de « collargol. » |

Mais c’est H. Triboulet qui, dans une communication détaillée à la Société médicale des Hôpitaux le

3 décembre 1915, posa nettement l'indication du | 919, P

EAN ETS Au

« traitement de l’angine phlegmoneuse par l'injection « intraveineuse d'argent colloïdal (collargol, élec- « trargol) ».

Pour lui, l’angine phlegmoneuse est « l’indication typique » de l’emploi du collargol — et Netter a confirmé son opinion. Triboulet lui demandant de vouloir bien lui désigner une affection qui, d’après sa compétence si grande, pourrait fournir la démonstration la plus saisissante du pouvoir de l’argent colloïdal : «A mon avis, répondit Netter, c’est l’angine phlegmoneuse. »

C’est ce qui nous a amenés à traiter systématiquement par les injections intraveineuses de collargol, toutes les amygdalites phlegmoneuses que nous avons eu à soigner et nous allons dire ce que cette méthode nous a donné.

Tassigny Le

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