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et on piquera les téguments au-dessus de la saillie de la veine avec une obliquité d'environ 45»,
La sortie du sang noir par le pavillon de l'aiguille montre qu'on est bien dans la veine. Il faut également s'assurer, avant de pousser l'injection, que l'aiguille n’a pas traversé la veine, ce qui se produit rarement avec une aiguille à biséau court. On peut s’en assurer en imprimant des mouvements de cir-, cumduction à l’aiguille dont on sent la pointe qui se meut dans la cavité du vaisseau. Cette recommandation qui peut paraître banale et superflue a cependant ici plus d'importance que dans beaucoup d’injections intraveineuses car, si on néglige de prendre ces précautions, on peut avoir quelques ennuis, peu graves il est vrai, mais qui sont très pénibles pour le malade. Si, en effet, la piqûre est mal faite ou si l'aiguille sort du vaisseau pendant l’injection, soit à la suite d’un mouvement intempestif du malade ou d’unesecousse involontaire donnée par l'opérateur, le collargol s'écoule dans le tissu cellulaire sous-cutané. Le malade accuse alors une douleur très vive parfois intolérable qui lui arrache des cris et lui fait faire des gestes désordonnés. Puis il se produit un empâtement qui reste douloureux, une masse inabsorbable, un véritable & argyrome ». Parfois cet empâtement aboutit au sphacèle (Cohn, Société de chirurgie de Budapest, 1906) et il s'écoule alors un liquide séreux, de couleur noirâtre, dans lequel il y a absence complète de microbes,
On voit donc qu'il y a grand intérêt à faire cor-
TO rectement l'injection intraveineuse de collargol.
La quantité à injecter est de 5 à 15 et même 20 centimètres cubes soit en injections de 5 ou de 10 centimètres cubes suivant les cas, injections que l’on répélera à un ou deux jours d'intervalle. On réglera sa conduite sur l’état du malade, l'amélioration produite et la courbe de température (cf. observations).
Quel est le moment de l'affection auquel il est préférable de pratiquer l'injection ? -— 11 semble, disait Triboulet, qu’il y ait pour obtenir-une réaction favorable une période optima qui serait du deuxième au troisième jour de l'évolution de l’æœdème pharyngé.
Dans les cas dont nous rapportons les observations :
— Une fois la première injection a été faite le premier jour de la maladie (c'était une récidive sur l’amygdale opposée) : |
— Une fois le deuxième jour ;
— Une fois le troisième jour ;
— Une fois le quatrième jour;
— Une fois le cinquième jour ;
— Une fois le sixième jour ;
— Une fois le septième jour ;
— Une fois le huitième jour.
Le résultat a été le même dans tous les cas : amélioration presque immédiate après la première ou la deuxième injection et guérison au bout de deux à trois jours.
Il semble donc que la période de la maladie à
laquelle on commence le traitement n'ait pas d'influence sur le résultat obtenu. |
. Mais dans l’une de nos observations (la cinquième) il y avait déjà de la fluctuation lorsqu’a été faite la deuxième injection de 5 centimètres cubes de collargol. Le pus s’est collecté et l’abcès s’est ouvert spontanément malgré la continuation du traitement. Il est donc bien entendu que la médication doit être employée avant que le pus ne soit « collecté » : on peut éviter la formation de l’abcès mais on ne peut le faire rétrocèder une fois formé.
Réaction. — Après l’injection intraveineuse de collargol, la réaction varie suivant les individus, comme nous le vérrons par les observations qui vont suivre. On peut voir tous les degrés; dans la règle, on observe trois symptômes très nets une heure ou deux après l'injection :
1° Un grand frisson qui secoue le malade et le fait claquer des. dents ; il dure de un quart d'heure à une demi-heure environ. Il peut être bon de couvrir le malade de couvertures chaudes et de lui administrer un grog. | |
2° À ce frisson succède une période de sueurs plus ou moins abondantes immédiatement suivie d’une élévation de température.
3° Cette poussée thermique peut aller jusqu’à 4o degrés et plus; elle dure peu et bientôt se produit la défervescence.
Mais ce qui importe surtout c’est que le malade éprouve alors une sensation de bien-être toute parti-
Lier
culière et que les symptômes pénibles qui existaient auparavant s’alténuent et disparaissent rapidement — phénomènes généraux : fièvre, céphalée, courbature ; phénomènes locaux : douleur de gorge, tuméfaction de l’amygdale, trismus, engorgement ganglionnaire. La déglutition redevient rapidement possible,ce qui permet au malade dé s’alimenter.
Faat-il craindre des complications ? — Caubet(r) dans sa thèse cite des cas d’embolie pulmonaire, d'œdème aigu du poumon, de collapsus survenus après des injections intraveineuses de collargol, Nous croyons que ces complications sont exceptionnelles et nous ne les avons jamais observées.
Une seule chose selon nous mérite de retenir l’attention en pratique, c’est celle-ci : Après l'injection intraveineuse de collargol il y a, comme l’ont montré Pinto et Marquez Dos Santos, un retard de la coagulation du sang, On peut s’en assurer chez les malades que l’on soumet à ce traitement par la méthode de Dukes ; le suintement dure six à sept minutes au lieu de trois à quatre. h
Il faut donc agir avec beaucoup de circonspection chez les sujets atteints d’hémorragies ou ayant tendance aux hémorragies.
1. Caubet Jean, Des accidents et complications qui surviennent
au cours des injections intraveineuses de collargol. Thèse Paris,