CONCLUSIONS
I. — Le traitement du cancer de la langue à fortement évolué. Après une période de tâtonnements et une période de mise au point de la cure chirurgicale pure, il est entré actuellement dans une phase caractérisée par l’'antagonisme ou l'association des agents physiques d'une part, de la chirurgie d'autre part.
a2— Du point de vue anatomo-clinique et thérapeutique, ce cancer est essentiellement commandé par quelques notions fondamentales.
a) La connaissance de ces rapports étiologiques avec la leucoplasie, d’où la possibilité d’un traitement prophylactique.
b) Lorsque le cancer est confirmé, sa localisation anatomo-pathologique est essentielle et, à ce point de vue, il est nécessaire de distinguer des formes topographiques, chacune ayant une évolution particulière.
forme pelvi-linguale.
forme marginale antérieure.
forme méso-marginale.
forme marginale postérieure ou de la base.
c) Quelle que soit sa forme, le cancer de la langue est un cancer Ivmphophile qui donne, anatomiquement et cliniquement des adénopathies uni ou bilatérales. La connaissance de ses étapes ganglionnaires est essentielle. Toute action thérapeutique devra viser à la sup-
pression des terriloires lymphatiques envahis et à celle de la lésion causale.
3. — Les méthodes thérapeutiques actuelles, depuis le développement des agents physiques, doivent être réparties en deux grandes classes :
a) Les méthodes chirurgicales : leur principe, c'est l'ablation de la lésion initiale et des ganglions.
Or, des techniques permettant cette ablation, certaines, théoriquement idéales, sont à rejeter en raison de leur gravité : ce sont celles qui enlèvent en bloc la tumeur et les ganglions. Donc, actuellement, la thérapeutique chirurgicale consiste en deux actes séparés
1° L'exérèse de la lésion linguale. De toutes les voies proposées, seules subsistent actuellement en pratique — la voie buccale plus ou moins élargie.
— là voie décrite par MorEsrN pour les épithéliomas du
plancher.
Il existe, en effet, des objections de principe contre toutes les voies transpelviennes ou transmaxillaires avec résection totale de l'os.
2° L'exérèse de la lésion ganglionnaire. Ce ne doit pas être une pêche ganglionnaire, mais une opération large, claire, systématique, comportant l’ablation en vase clos des gites ganglionnaires et des lames celluleuses. avec résection du sterno-cléido-mastoïdien et de la veine Jugulaire Interne.
L'importance est grande dans toutes ces interventions, des soins pré-opératoires, de l’anesthésie, des soins post-opératoires,
.b) Les méthodes par les agents physiques : là encore. des nombreuses techniques employées, il faut, aujourd’hui, retenir, avec des indications différentes :
la radiumpuncture avec aiguille.
l'action homogène par appareil moulé de surface.
4.— Les résultats donnés par toutes ces méthodes ne peuvent pas être résumés en des conclusions sommaires.
D'une façon générale, on peut dire qu’ils sont fonction
a) de la précocité du traitement :
b) de la localisation : les formes mobiles antérieures et des formes pelvi-linguales limitées sont plus favorables que les formes postérieures :
c) du mode de traitement qui est en faveur de l'associalion des agents physiques à la chirurgie.
Soit que : traitement local de la lésion initiale par les agents physiques, curage chirurgical des ganglions, traitement complémentaire par la radiothérapie.
Soit que : traitement local de la lésion initiale par la chirurgie, curage chirurgical des ganglions, traitement complémentaire par la radiothérapie.
9. — Les indications thérapeutiques, forcément provisoires, peuvent être ainsi résumées :
a) Les cancers antérieurs de la portion mobile sont justiciables d’une exérèse large par les voies naturelles. ou de la radium-puncture. Nous préférons l’exérèse chirurgicale, mais dès que l'étendue et la propagation du néoplasme feront craindre que l'intervention ne soit pas suffisante, il vaut mieux recourir au radium.