LES MÉTHODES
La rônigenthérapie profonde à l’aide d'appareils à tension de 200.000 volts est emplovée suivant deux procédés :
La méthode allemande consiste à donner la dose maxima en une seule séance. Les résultats en sont peu encourageants. BaExscn de HALLE, en traitant par feux croisés des tumeurs du plancher en une seule application n'observe aucune régression de la tumeur.
La méthode française consiste à appliquer les rayons X, en séances quotidiennes et espacées. La durée du traitement ne doit pas dépasser 1 mois. Des complications comme l’intoxication rôntgénienne ou la réaction des muqueuses peuvent obliger à interrompre le traitement. En dehors de ces complications, on doit frapper le cancer avec une dose importante, répartie en une quinzaine de Jours et cela en augmentant le nombre d'heures des séances quotidiennes.
D'une manière générale, l’application purement endobuccale est abandonnée au profit de l'irradiation exo-buccale en multipliant les champs de pénétration cutanée et en ayant recours à des rayons pénétrants avec forte filtration.
Voici la technique qui est utilisée au centre antican-
céreux de Lyon : Tous les malades sont traités par l’appareillage à tension constante de GaiFFe avec cuves à huile. IIS reçoivent une dose variant entre 45 et 60 H, élalés Sur une durée de 3 semaines à un mois environ. Le rayonnement employé l'est sous une tension de 200.000 volts avec une intensité de 3 milli-ampères, filration de 1 mm. de cuivre et de 2 mm. d'aluminium.
On utilise toujours trois portes d'entrée : deux latérales au niveau de l'angle du maxillaire inférieur et une antérieure sus-hyoïdienne.
Lorsque le traitement de la lésion causale a été précédé d'un curage ganglionnaire, le traitement radiothérapique est commencé 3 semaines après le curage de façon à permeltre une cicatrisation parfaite.
Nous avons employé dans deux cas une méthode tout à fait différente : l'irradiation à feu nu, sans filtre, en une seule séance, suivant le procédé de Coste. Dans l'observation 64, il s'agissait d'une adénopathie cervicale en forme de cône dont la base était fixée au maxillaire inférieur et qui était adhérente aux plans profonds et ulcérée à son extrémité. La dose a été de 11 H, la durée de 25 minutes. Dans l’autre cas, il s'agissait d’un malade qui ne figure pas dans nos observations, qui a été présenté à la Société des Sciences Médicales de Lyon (séance du 4 mars 1931), par MM. Sarexon et Nover. Nous indiquerons au chapitre des résultats, les détails concernant cette observation.
En général le traitement est supporté assez facilement. On assiste pendant un mois à une réaction assez vive de la peau et des muqueuses, réaction variable d’ailleurs comme intensité suivant les malades et qui rétrocède ra- Pidement avec une pommade calmante et des bains de bouche bicarbonatés fréquents. Jamais nous n'avons observé de désunion de la cicatrice opératoire du curage. Le plus gros inconvénient réside dans la dysphagie marquée qui oblige pendant quelque temps à alimenter ces
malades uniquement par les liquides et à faire précéder cette ingestion de pulvérisations cocaïnées
Voici un tableau indiquant le nombre des malades traités par la rôntgenthérapie avec la localisation des lésions :
l. — Traitement par R.X de la lésion causale : Cancers marginaux antérieurs ............ D Céncérs emésomérsinaux 4.0.2... 8 DNS le RDS Se Pen anes 13
IT. — Traitement par R.X des ganglions :
Rôntgenthérapie seule :
Cancers marginaux antérieurs ....:........... 2 Cancers méso-marginaux et de la base ........ Il
Curage plus rôntgenthérapie de complément .... 2
IT. — Traitement par R.X des récidives :
Récidives linguales, (obs. 89, 38, 73, 37) ...... 1 Récidives ganglionnaires, (obs. 5, 47, 80, 71) .. 4
Nous étudierons ultérieurement les résultats fournis par cette thérapeutique et les indications que l'on doit en tirer.
B. —— LA CURIETHÉRAPIE
La technique curiéthérapique est à l'heure actuelle en pleine évolution. Les méthodes de traitement sont nombreuses et diverses. Beaucoup ont subi l'épreuve du temps et sont aujourd'hui abandonnées. Certains radiumthérapeutes sont partisans d'un procédé que d’autres rejettent. L'accord est loin d’être fait sur la technique à employer dans tel ou tel cas.
Nous allons essayer de rendre compte de toutes ces incertitudes en signalant les différentes méthodes. Nous n'exposerons en détail que celles que nous employons le plus volontiers.
Quand on entreprend la curiethérapie d’un cancer de la langue, on doit naturellement résoudre deux probleiries À
guérir la lésion primaire, guérir ou essayer de prévenir la localisation ganglionnaire.
Nous étudierons donc successivement le traitement de la localisation ganglionnaire qui est celui par lequel on commence généralement et le traitement de la lésion primaire.