‹ Traitement chirurgical des abcès du poumonChapitre 12 sur 73 · I. — L'’abcès simple · texte numérisé non relu

I. — L'’abcès simple

Il s’agit là d’abcès proprement dit, au sens habituel du mot.

Le lobe pulmonaire où il siège est augmenté de volume, dense comme s’il était engoué ; à la coupe on découvre la cavité. Le volume de l’abcès est très variable, tantôt accès volumineux (on à pu en observer qui avaient les dimensions d’une tête d'enfant), généralement abcès

No

de moyen volume oscillant entre celui d’une noix et celui d’un pamplemousse. A l’intérieur de cette cavité on trouve du pus, inodore le plus souvent. Il n’y a généralement pas de membrane limitante ; cette cavité est creusée directement dans le poumon, qui en forme les parois. Dans ces paroïs aboutissent des bronches, qui seront des voies naturelles de drainage. La forme de la cavité est très variable, parfois régulièrement sphérique, elle peut être anfractueuse. On rencontre assez fréquemment des abcès dont la cavité est étranglée en sablier, ayant la forme générale d’une haltère, sans qu'on puisse parler d’abcès multiple. Ces abcès bilobés se comportent d’ailleurs comme des abcès uniques. Le poumon à la périphérie peut présenter, à la période aiguë une zone d’hépatisation, mais cette hépatisation disparaît rapidement. Le parenchyme reste élastique, souple, il ne demande qu’à revenir sur lui-même pour combler cette cavité si celle-ci est convenablement drainée. Ces abcès guéris, 1l n’en reste aucune cicatrice dans le parenchyme, comme le prouve le cas signalé par M. ROUBIER : un malade traité et guéri d’un abcès pulmonaire meurt deux ans plus tard, d’une tumeur du médiastin, une autopsie soigneuse ne permit pas de retrouver la trace ni macrospique ni même histologique de l’ancien abcès. En face de tels abcès une question se pose : à quel moment de l’évolution anatomique la cavité est-elle constituée ? Question d'importance puisqu'elle conditionne le traitement chirurgical. En effet, on a pu critiquer la précocité de certaines tentatives opératoires : la formation de la cavité demandait, disait-on, un délai assez long. Il est difficile d'apporter des preuves absolues,

il nous semble cependant que, dans la grande majorité des cas, la géode est très précoce.

Nous avons observé sur un de nos malades une cavité double avec double ligne de niveau trois jours après le début de la scène clinique.

Nous croyons donc que la cavité existe très tôt, mais on ne la voit pas toujours sur les films, c’est ce qui a pu faire nier son existence. Elle n’est pas visible parce qu'elle est pleine de pus, c’est le cas de l’abcès avant la vomique, ou parce qu’elle est masquée par l’infiltration pneumonique périphérique, ou enfin lorsqu'elle est de petite dimension et juxta-médiastinale : elle est alors plus ou moins noyée dans l'ombre médiastine.

Les évolutions anatomiques possibles sont multiples :

1° Dans certains cas, nous l’avons vu, c’est la guérison avec restilulio ad integrum, soit spontanément, soit, plus rarement, à la suite d’un drainage chirurgical.

29 Parfois la cavité persiste isolée. Dans ces cas les signes cliniques s’atténuent considérablement ou même disparaissent complètement ; seule l’image radiologique reste sans modification. Mais cette cavité va subir des transformations anatomiques. La sclérose envahit ses parois, ces dernières au lieu de rester souples et élastiques vont devenir rigides. L’aboutissant est alors une spélonque séparée du parenchyme sain par une coque scléreuse. Il s’agit là d’un abcès chronique qu'on peut appeler abcès invéléré.

3° Enfin, dernière possibilité d'évolution anatomique, c'est celle qui conduit le banal abcès simple vers la

pyosclérose organisée telle que nous la décrirons plus loin.

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