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IV. — La broncho-aspiration

Nous ne voulons pas donner ici la technique de ce procédé, mais simplement discuter les avantages qu'il peut apporter dans le traitement des abcès pulmonaires. En étudiant l’évolution des idées thérapeutiques, nous avons vu qu'après la période d’engouement et d’enthousiasme pour l’endobronchothérapie avait succédé, surtout dans les pays anglo-saxons, une phase de défaveur. A l'heure actuelle, en Amérique, en Angleterre, la bronchoscopie est considérée plutôt comme une méthode de diagnostic. NEUHOFF a recours à elle, en particulier pour le diagnostic précis de la localisation mais non comme un procédé de traitement.

Notre maître M. SANTY disait d'elle : « La bronchoaspiration nous a toujours donné des résultats intéressants mais n'a jamais sufli à amener la guérison. J'ai du reste l'impression que, dans ma pratique personpelle, le traitement bronchoscopique à agi, le plus souvent indirectement, par l’action antispasmodique de la cocaïnisation bronchique suivie d’une abondante expectoration spontanée ou provoquée par la position déclive, et non en réalité par l'aspiration directe qui ramène peu de sécrétion. » D'ailleurs les partisans les plus fervents de la broncho-aspiration pensent de même. MOUxNIER-KUHX déclare : «Mais il ne faut pas lui demander plus qu’elle ne peut donner, ni rechercher dans le bocal de l'aspirateur 50, 100 ec. de pus comme

on le croyait naguère. Les manœuvres préliminaires, l’anesthésie font souvent plus que l'opération ellemême. » Et plus loin : « Sans nier l’action mécanique, il faut faire une place plus large aux actions d'ordre réflexe, vaso-moteur, sécrétoire et peut-être trophique, et pour confirmer l'existence de ces phénomènes réflexes, Mounier-KunN s'appuie sur le phénomène suivant : «Un fait significatif est la constatation assez fréquente d’une vomique après une bronchoscopie pour abcès du poumon, six, huit et même dix heures après l'intervention. » Ce fait serait dû à l’intervention de réflexes modifiant la vasomotricité et les sécrétions dans le territoire lésé. Or, ce fait il nous a été donné de l’observer à plusieurs reprises après une simple séance de posture déclive ; nous-n’essayons pas de l’expliquer, mais il n’est pas nécessaire de faire intervenir la bronchoscopie pour le produire. D'ailleurs Mayoux a rapporté dans le Lyon Médical une observation dans laquelle la bronchoscopie ne put être faite à cause de l’état très grave du malade. Il fut mis simplement en position déclive et eut une anesthésie laryngée. Ces manœuvres préliminaires suffirent à provoquer une vomique qui amena une guérison complète et qui, d’après les renseignements que nous avons pu recueillir, se maintient parfaite actuellement, cinq ans après l'épisode aigu.

Dans une seule catégorie de cas, la bronchoscopie a vraiment une importance capitale : ce sont les abcès dus à la présence d’un corps étranger.

Ainsi, hormis ces cas de suppuration par corps étrangers où la bronchoscopie est certainement une méthode très intéressante, elle peut, dans quelques cas, être un

or

adjuvant précieux pour la chirurgie ; mais on a certainement exagéré son rôle dans les suppurations aiguës, et elle ne nous semble pas responsable d'autant de guérisons qu'on à bien voulu le dire.

B. — LES MÉTHODES COLLAPSOTHÉRAPIQUES

La difficulté du repérage d’une suppuration aigué, les risques d’un abord direct dans les cas où la localisation était précaire, devaient conduire tout naturellement les chirurgiens à proposer des méthodes indirectes pour traiter les suppurations pulmonaires. Leur emploi amena quelques rares guérisons, quelques améliorations, mais aussi un bon nombre d’aggravations. Aussi ces méthodes qui avaient la-faveur de l’opinion chirurgicale, il y à une quinzaine d'années, ont-elles fait place aux méthodes de drainage direct. Nous allons néanmoins les passer rapidement en revue.

Il faut d’abord comprendre le but qu’elles se proposent, et les conditions anatomiques nécessaires à leur réalisation. Ce sont ces conditions qui n’ont pas toujours été remplies, c'est pour ce motif que ces méthodes ont pu amener des désastres. COQUELET expose très clairement ces différents points :

« La collapsothérapie, dit-il, vise l’affaissement d’une cavité drainée, de manière à accoler ses parois et permettre leur soudure. Ce principe fondamental entraîne plusieurs conséquences :

« 10 Il faut quelque chose à affaisser, donc une forme cavitaire de suppuration.

« 20 Il faut que cette cavité soit affaissable et non

maintenue béante et rigide par un exosquelette de sclérose.

« 30 Il faut que son contenu puisse s'échapper : la caverne doit done avoir une large bronche de drainage.

« 40 Le collapsus doit être électif, c’est-à-dire s'exercer sur la zone excavée et le moins possible sur une région saine.

« C’est à ces conditions seulement que le collapsus est justifié. En dehors d'elles il représente « une sorte de dangereux massage ».

Nous ne décrirons pas les différents procédés de collapsothérapie utilisés : pneumothorax, oléothorax, décollement pleuro-pariétal, pneumolyse, apicolyse, phrénicectomie, plastie osseuse. Les conditions anatomiques que nous venons d'énumérer et qui conditionnent leur emploi sont très exceptionnellement rencontrées. Pratiquement, on n’aura recours à aucun d’entre eux pour traiter un abcès aigu. Cependant, on peut être amené à pratiquer de temps à autre des plasties osseuses, non pas d'emblée sur une suppuration collectée, mais secondairement pour aider au comblement de la cavité déterminée par le drainage par pneumotomie d’un abcès aigu. Il s’agit là d'interventions qui ne sont pas particulières à l’abcès du poumon, mais qui sont analogues à celles utilisées pour le comblement des cavités d’empyème chronique.

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