LE DRAINAGE
Devant une poche kystique infectée qui se draine mal par les bronches, on a pratiqué l’incision de la cavité kystique et le drainage de celle-ci. Parfois même, le kyste n’ayant pas été reconnu, on pense à un pyo-pneumothorax, à une pleurésie enkystée, à un abcès du poumon et l’on décide de drainer cette cavité. C’est au cours de l'intervention que l’on s’aperçoit de l’erreur que l’on commet.
En effet, là, comme dans tout drainage de cavité pleurale, après un repérage radioscopique aussi exact que possible de la topographie de celle-ci, on va après une anesthésie locale, le malade bien installé dans une salle d'opération, se diriger sur la plèvre, en ayant en vue de réaliser un drainage pleural à minimum avec le drain de Monod. On ponctionne la plèvre, rien ne s’écoule, on s’étonne, on agrandit l’orifice et l’on s’aperçoit que la plèvre est libre, non épaissie et ne contient pas de liquide. Dans ce cas on s’abstiendra et on fera le diagnostic de collection
Es 139 —
intrapulmonaire, et le repérage radiographique étant exact, on cherchera à réaliser la symphyse pleurale nécessaire pour pratiquer une pneumotomie dans un second temps.
Mais parfois, au cours des manœuvres opératoires, on réalise un pneumothorax et la symphyse sera obtenue beaucoup plus difficilement.
Au bout de quelques jours, l’accolement des plèvres viscérales et pariétales étant assuré, on se décidera à réaliser le drainage de la collection intrapulmonaire.
Repassant par la même brèche opératoire, on pourra s'assurer de la symphyse pleurale par la manométrie et selon la technique de Neunorr, après une traversée plus ou moins importante de tissu pulmonaire sain (en général une mince lame), on arrivera sur la poche purulente.
C’est à ce moment, surtout si l’on a songé à un kyste congénital infecté, qu’il faudra savoir observer la paroi de la poche. A la place du revêtement tourmenté et cryptique d’un abcès pulmonaire, on trouvera une cavité régulière à revêtement lisse, brillant, paraissant vernissé, dans laquelle s’ouvrent une ou plusieurs bronches. Cet aspect caractéristique devra faire faire le diagnostic de kyste congénital du poumon. On s’en assurera par une biopsie de la paroi (obs. 1). Le laboratoire aflirmera qu'il s’agit bien d’un kyste congénital.
Qu'elle est l’évolution de ce kyste congénital du poumon drainé ? Les différentes observations
que nous avons pu trouver ne montrent que cinq
Ro
cas rapportés où la guérison ait suivi ce traitement (Vocimer, ZaRrL, CRosWELL, FLEMING, SCHENCK).
Dans la majorité des cas, on n’aboutit pas à la guérison par affaissement de la cavité. Revus six mois, un an, plusieurs années après leur intervention, ces malades gardent un drain qu'ils ouvrent matin et soir et vident le peu de pus contenu dans le kyste.
Evidemment, leur état général est excellent, ils peuvent continuer à vaquer à leurs occupations ordinaires, ce sont cependant des infirmes et devant ce fait on a cherché à améliorer ce simple drainage par des moyens adjuvants agissant sur la cavité du kyste et destinés à l’affaisser.