SUTURE DU STERNO-HYOÏDIEN A L'APOPHYSE MUSCULAIRE DU MÊME CÔTÉ
Le 27 octobre 1924. — ©. A. jeune fille de 17 ans, opérée en 1920 et en 1921, dans un autre hôpital pour goître s’accompagnant de troubles respiratoires. 11 a été pratiqué une résection bilatérale large du corps thyroïde. Après la première opération, la malade a été un certain temps enrouée, les troubles respiratoires se sont améliorés progressivement, après la deuxième opération les phénomènes dyspnéiques survinrent plus intenses qu’ils ne l’étaient avant la première intervention. Depuis lors la dyspnée est restée permanente.
Examen: La patiente est assez faible et présente des cicatrices de strumectomie de chaque côté du cou. Il existe un stridor augmentant lors de la phonation ou d’un effort même léger. D’après les dires de la mère, la malade ne peut s’adonner aux plus petits travaux du ménage.
Laryngoscopie: Les cordes vocales sont en position médiane et ne s’écartent que très légèrement dans les inspirations profondes. La corde gauche paraît cependant un peu plus mobile que la droite. Lors de la phonation, on constate un bon affrontement des cordes dans leur portion ligamenteuse, mais il persiste une coulée d’air au niveau de la portion cartilagineuse qui se modifie peu à l’acmé
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de l'inspiration. On pratique un examen électrique de l’endolarynx et de l’endopharynx en utilisant le laryngoscope direct de HASLIN- GER et une électrode laryngée longue, en baïonnette. Cet examen montre que les mouvements d’adduction active observés au cours de la phonation ne proviennent que du récurrent gauche, ce qu’il est important de connaître pour savoir de quel côté intervenir.
Il fallait respecter le côté gauche, donc opérer le côté droit. Notre plan était le suivant: greffer sur le posticus droit des muscles du voisinage susceptible d’agir sur l’abduction ou en mettant les choses au pire obtenir au moins une cicatrice rétractile.
Le 26 novembre 1924: Tandis que CHIARI pratique l'opération, STUPKA contrôle par des examens laryngoscopiques. Incision le long du bord antérieur du sterno-cléido-mastoïdien qu’on récline en dehors avec le paquet vasculaire; on dissèque le sterno-hyoïdien (lomo-hyoïdien était méconnaissable), on dégage le cartilage thyroïde en reséquant les restes de la glande, on sectionne perpendiculairement à ses fibres le constricteur inférieur du pharynx et on met à nu l’apophyse musculaire et le posticus qui est en bon état. Quand, avec un fil on tire sur l’apophyse musculaire, STUPKA observe un élargissement de la fente glottique; l'excitation électrique ne produit pas d’abduction, mais de l’adduction par diffusion, par l'intermédiaire de l’ary-aryténoïdien. On désincère ensuite le sterno-hyoïdien de l’os hyoïde et on le fixe à l’apophyse musculaire sous tension moyenne par quelques points de suture sur le posticus. On soutient la suture par de petits lambeaux d’aponévrose et, de plus, on fixe à l’apophyse musculaire un lambeau pédiculé, large d’un pouce, du sterno-cléido-mastoïdien.
Drainage en verre à la partie inférieure de la plaie et suture. Deux semaines plus tard on enlève la canule et la patiente
signale que sa respiration est plus facile. Il persiste une petite fistule.
Le 12 décembre 1924: Glotte elliptique, mais plus large. Les deux cordes se rapprochent légèrement pendant la phonation, la gauche plus que la droite. Lors de l'inspiration légère, adbuction des deux côtés, plus accusée à droite.
Le 10 janvier 1925: Voix un peu rauque.
Le 12 mars 1925: Ni stridor, ni dyspnée, mais cependant essoufflement dans l’ascension des escaliers.
Et À