‹ Traitement Chirurgical Des Ulcérations Rebelles De La MainChapitre 23 sur 30 · POIL · texte numérisé non relu

POIL

Tel est le cas de ce cocher dont nous avons cité l'observation (Obs. IV).

Nous avons vu aussi, d’après l'observation IT, que la sensibilité, sous toutes ses formes, reprenait rapidement ses droits, plus vite peut-être que les fonctions vasculaires, lesquelles sous certaines influences, celle du froid par exemple, semblent se ralentir quelque peu.

La liberté des mouvements, indispensable pour l'usage d’un membre, exige pour être complète un lambeau non rétractile, assez souple pour glisser, s'étaler d'une manière satisfaisante, assez mobile pour laisser au segment du membre toutes ses foncüons, assez élastique pour s’étendresous l'influence des tractions périphériques, assez solide pour résister autant qu’une peau saine aux diverses actions mécaniques qu’elle subit.

Une seule méthode remplit ces conditions, suffit à ces exigences : la méthode italienne qui seule peut nous donner une greffe bien vivante, sensible solide et durable.

2) Ea second lieu, le résultat obtenu est complet, Comme nous l'avons dit à propos de la technique opératoire, l’on n’a pas à se préoccuper d’une plus ou moins grande perte de substance, Toutes les parties malades sont presque sûrement enlevées : et ceci a une importance considérable surtout pour l’épithélioma dont les racines s’insinuent au milieu des tissus sains toujours jusqu’à une certaine distance. De cette façon, on ne travaillera pas au milieu du tissu

Tres

malade et l’on s’exposera moins à une généralisation ou à une repullulation que si l’on faisait un raclage ou des cautérisations répétées.

Non seulement la tumeur mais les ganglions seront enlevés : et l’on sait que les ganglions sont un facteur très important de la propagation cancéreuse.

3) Nul ne saurait être plus rapide que lablation chirurgicale, qu’elle soit suivie d’une réunion par première intention, ou comme c'est ici le cas d’une autoplastie, à condition, bien entendu, qu’il n’y ait pas de suppuration. Or, en prenant quelques soins, il est rare, comme nous le verrons plus loin, que les résultats opératoires ne soient excellents.

Le grand avantage du procédé chirurgical est donc d'aller vite et de procurer en peu de temps une guérison que les autres traitements sont parfois inhabiles à obtenir : & Par elle, a dit le professeur Lang, au dernier Congrès de dermatologie (août 1900), vous guérirez en quelques jours des malades qui ont en vain cherché la guérison pendant des dizaines d’années, Vous rendrez le désir de vivre à des gens qui étaient à charge à eux-mêmes et aux autres. »

Nous aurons donc un résultat complet et rapide, ce que sent loin de nous donner les autres procédés, même la cautérisation ignée. Nous avons vu, en effet, à propos du traitement employé par M. Gaucher, quand il était à Saint-Antoine, que s’il s’agit d’un néoplasme ayant une ulcération déjà fort étendue, il y aura, en se servant du thermo-cautère, cer-

taines précautions à prendre pour éviter une grande

perte de substance ; et alors on tergiversera, on fera les choses incomplétement ; il faudra opérer à plusieurs reprises, pour ainsi dire par petits lots ; on se contentera de faire sur certains points de l’ignipuncture interstitielle avec la pointe fine du thermo ou du galvano-cautère.

Ce n'est pas là un procédé satisfaisant.

4) Nous dirons enfin que ce mode de traitement est pratique etsûr, en ce sens que ses résultats opératoires sont, pour ainsi dire, toujours excellents. Les difficultés à craindre ne pourraient tenir que de la réparation autoplastique.

Or, dans ces autoplasties à l'italienne, les échecs sont rares. Nous devons pourtant signaler la mortification totale de la greffe due soit à la compression du pédicule par l'appareil, le pansement, ou le rapprochement excessif des parties à réunir, soit au dégraissement trop complet du lambeau, soit à une infection totale accompagnant la suppuration de la plaie. Une gangrène partielle est ordinairement causée par l’exiguité du pédicule, une insuflisance de nutrition, une compression localisée, un petit foyer de suppuration.

Mais de tels accidents seront évités en prenant des précautions nombreuses que nous avons indiquées et sur lesquelles il n’était pas inutile d'insister.

Au Congrès de chirurgie de 1889, M. Berger signale 30 opérations qui lui ont donné d'excellents résultats. En 1891, à la Société de chirurgie (séance du 11 février), il déclare avoir pu constater dans une

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