DÉTERMINATION DES LIMITES DE LA RÉSECTION
Le choix de la zone de section aux deux extrémités de l’anse doit répondre aux indications suivantes:
— Il faut réséquer le maximum de l’anse malformée ;
— Il faut pouvoir, après la résection, amener aisément sans traction, au contact l’un de l’autre, les deux bouts côliques à anastomoser ;
— Et surtout il est important — et nous insistons sur ce point — de réaliser, par un choix judicieux du lieu de la résection, une anastomose basse qui, à la fin de l’opération, s’enfonce naturellement dans le petit bassin, venant se placer chez la femme presque derrière l’utérus. De cette façon, les adhérences grêles ou épiploïques ont beaucoup moins de possibilités de se constituer et la grande cavité péritonéale beaucoup plus de chances de rester, malgré l’intervention chirurgicale, une cavité presque normale, sans séquelles adhérentielles.
ANASTOMOSE TERMINO-TERMINALE
Le rétablissement de la continuité est obtenu par colorraphie termino-terminale. Ce mode de suture a l’avantage de rétablir la circulation intestinale dans le sens du péristaltisme, sans obstacle. De plus, la termino-terminale est ici tout indiquée, car c’est elle qui permet la résection la plus complète de l’anse anormale.
Importance de la vascularisation des tranches. La sécurité d’une termino-terminale est essentielle-
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ment fonction — surtout en chirurgie du gros intestin — de la vascularisation des bouts côliques à affronter, condition de leur vitalité. Cette vascularisation doit donc constituer la préoccupation constante de l'opérateur.
La section du méso doit être prudente, au voisinage des deux segments intestinaux à rapprocher. Il est plus sûr de la compléter après la section intestinale. Il faut prendre les plus grands soins pour éviter la formation d’hématomes sous-séreux. Ces hématomes peuvent apporter une gêne à la circulation des vaisseaux du méso et constituer ainsi un écueil à la bonne vitalité des tranches.
Les tranches sont coupées net aux ciseaux droits ou au bistouri ; c’est le plus sûr moyen d’éviter leur contusion.
Grâce à ces précautions, il est facile d’obtenir des tranches bien vascularisées. Après la section, leur saignement prouve leur bonne irrigation.
Suture par adossement des séreuses.
Il y a deux manières d'exécuter une anastomose digestive: suture par adossement des séreuses ou suture bord à bord. M. Bergeret utilise toujours, en chirurgie intestinale comme en chirurgie gastrique, la suture par adossement des séreuses. Elle comprend deux plans : un plan total prenant en masse toute la tranche intestinale d’un côté puis de l’autre, et un plan séro-séreux. Le plan total est assuré par deux demi-surjets. L’exécution de cette suture est rapide et son étanchéité certaine dans les jours qui suivent si
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l’on a soin de réaliser — nous verrons par quel procédé — un adossement séro-séreux correct, l’inversion de la muqueuse, et son affrontement exact. Le rétrécissement du calibre intestinal n’est pas à craindre si le surjet, modérément tendu, ne fronce pas les lèvres intestinales ; quelques points d’arrêt servent d’ailleurs à interrompre la continuité du surjet. Le plan séro-séreux est assuré par un surjet mené avec prudence à cause de la minceur des parois côliques. Pour les deux plans de suture, des précautions spéciales sont prises au niveau de la zone faible mésentérique. Matériel de suture.
Pour toute la chirurgie digestive, le Docteur Bergeret se sert de catgut chromé assoupli double zéro. Il utilise pour le plan total l’aiguille de Reverdin à intestin « dont le maniement est facile et les reproches qu’on lui a faits injustifiés ». Le plan séro-séreux est fait à l'aiguille de couturière avec catgut serti dans le talon de l’aiguille.