‹ Traitement Chirurgical Par Résection Colique Segmentaire Du Megacolon Et Du Dolicho Colon SigmoideChapitre 64 sur 72 · ABOUCHEMENT A LA PEAU DES DEUX BOUTS CÔLIQUES · texte numérisé non relu

ABOUCHEMENT A LA PEAU DES DEUX BOUTS CÔLIQUES

Les deux bouts côliques, après résection, sont placés à la peau, légèrement extériorisés, au niveau de l’incision médiane (il est tout à fait inutile, quand l’incision a été médiane, de faire une contre-incision iliaque gauche).

Ils sont simplement maintenus au contact l’un de l'autre sans aucun adossement en canon de fusil.

Ils sont fixés au péritoine pariétal par quelques points et non par un surjet séro-séreux circulaire.

Ces deux points de technique constituent deux modifications du procédé d’Hartmann : le jumelage des anses, leur adossement séro-séreux en canon de fusil est inutile, lors du premier temps, puisque, dans le procédé que nous décrivons, l’entérotome n’est pas employé pour le rétablissement de la continuité ; l’absence de fixation complète circulaire des bouts côliques au péritoine pariétal facilitera la libération des deux extrémités au cours du deuxième temps.

RÉTABLISSEMENT DE LA CONTINUITÉ (2° {temps)

C’est une colocolostomie termino-terminale par le procédé intra-péritonéal. Rappelons brièvement les avantages du procédé intra-péritonéal de fermeture des anus côliques, avantages sur lesquels a insisté M. le Professeur Duval dans sa communication à la Société de Chirurgie du 28 novembre 1928.

Elle permet la résection des deux segments côliques abouchés à la peau, segments dépéritonisés et constitués par du tissu cicatriciel fibreux, parfois septique. Ainsi, la suture intestinale porte en tissu sain et adosse des surfaces séreuses.

PARLE ET PE PTT ù AR PR 3

Elle replace dans l’abdomen l'intestin libéré de ses adhérences pariétales.

Elle permet une réfection méthodique, par suite solide, de la paroi.

Enfin les manœuvres de fermeture intra-péritonéale ne sont pas dangereuses si la protection est soigneuse. D'ailleurs, les manœuvres, bien qu’intra-péritonéales, ont lieu dans un péritoine déjà irrité par l’intervention précédente, par conséquent relativement circonscrit.

Un dernier point important reste à préciser : quel délai est nécessaire entre le premier temps et la fermeture de l’anus ou plutôt quelles sont les conditions indispensables pour procéder sans risque à la fermeture de l'anus. Il faut que l’intestin soit complètement drainé, désinfecté et revenu à des dimensions normales. Il faut que l’état général soit bon. Et surtout il est nécessaire que toute lésion inflammatoire ait disparu, que les tissus soient nets au niveau des deux orifices de colostomie, que la peau soit en bon état et que la paroi ait repris une souplesse normale. Voici textuellement les paroles de M. Duval : « Pour qu’un anus contre nature soit, si j’ose dire, « bon à fermer », il faut que la muqueuse côlique soit absolument normale, sans aucune ulcération, que la ligne muco-cutanée soit absolument nette et ne présente aucune irrégularité. Il faut que la cicatrice cutanée soit absolument souple et qu’il n’y ait aucune induration pariétale perceptible. Il faut que le palper bidigital, un doigt dans l’anus, un doigt sur la peau, constate que

tout est souple, mobile. Ces conditions impérieuses ne sont réalisées qu’à des moments très variables ; tel anus les présentera à la troisième semaine, tel autre ne les acquerra qu'après de longs mois. »

Dans nos observations de colectomie en deux temps, le délai entre les deux opérations a été : 3 mois et 10 jours (Obs. VIT), 29 jours (Obs. VIII), 2 mois et 7 jours (Obs. IX), 2 mois 1/2 (Obs. X). Remarquons d’ailleurs que presque toujours le délai fut anormalement prolongé pour des raisons non médicales.

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