CONCLUSIONS
L'hôpital est un endroit peu favorable pour étudier en peu de temps l’action exacte de ce médicament au point de vue prophylactique de la diphtérie, car les malades n’y viennent que lorsqu'ils ont déjà été soignés, ou que leur état est désespéré, enfin il est absolument rare d'y rencontrer une angine diphtérique à son début, elle date toujours d'au moins deux jours. Or la diphtérie marche vite, et lorsque les ganglions sont engorgés il y a lieu de présumer que déjà le mal est fait, et que les moyens d'actions locaux auront bien peu d'effet sur l’essence même de la maladie, c’est-à-dire qu'il n’y a pas de médicament externe qui puisse arrêter son développement à cette période.
Cependant si grâce à un moyen énergique on peut prévenir le développement et l'extension de la fausse membrane en détruisant le micerococcus qui la forme aux dépens de la muqueuse, il y a tout lieu de croire que l’on rendra service au malade.
La pathogénie de la diphtérie est loin d’être bien connue, On sait parfaitement que c’est une maladie infec-
ESA. (ER tieuse, mais comment se comporte cette infection au début? La diphtérie se contracte par les voies respiratoires et s’y manifeste tout d'abord, les manifestations sur les autres muqueuses ne viennent que lorsque l’angine est toxique ; mais peut-on à juste titre dire que lorsque la fausse membrane existe c’est que l’intoxication est faite? et ne peut-on pas supposer que le virus déposé dans une crypte agmydalienne par exemple y developpe aux dépens de la muqueuse une fausse membrane et provoque une inflammation, grâce à laquelle son entrée dans la cireulation est plus facile? Opinion de Jaccoud, Wircow, etc.
D'ailleurs, nous avons des exemples de maladies qui procèdent de cette façon, et contre lesquelles on a des moyens d'action efficaces, grâce aux antiseptiques. Ainsi le charbon se développe localement avant de pénétrer dans la circulation.
Si done il en était ainsi pour la diphtérie et que l'on pût arriver, au début même de l’angine, il y a lieu d’espérer que l’on préviendrait souvent le développement de la maladie. Aussi sommes-nous d'avis de traiter toutes les angines avec un antiseptique commode: et actif, tel que le sel de fer que nous avons étudié.
Si nous comparons notre médicament au perchlorure de fer ordinaire, nous constaterons qu'il lui est préféférable à plusieurs points de vue.
D'abord le premier provoque une douleur excessive qui l’a fait abandonner; quand on touche les enfants”