PRÉPARATION
Le perchlorure de fer ordinaire peut se préparer de quatre façons : |
1° En faisant passer un courant de chlore sec sur du fer élevé à la température rouge. On a du perchlorure anhydre qui se dissout facilement dans l’eau en donnant une liqueur brune.
2% En dissolvant le sesquioxyde de fer dans d'acide chlorhydrique jusqu’à saturation.
3 En attaquant directement à chaud le fer par l’eau régale.
4 En traitant le protochlorure de fer par l’acide azotique.
Le sel de fer dont nous nous servons diffère considérablement du précédent par suite de son mode de préparation; c'est un produit complexe et à un état particulier.
Dans la séance du # novembre 1881, à la Societé de physique, M. Aymonnet, répétiteur de sciences physiques et chimiques de l’École de Grignon, donnait la description d’une pile nouvelle. D'une façon générale, cette pile est constituée par de l’eau régale étendue d’eau et deux pôles, l’un en charbon de cornue, et l’autre est une barre
de fer ordinaire.
UN
Sous l'influence de l’action électrique, le fer disparaît, il reste dans le vase un produit qui est eines celui que nous employons.
Ce produit contient de l'azote, du chlore, du fer et de l'oxygène. L'analyse quantitative, par suite de l’état physique des différents éléments, est très difficile; elle n'est pas complètement terminée pour le moment, quoique étant entre des mains habiles.
En effet, les différents procédés d'analyse quantitative jusqu'ici employés pour le dosage des éléments indiqués ne sont pas applicables pour l'étude de ce produit. Ainsi, particulièrement, pour le dosage du chlore.
Les résultats jusqu ici obtenus font supposer que ce corps est principalement composé d'un perchlorure et d’un oxychlorure de fer magnétisé et qu'il renferme de l’eau oxygënée, du protoxyde et du bioxyde d'azote.
Ces derniers corps ne peuvent être dosés, car par suite de la décomposition de l’eau oxygénée, les principes azotés se suroxydent.
Ce corps dégage aussi d’une façon continue, à n’importe quelle température, de l'acide hypochloreux, et il dépose lentement, par suite dece dégagement, de l’oxyde de fer.
Ce produit se présente sous forme d’un liquide oléagineux brun-verdâtre. Il sent l’acide hypochloreux par suite du dégagement constant dont nous avons parlé. Sa densité est 1,2, sa réaction est acide comme celle de tous les persels, mais elle l’est moins que celle du perchlo-
Ar AU rure de fer, fait important à noter pour expliquer son action moins douloureuse sur les tissus.
Pour nous décider à tenter son emploi dans l’angine diphthérique, nous nous sommes appuyés sur une série d'expériences de différents genres, dans lesquelles il donna des résultats merveilleux au point de vue antiseptique.
Dans une conférence faite par M. Aymonnet, au mois de mai dernier, devant plusieurs chimistes et ingénieurs connus, nous avons pu constater, grâce aux projections dirigées par M. Dubosc fils, l’action coagulante, pour ainsi dire instantanée, du produit sur l’albumine, sur la levûre de bière, sur les eaux chargées de matières albunoïdes des fabriques de colle et de gélatine, et enfin sur l'eau de la Seine. |
Plusieurs expériences, dans l’industrie, ont démontré son pouvoir désinfectant, mais il en est une que nous tenons à résumer à cause des résultats sérieux qu'elle a donnés, grâce à la façon particulièrement intelligente dont elle a été conduite.
L'administration de l'assistance publique ayant chargé M. Cayrol, entrepreneur, de curer un puits à eau de la Salpêtrière, abandonné depuis plusieurs années, celui-ci employa ce produit pour la désinfection.
Grâce à son emploi, les ouvriers purent travailler, sans aucun danger, au fond du puits. En neuf jours, du 21 au 29 mars 1886, on put extraire de six à sept mètres cubes de vase mélangée à une quantité considérable d’eau,
et l’on employa, pour la désinfection de ces boues, quatre-vingt-dix litres environ du produit. Les matières extraites du puits, traitées, laissèrent déposer les matières solides complètement inodores, et l'eau s’en allait presque pure dans l'égout.
Il est bon d'ajouter qu'une maison de vidange avait refusé de faire ce travail.
Je ne citerai que pour mémoire la désinfection de la Bièvre lorsqu'on la détourna, les expériences réussirent parfaitement. |
C'est en présence deces faits que nous nous décidâmes à tenter son emploi en thérapeutique, autorisés, d’ailleurs,
par les rapports intimes qu’il présentait avec le perchlorure de fer ordinaire
Laurent, 3