‹ Traitement de l'eczéma du chien par un antiprurigineux: Le bromure de sodiumChapitre 7 sur 18 · CAS ET · texte numérisé non relu

CAS ET

prurit d'origine centrale, car il paraît vraisemblable que la sensation prurigineuse me peut exister qu’à la périphérie, au niveau des terminaisons sensitives. Maïs, si certains auteurs voient son origine dans l'excitation des tenminaisons des nerfs rachidiens, d'autres la trouvent, au contraire, dans l'excitation des ramifications du sys-

. tème nerveux végétatif.

Jacquet, puis Brack ont accusé les fibres sympathiques des vaisseaux cutanés ; le prurit serait provoqué par dla vasoconstriction ou la vasodilatation. In effet, lorsqu'une surface cutanée, anémiée par compression, est rendue à l'air libre, il y a production de prurit. Par ailleurs, la fonction lombaire provoque la sédation du prurit et la diminution de la ension artérielle, sieme de la prépondérance du système parasympathiquie.

On a formulé conitre cette opinion de justes critiques dont nous ne produirons que la plus importante : c’est un fait que des excitations considérables sont nécessaires pour alerter le système sympathique, qui n’a pas, ordipaïrement, de rôle sensitif, Or, des causes minimes peuvent déclencher le prurit.

C'est pourquoi la plupart des auteurs affirment que le prurit est lié à l’excitation des ramifications des fibres du système cérébro-spinal, l'expérience ayant montré la relation étroite entre les sensibilités à la douleur et à la démangeaison.

Les excitations seraient le fait, soit de substances prurigènes externes, soit des causes internes agissant par l'intenmédiaire des humeurs lésées, ou encore, par une substance prurigène formée au niveau de la peau.

Nous n’envisagerons pas ici les causes profondes de ces excitations, ni le, mécanisme de leur apparition. Retenant seulement l’'ingérance du système nerveux dans le prurit, nous y trouvons la justification de notre thérapeutique neurosédative, Au surplus, si les phénomènes d'allergie et d'anaphylaxie doivent être considérés comme facteurs fréquents de prurit et d’eczéma, il n’est pas interdit de penser, ainsi que nous le verrons au Chapitre suivant, que la solution de bromure de sodium est capable d'agir en provoquant un Choc analogue à celui que dé-

cdlenche l'autohémothérapie ou linjection intraveineuse

de diverses solutions.

IH, - LA BROMOTHÉRAPIE

Si l’on peut reprocher aux médications neurosédatives utilisées dans la thérapeutique antiprurigineuse de n’agir qu'à titre symptomatique, il faut cependant reconnaître

v'elles peuvent être d'une grande utilité lorsque la cause) ? dans l’eczéma.

— Localement, on emploie couramment, en médecine, ! vétérinaire, des antiprurigineux tels que le camphre, le Vu prurit est inconnue, Ce qui est fréquemment le cas! menthol, le chloral ou encore des anesthésiques locaux, plus actifs que les précédents, tels que la cocaïne et ses dérivés. Certes, l'application locale de tels corps est capable d'améliorer, voire de guérir ; mais trop souvent elle se montre insuffisante à faire disparaître les démangeaisons ou la douleur. Aussi a-t-on cherché à pallier leur carence par la mise en œuvre de médications dont l’action primordiale s'exerce sur le système nerveux Su Tui- Même,

À cet égard, le pentaméthylène-tétrazol ou cardiazol, « capable de déprimer l’écorce cérébrale (après un stade fugace d'excitation) et d'exciter les centres inférieurs » s'est révélé efficace entre les mains de J. Euzeby et A. Peres. « Il se révèle comme un interrupteur des grands circuits nerveux conscients, permettant de supprimer toute influence, venant d'une réponse à la prise de conscience d'une sensation où d'une souffrance. Il est égallement un moyen dexciter les centres inférieurs, de provoquer le décrochage des neurones de ces centres et des neurones périphériques, et d'interrompre les relais nerveux. C'est pourquoi il permet de supprimer, sinon l’exeitation sensible périphérique, du moins son inscription

DORE DO LLAT

dans le champ Ge la conscience. Il peut donc être un médicament de la douleur cutanée et du prurit, »

C'est dans le but de calmer l’éréthétisme nerveux de ses malades que Lebedjew, en 1924, a eu l’idée de traïter les affections prurigineuses par des. injections intraveineuses d’une solution de bromure de sodium à 10 pour 109 dans l’eau physiologique.

Par la suite, Gifférents bromures furent utilisés. Buimier et Demoly, en 1928, expérimentèrenit suCcCcessivement les bromures de potassium, deWtronitium ,de sodium. Le bromure de sodium s'avéra le plus efficace.

Sidor, en 1934, traita des animaux atteints de dermatites prurigineuses par une solution de bromure de sodium à 10 pour 100 additionnée de 4,7 pour 109 de glucose, Cette médication donna d'excellents résultats dans l'eczéma dorso-lombaiïire du chien. l’auteur pratiquait, en moyenne, quatre ou Cinq injections dans les formes aïiguës, réparties sur onze jours, et sept injections, en quatorze jours, dans les formes chronitues.

Dans nos essais, C’est une solution de bromure de sodium à 10 pour 100 et de chlorure de strontium à 6 pour 100 dans du sérum physiologique que nous avons utilisée.

Bromure de sodium .......... 10 gr.

Chlorure de strontium ........ 6 gr.

Sérum physiologique .......... 100 cc.

Nous envisagerons, successivement, les propriétés, le mode d'action, la toxicité du bromure de sodium, puis nous indiquerons les doses utilisées et la technique employée.

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