‹ Traitement de l'urétrite chroniqueChapitre 4 sur 17 · APPAREILLAGE POUR LA PRATIQUE DE L'IONISATION EN UROLOGIE · texte numérisé non relu

APPAREILLAGE POUR LA PRATIQUE DE L'IONISATION EN UROLOGIE

Le courant galvanique nécessaire à l’ionisation peut être fourni par le secteur, par des accumulateurs, par des piles. La première source est défectueuse, car le courant continu du secteur est soumis à des variations d'intensité d’une trop grande amplitude. La meilleure source de courant est fournie par les piles. Ces piles doivent être constantes, impolarisables, avoir une résistance intérieure aussi faible que possible et une force électromotrice de 1 à 2 volts. Ces qualités sont réalisées au maximum par les piles au bisulfate de mercure que l’on accouple en tension, c’est-à-dire en reliant le zinc d’un élément au charbon de l’élément suivant. De cette façon, les forces électromotrices de chaque élément s'ajoutent les unes aux autres, la force électromotrice totale étant formée par la somme des forces électromotrices partielles. L'appareil complet doit pouvoir donner 30 à 40 volts, par exemple comprendre 24 à 30 éléments. Les 2 bornes sont réliées aux électrodes par des fils de couleur variable (rouge pour le pôle positif, vert pour le négatif). Les plaques

sont en étain recouvert d’ouate, qui seront mouillées d’eau légèrement salée. Le courant doit être facile-

ment gradué de 0 au chiffre que l’on veut atteindre.

On se sert pour cela d’un collecteur qui met dans le circuit les éléments un à un. La graduation par rhéostat, en mettant dans le circuit des résistances de plus en plus fortes, donne une ascension plus uniforme que celle obtenue par collecteur. En effet, dans ce dernier cas, lorsqu'on ajoute dans le circuit un nouvel élément, il se produit une saute brusque équivalente à la force électromotrice ajoutée. Néanmoins, ce mode de collection suffit en pratique.

L’intensité du courant est mesurée au moyen d’un milliampèremètre intercalé dans le circuit. L’instrument doit pouvoir graduer un courant de 0 à 50 milliampères, il doit être apériodique, c’est-à-dire aller sans oscillations de 0 à l’intensité du courant passant par le circuit. ;

Il faut pouvoir interrompre et renverser le courant. L’interrupteur peut être quelconque. Il existe plusieurs modèles de renverseurs. L’un des meilleurs est celui du Docteur Courtade, qui peut servir également d’interrupteur.

Les électrodes dites nues sont constituées par des béniqués n° 40 ou 45 de cuivre, argent, zinc. Les électrodes dites électrolytiques sont fournies par lionisateur de Courtade sur lequel on branche une sonde spéciale dont l'extrémité est pleine sur une longueur de 2 centimètres et du diamètre du béniqué 50. Le reste de la sonde est d’un diamètre plus petit et creusé d’un canal dont les parois sont percées de petits trous. Cette sonde est ajustée sur l’ionisateur, dont le mandrin est formé par le métal de la solution à ioniser.

URÉTRITE CHRONIQUE

Le malade atteint de blennoragie peut voir son affection évoluer normalement, l'écoulement diminuer et se tarir en un temps variable de 3 à 6 semaines lorsque le traitement suivi est sérieux, régulier et qu’il ne se produit aucune complication du côté des Iacunes, des glandes, de la prostate et des voies génitales. |

Malheureusement, les causes de complications sont multiples : insuffisance ou irrégularités de traitement, injections mal faites ou trop concentrées, accessoirement un état constitutionnel du sujet, souvent aussi sans cause apparente, et voilà l’écoulement qui persiste et la goutte matinale rebelle à tout traitement classique qui apparaît et s'organise. L’urétrite chronique est constituée.

L'examen bactériologique de la goutte permet de reconnaître les cas où le gonocoque est encore présent et est resté prépondérant, ceux où il s'associe à d’autres espèces microbiennes, ceux où le gonocoque a disparu, ceux enfin où l’on ne trouve aucun microorganisme.

Tant que le gonocoque persiste, la récidive et l’infection sont à craindre, Disons en passant que cette

Rene Lo et

forme, décelant une localisation péri-urétrale, un repaire microbien, est particulièrement justifiable de lPionisation négative. |

Par contre, l’absence de gonocoques dans la sécrétion purulente ne permet pas d’affirmer que le sujet n’est pas contagieux. Le gonocoque est si tenace et si varié dans ses localisations qu’une goutte matinale d'apparence inoffensive reste suspecte.

Les lésions d’urétrite chronique portent sur l’épithélium, le derme et les glandes. L’épithélium urétral normal est cylindrique et stratifié. Sous l’influence de lurétrite il perd ses caractères normaux et se transforme «en épithélium parmenteux stratifié. Les cellules superficielles s’infiltrent d’éléidine, deviennent cornées comme les cellules épidermiques. L’épithélium devient alors rigide, sans souplesse, et les substances antiseptiques ont moins d'action sur lui. Plus tard, il y a sclérose du derme.

En même temps, il y a altération glandulaire. Les lacunes de Morgagni, les glandes intra-muqueuses, les glandes sous-muqueuses de Littré sont prises en plus ou moins grand nombre. La palpation dela face inférieure de la verge montre de petites tumeurs donnant l'impression de grains de plomb encastrés dans la paroi. L’urétroscope montre les orifices glandulaires soit obstrués, soit ouverts et laissant échapper une sécrétion purulente.

Les lavages urétro-vésicaux au permanganate au 1/8000°, au protargol ou argyrol de 1 à 8 pour 1000 sont indiqués tant que le gonocoque persiste dans les sécrétions.

Les formes où le gonocoque est absent peuvent bénéficier des instillations de nitrate d’argent à 1/100°, ou mieux d’argyrol à 10 %. La méthode des injections de 10 cmq d’argyrol à 10 % dans l’urètre antérieur consécutives à un massage sur béniqué nous a donné personnellement un grand nombre de guérisons chez des sujets déjà traités sans succès par d’autres procédés.

On peut également pratiquer la dilatation au béniqué ou au Kollmann, pratiquer également la galvanocautérisation, les attouchements à la teinture d’iode, au nitrate d’argent sous le contrôle de l’urétroscope. Ces méthodes ont à leur actif un certain pourcentage de guérisons.

Mias il est des cas où l’urétrite chronique résiste à tout traitement, où les lésions sont trop profondes, trop anciennes pour pouvoir être atteintes par les agents thérapeutiques habituellement employés. Ces formes rebelles sont particulièrement justiciables ‘du traitement électrique.

Page 1