‹ Traitement de la Chorée: Par les Injections de CérébrineChapitre 20 sur 22 · OBSERVATION XIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIII

Service du D' MONTAGNON

Adèle P..., 6 ans. — Entrée le 21 mars 4902 — Sortie le 25 avril 1902. Nouvelle rentrée le 4% mai. — Sortie le 3 juin. Père bien portant, n'a jamais été malade, mère également en bonne santé. — Elle a eu quatre grossesses et une fausse couche après la naissance de l'enfant. — Deux enfants sont morts l’un d'une entérité, l’autre d’une affection indéterminée. L'enfant (vaccinée) a été élevée, en partie, âu biberon, après un accouchement très laborieux, à terme, après un

es. des

travail de vingt-quatre heures, qui fut terminé au forceps. — Nourrie au sein d’abord pendant deux mois, puis au biberon pendant un mois, après quoi elle est reprise au sein pendant six mois.

À cette époque, elle fut mise au régime ordinaire.

L'enfant a mis ses premières dents à sept mois, a marché à quatorze mois.

Le début de l'affection actuelle remonte à trois semaines, elle a apparu brusquement, sans cause efticiente bien nette. — On ne relève pas l’interrogatoire des parents, ni maladie infectieuse, ni rhumatisme, ni cause morale.

A son début, l'affection a été caractérisée par l'apparition de mouvements arythmiques et involontaires, existant au repos, gênant la station debout, et entravant un peu la parfaite exécution de certains mouvements voulus. — Ces troubles moteurs se sont manifestés d’abord aux mains, puis aux bras et à la face. Les membres inférieurs ont été les derniers atteints. — Les deux côtés du corps sont touchés, mais le gauche est plus particulièrement frappé.

À l'entrée : Mêmes symptômes; les mouvements présentent les caractères classiques des mouvements choréiques, involontaires, sans but, arythmiques, influencés par l'attention existant au repos, gênant la marche et la station debout.

Tous les mouvements volontaires peuvent, néanmoins, s’accomplir, mais avec une certaine hésitation.

Pas de troubles de la sensibilité. Les réflexes sont normaux.

Aux yeux, mouvements incessants du globe et des paupières. La pupille réagit bien.

Rien aux autres organes des sens.

Pas de douleurs choréiques des membres.

L'intelligence est parfaite ; quelques troubles de la parole, dus aux mouvements involontaires de la langue.

Aucun phénomène paralytique.

Rien aux viscères.

Cœur sain.

Pas de fièvre.

Pas d'albumine dans les urines.

30 Mars. — On commence le traitement par les injections de cérébrine à la dose de 0,03 cc. par jour.

En

16 Avril. — La dose est poussée à 6 cc.

25 Avril. — Les mouvements ont disparu, la fillette sort guérie.

1% Mai. — L'enfant fait une nouvelle entrée avec des

mouvements plus prononcés que lors de sa première venue à l'hôpital. On recommence, à cette date, les injections de cérébrine à la dose de 3 cc.

13 Mai. — On élève la dose à 9 cc. quotidiennement.

A partir de ce jour, l'amélioration va sans cesse grandissante.

21 Mai. — On ne note presque plus de mouvements. Amélioration très nette. Il est très difficile de saisir quelques petits mouvements à peine percepltibles.

3 Juin. — L'enfant ne bouge plus du tout depuis quelques jours. Elle peut être considérée comme guérie. On supprime les injections.

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