LATIONS MÉDICAMENTEUSES D’OXYGÈNE DANS LA COQUELUCHE
Nous avons vu ci-dessus quel est le but des inhalations. médicamenteuses d'oxygène : antiseptique, par oxygène, l'oxygène étant le meilleur antiseptique des voies respiratoires; antispasmodiques par le bromoforme et le bromure de camphre. Nous n’y reviendrons pas. Il nous reste à voir quel rôle joue cette médication dans le traitement de la coqueluche et quelle est son action.
Pour cela, nous examinerons successivement les points de vue suivants :
1° La coqueluche et ses quintes ;
2° Les complications ;
3° Le tube digestif ;
4 Les viscères ;
5° L'état général du malade. À
Dès les premières inhalations, le petit malade commence
à ressentir les effets du traitement. Sa respiration devient
plus ample et plus naturelle et si les quintes ne diminuent pas de nombre, elles diminuent tout au moins
d'intensité. Quelques jours après, du 5° au 10° jour, les
quintes ont tendance à s’espacer. Elles évoluent plus facilement et pour nous servir d’une expression qui rend bien notre pensée, l’enfant sort sa quinte plus naturellement. Les grands efforts, les suflocations deviennent moins terribles et le malade moins gêné par sa coqueluche | paraît moins abattu et plus fort. Il supporte mieux sa coqueluche. Du dixième au vingtième jour les quintes ont tout à fait changé de caractère. Les inspirations sont légères et les reprises de plus en plus faibles. Après sa quinte l’enfant n’éprouve aucune fatigue, la cyanose a disparu et la congestion du visage est à peine marquée. Du 20e au 30° jour, la coqueluche prend aspect d’un gros rhume et tend à disparaître rapidement. Le malade ne souffre plus et du 25° au 30° jour la toux n’a aucun caractère coqueluchoïde. C’est la toux grasse de fin de rhume. À ce moment, nous donnons comme adjuvant une potion expectorante et calmanie : la potion de Desessarts.
Une remarque à faire cependant: Quelquefois, au début du traitement, les quintes augmentent un peu. Mais cette ascension, rapidement enrayée, tombe du qe au cinquième jour. D’ailleurs c’est là une exception.
Les inhalations ne guérissent pas d’emblée les petits malades atteints de coqueluche. Nous n'avons pas cette prétention. Nous cherchons surtout à enrayer la maladie, à diminuer le nombre, la violence et l'intensité des quintes, de manière à transformer la maladie maligne en affection bénigne, à en modifier ses principaux caractères de nocuité, nous venons de le voir, mais surtout à en éviter les terribles complications.
Sur 50 observations nous n'avons observé que trois
— 31 — cas de broncho-pneumonie, encore faut-il ajouter qu’avant le traitement les enfants présentaient des symptômes de cette affection. Nous avons eu soin de revoir les malades. quelque temps aprèsleur sortie, tous ceux revus, et ce sont les plus nombreux, jouissaient d’une parfaite santé. |
D’ailleurs le traitement par inhalations d'oxygène n’a Jamais été interrompu, et a paru avoir plutôt une influence heureuse sur la broncho-pneumonie.
Les quintes devenant moins violentes par ce traitement, les complications organiques causées par leur in-
tensité et leur fréquence devaient devenir plus rares, Nous n'avons vu survenir ni hernie ni prolapsus du rectum chez nos malades et on sait que ces accidents ne sont pas rares à la suite de coqueluche.
Les morsures de la langue et les ulcérations du frein si fréquentes après les quintes disparaissent avec le traitement oxygéné et sur les 50 cas cités plus haut, trois enfants ont présenté seuls cette légère complication.
Mais c’est surtout dans les complications de nature nerveuse que l’efficacité du traitement s’est fait ressentir.
L’agitation, l’énervement disparaissant chez nos malades, le calme était rétabli et l’insomnie faisait place à un repos calme’et tranquille. Quatre enfants atteints de coqueluche et dé convulsions simultanées furent soumis à notre traitement. Les convulsions cessèrentau bout du huitième jour et la coqueluche céda au vingt-cinquième Jour.
Les épistaxis si nombreuses dans lacoqueluche deviennent de plus en plus rares. Ce qui s’explique par laction
décongestionnante de l’oxyqène.