‹ Traitement de la fièvre typhoïdeChapitre 46 sur 62 · ACCIDENTS PULMONAIRES · texte numérisé non relu

ACCIDENTS PULMONAIRES

Congestion. — La révulsion par les dérivatifs a toujours joui parmi les médecins d'un ventonsps. grand crédit, les sinapismes, les ventouses sèches en grand nombre et répétées, font partie de l'arsenal thérapeutique. On fera bien de ne pas trop compter sur eux, malgré leur réputation, leur emploi banal; ma conviction, basée sur l'observation de nombreux malades, est qu'ils sont insuffisants. Ce dont on se garvdsicatoires dcra absolumcut, c'est de l'emploi du vésica- '^'inutues.'' toire; malgré la popularité de ce moyen et son patronage par des cliniciens éminents, tels que G. de Mussy, je n'hésite pas à dire que c'est un déplorable usage. Le vésicatoire n'est jamais utile, il est souvent nuisible : telle est ma pensée. Il aggrave les troubles rénaux; il est la porte d'entrée des infections secondaires, la cause fréquente de plaques de sphacèle, enfin il n'a jamais fait disparaître une congestion pulmonaire, atténué la gravité d'une pneumonie.

TRAITEMENT DES COMPLICATIONS. 19.'j

Les expectorants sont rarement employés.

Murchison, après Stokes, a vanté les bons effets de l'essence de térébenthine administrée à la dose de 20 à 30 gouttes par jour. Quant aux vomitifs, il faut les bannir, comme les vésicatoires, de la thérapeutique des accidents pulmonaires chez les typhiques.

Après avoir dit ce qu'il ne faut pas faire, examinons la conduite à tenir.

On tiendra le malade dans une position variable, décubitus latéral et non dorsal. Si la congestion pulmonaire et, a fortiori, la pneumonie se déclarent, on aura recours de suite au bain froid, si on ne l'a pas encore mis en œuvre, et à l'enveloppement thoracique par les compresses froides renouvelées. C'est là aujourd'hui un fait hors de doute qu'il n'est pas de moyen plus puissant, plus rapide, malgré tous les préjugés qui ont cours, pour hâter la disparition de ces congestions pulmonaires hypostatiques qui sont le lot habi tuel des dothiénentériques traités par les médicaments.

Liebermeister, dans son n.YiÏQ\Q Abdominaltyphits (in Ziemssens Handbuch), a répondu vic-

Expectorants.

Vomitifs.

Situation du malade.

Rareté plus grande

de la pneumonie.

Gravité moindre.

toricuscment par des chiffres au reproche fait aux bains de provoquer la pneumonie. Avant l'introduction du traitement hydrolhérapique on observait 7 p. 100 de pneumonies, 60 sur 861 ; après que le bain est appliqué, on n'observe plus que 6,4 p. 100 de cas, 36 sur SS9. Et, comme si ce n'était pas assez de montrer que non seulement les pneumonies sont moins fréquentes, il ajoute, avec chiffres à l'appui , que sur 60 pneumonies éclatant dans le cours de la fièvre typhoïde non traitées par le froid, il en meurt oO p. 100, tandis que par la médication hydriatique le chiffre tombe à 39 p. 100.

Laryngites graves. — La bonne tenue de la bouche, des fosses nasales, en un mot de tous les aboutissants de l'arrière-gorge s'impose chez les typhiques. Si ce nettoyage est bien fait, le médecin aura rarement à s'occuper de complications laryngées. Bien entendu, si la laryngite prend un caractère grave comme dans le laryngo-typhus on pratiquera de suite la trachéotomie. J'ai guéri dans de semblables conditions un malade h Lariboisière.

APPARlîIL DIGESTIF

Vomissements. — C'est un symptôme rebelle chez quelques malades. La glace, les boissons frappées sont connues de tous ; fréquemment elles échouent. L'application locale du froid (vessie de glace, pulvérisation d'éther, stipage avec le chlorure de méthyle) est souvent bonne. Quelquefois la sinapisation, l'étoupe imbibée de térébenthine (Murchison), produisent d'utiles effets.

Dans un cas très récent, j'ai pu, en administrant 2 centigr. de chlorhydrate de cocaïne associés au sucre en poudre et donné par doses fractionnées, arrêter des vomissements rebelles.

Constipation. — Les lavements froids sont des plus utiles, ceux de quinine aussi : 1 gramme pour 250 grammes d'eau (Tripier, Bouveret). Ce n'est que si la constipation résiste à tout, que de légers purgatifs (salicylate de magnésie, eau de Sedlitz) seront donnés une ou deux fois.

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