‹ Traitement de la fièvre typhoïdeChapitre 51 sur 62 · REVUE CRITIQUE ET CONCLUSION · texte numérisé non relu

REVUE CRITIQUE ET CONCLUSION

Arrivé à la fin de cette trop longue revue thérapeutique, pouvons-nous formuler un avis ferme, donner un conseil définitif?

Dans le dédale des médications vantées, en est-il quelques-unes qui mettent sûrement à l'abri de la mort tous ceux que la maladie frappe? Assurément non. Ce loyal aveu fait, ne convient-il pas, en embrassant d'un coup d'oeil toute la série des moyens proposés, de faire un choix? Certainement oui. Nous l'avons vu et, je l'espère, explicitement montré dans le courant de cet ouvrage, ce ne sont pas les médications toniques et stimulantes, antipyrétiques ou antiseptiques, qui peuvent se ré-

clamer d'un pareil succès. Ne visant qu'un des éléments de la maladie, oublieuses de ce grand tout que forme l'organisme souffrant, elles ont mérité, je crois, nos critiques.

J'ai montré les dangers de l'antipyrèse médicamenteuse, depuis la vieille quinine jusqu'à la moderne antipyrine; j'ai prouvé avec des arguments scientifiques que l'antisepsie était souvent illusoire, quelquefois coupable de nombreux méfàits, et l'histoire de l'acide phéniquc est là pour nous le rappeler. Quant à l'expectation, déguisée ou vraie, je n'ai pas hésité à la dénoncer aux médecins qui me liront.

Sur toutes ces ruines anciennes et modernes s'élève la vieille réfrigération, tour à tour dénigrée, bafouée, ou bien élevée au rang de panacée, mais toujours vivante. Cette longévité inconnue à toutes les autres médications est un des meilleurs plaidoyers qu'on puisse présenter en faveur du froid. Il résiste à l'assaut des années : c'est donc qu'il est le plus fort, qu'il représente la vérité. C'est parce que j'ai été frappé de ce grand fait, comme tant d'aulres,

que j'ai voulu voir, et qu'cayant vu, j'ai été convaincu. Le bain froid systématique est-il le dernier mot du traitement de la fièvre typhoïde? Désormais la thérapeutique de cette maladie est-elle chose définitive? Nul ne serait assez osé pour le dire, en notre siècle de découvertes incessantes. Mais ce que j'affirme en terminant, ce qui se dégage de toutes les enquêtes, ce sont les résultats; et, comme ce livre a l'espoir d'être pratique, il dit en conclusion aux lecteurs : « Adoptez pour le moment cette méthode : c'est elle qui vous donnera les plus beaux , les plus nombreux succès; grcâce à elle, vous connaîtrez rarement les déboires thérapeutiques. Ne l'abandonnez pas sur la seule annonce qu'une autre rivale l'a vaincue, car voilà longtemps qu'elle est attaquée, et cependant elle vit toujours; défendez-la donc, et, comme cet ancien prouvait le mouvement en marchant, montrez ce qu'elle est en guérissant la plupart de vos malades. » Enfin, dites-vous que même ses amis tièdes, lui reconnaissent une telle supériorité, que devant les résultats ils avouent

« que c'est le traitement qui satisfait au plus important des trois grands préceptes de la thérapeutique: tulo,cito et jvcunde «.(Lépine loc. cit.)

TABLE DES MATIÈRES

Pages.

Préface v

Plan du livre vu

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