‹ Traitement de la leucoplasie par le 606Chapitre 12 sur 29 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

(Due à l’obligeance de M. le Dr Miliar..)

Henri P.., fourreur, a eu un chancre du fourreau le 23 mars 1909. Il en porte la cicatrice grosse comme une pièce, de 50 centimes. Pendant quinze mois il fut traité par des piqûres de benzoate de mercure.

Il recevait 12 à 15 piqûres par mois. Il fit des frictions pendant une semaine. Il a absorbé un peu d’iodure et pris quelques pilules.

Aujourd'hui, 26 décembre 1910, il présentede la glossite scléreuse diffuse superficielle occupant tout le dos de la langue avec dépapillation complète et leucoplasie. La langue hypertrophiée remplit toute la largeur de la bouche ouvertæ et la dépasse même à sa partie antérieure. La muqueuse est absolument lisse, rouge sur les bords, opaline au centre, avec sillons médians qui relèvent d’ulcérations. La langue est

modérément indurée. Cette glossite aurait débuté six

semaines après le chancre. Les réflexes sont normaux. Il n’y a pas d’Argyll-Robertson. Le cœur est normal.

Le Wassermann est très positif le 2 janvier 1911. On fait à cette date une injection intra-veineuse de 30 centigrammes.

6 janvier. — La langue est déjà moins grosse et les ulcérations se cicatrisent. Une injection intra-musculaire de 60 centigrammes de 606 est pratiquée. La leucoplasie est dès ce jour en voie de diminution.

23 janvier. — Le Wassermann est très positif. Tout est cicätrisé. « Je peux manger et fumer », nous dit le malade.

6 février. — La langue est presque guérie. Il ne reste que quelques vagues plaques de leucoplasie cicatricielle. Le Wassermann est très positif.

20 février. — 11 est devenu négatif.

27 mai 1911. — La langue va très bien.

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