OBSERVATION XI
(Due à l'obligeance de M. le D Milian.)
. Émile P..., âgé de cinquante et un ans, a eu un chanére à la partie dorsale de la verge il y a trente ans. Sa roséole est apparue trois semaines après l'accident primitif. Il a présenité ensuite des plaques muqueuses buccales et a souffert de céphalée nocturne. Localement il traita son chancre avec du £alomel. I absorba ensuite pendant deux mois consécutifs des pilules. Pendant vingt ans, il a pris de l’iodure de potassium de quinze jours à un mois chaque année. Il a cessé tout traitement depuis cinq ans et ne reprend de l’iodure que depuis dix jours. IL présente aujourd’hui, 4 mars 1917, une leucoplasie linguale abondante. Sur le bord gauche, à la face inférieure.il existe une tache de leucoplasie opalescente.
Cette tache entoure une cicatrice en X horizontale surmontée d’un bourgeon saillant et végétant, dont il a été prélévé une partie pour biopsie. Le malade a une légère inégalité pupillaire.Sesfpupilles réagissent bien. Les réflexes achilléens et rotuliens sont normaux,
Une injection intra-veineuse de 30 centigrammes est faite
le 6 mars 1911. Le 13 mars, on injecte 4o centigrammes de 606, 5o centigrammes le 17, 60 centigrammes le 24. A cette date l’état de la langue est stationnaire, la réaction de Wassermann est très positive.
8 avril r911.— Toujours état stationnaire. On prescrit une solution biiodurée. Le 10 mai, après trois semaines de traite-
ment biioduré, il y aurait plutôt une légère extension de la
leucoplasie. Les 18et 25 mai,on fait une application de.
radium, 1 centigr. 1/2 pendant une demi-heure. Le 3 juin est constatée une vive réaction ileucoplasique sans rougeur. Il existe de la leucoplasie en des points indemnes antérieurement. Le malade a l'impression d’avoir la langue rongée. Le 12 juin, nouveaux points nombreux un peu sail-
lants et végétants. Dès le 8 avril la réaction de Wassermann
était négative. Le 6 et le 26, juin 4o centigrammes de 606.
sont injectés. Le Wassermann négatif le 19 juin est positif le 26. À cette date, l'état de la langue est stationnaire. Le 3 juillet, la leucoplasie a pris de l'extension, 50 centigrammes de bo6 sont injectés. Même dose le r2 juillet. Le 29 juillet, les plaques de leucoplasie ont diminué d’épaisseur. |
Dans la dernière quinzaine de novembre 1911 ce malade revient à la consultation de la Charité. Non seulement ses lésions n'ont pas diminué mais il y a une exaspération certaine. Le diagnostic d’épithélioma lingual au début est porté et le malade est envoyé à M. Morestin, chirurgien de
l'hôpital Tenon, afin de subir une intervention.
a TER RENAN TRS
ln RS