‹ Traitement de la Pelade Par les Rayons Ultra-VioletsChapitre 4 sur 10 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'héliothérapie est connue depuis la plus haute antiquité ; les champions de l’Hellade se préparaient sévèrement à leurs jeux favoris par de nombreux exercices et d'excellentes cures solaires. Hérodote, lui-même, déclarait que l’héliose est particulièrement nécessaire pour refaire et développer le système musculaire.

Mais ce n’est guère que vers la fin du siècle dernier que les propriétés de la lumière furent appliquées à la thérapeutique.

Actuellement, on ne peut nier l’action bienfaisante du séjour au grand air et les effets du soleil sous certains climats, mais on ne doit pas négliger l’utilisation des appareils de photothérapie qui s'appliquent à augmenter les rayons chimiques actifs du spectre solaire au détriment des rayons actiniques sans valeur thérapeutique.

Nombreux sont les avantages de l'héliothérapie artificielle sur l’'héliothérapie naturelle.

1° Une richesse en rayons ultra-violets beaucoup plus grande : 25 à 28 % au lieu de 7 % pour le soleil.

2° Une régularité constante de radiations émises

quant à leur composition quantitative.

= Ph

3° Un dosage facile des rayons et une grande rapidité dans les traitements.

Nous rappelons, au cours de ce travail, quelques données fondamentales sur la composition de l’agent

lumineux,

Analyse de la lumière -- Ses propriétés

Elle nous apprend qu’elle est composée de radiations diverses, de longueurs d'ondes différentes, variant de 1.000 angstroms (1) dans l’ultra-violet extrême à 3.400.000 angstroms dans l’infra-rouge extrême.

On divise le spectre solaire en trois parties distinctes :

1° Un spectre invisible infra-rouge, formé de radiations moins réfrangibles que les radiations rouges dont l'existence est prouvée par des effets calorifiques. La longueur d'onde de ces radiations varie de 7.000 à 3.400.000 A.

2° Un spectre visible aux couleurs différentes : rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo, violet,

3° Un autre spectre invisible ultra-violet, formé de radiations plus réfrangibles que les radiations violettes du spectre visible dont l'existence est prouvée par des effets chimiques.

Les propriétés inhérentes à ces trois portions du spec-

dun

Dé = 10.000.000

IG

tre ne sont pas nettement séparées, c’est ainsi que les radiations à effets chimiques commencent dans le spectre visible, augmentent progressivement pour devenir de plus en plus intenses dans le spectre ultra-violet.

Au cours d'expériences précises, Vidmark a établi que :

1° par l’action de tous les rayons, sauf les ultraviolets, la peau n’est pas influencée ;

2° par l’action de tous les rayons, sauf les calorifiques, l'inflammation se développe.

Ce sont donc les rayons ultra-violets ou rayons actiniques qui produisent les effets révulsifs de la lumière sur les téguments.

À Finsen de Copenhague revient l'honneur d’avoir, le premier, attiré l’attention du monde scientifique sur

les résultats pratiques de la photothérapie artificielle.

Sources de lumière artificielle

Pratiquement, nous n'avons que deux sources de

lumière artificielle :

La lampe à arc voltaïque ; La lampe de Quartz à vapeur de mercure.

La seconde est surtout utilisée par suite de sa grande richesse en rayons U.-V. de courte longueur d'onde.

La composition de cette lampe comprend deux parties essentielles :

Le brûleur ; Le statif.

Le brûleur est constitué par un tube de Quartz, à vide préalable, dont les deux extrémités formant électrodes sont occupées par un réservoir contenant une certaine quantité de mercure. L'industrie fournit des brûleurs à courant continu et des brûleurs à courant alternatif, alimentés directement par le courant du secteur (110 ou 220 volts, suivant le type de la lampe).

Le statif comprend :

Un réflecteur ; Un pied support ; Un rhéostat ou un transformateur.

Le brûleur est diposé à l’intérieur d'un réflecteur

métallique largement ouvert, permettant une irradiation de grande surface et une orientation facile des rayons. l'adaptation d'écrans mobiles et de diaphragmes de différents diamètres permet de réduire et de localiser l'irradiation. Certaines lampes sont munies également de glaces filtrantes en verre spécial bleuté qui arrêtent, avec les irradiations ultra-violettes extrêmes, les rayons calorifiques dont les effets seraient nuisibles au traitement dans le cas d'application générale,

Le réflecteur est monté ordinairement sur un pied support muni d’une douille coulissant sur ce tube d’acier et supportant également un bras transversal sur lequel le réflecteur peut se déplacer.

L'appareil est complété par le rhéostat pour la lampe à courant continu ou le transformateur pour la lampe à courant alternatif ; on peut ainsi faire fonctionner la lampe au ralenti, ce qui diminue l'intensité du rayonnement et la proportion des rayons actiniques.

L’allumage se fait par simple basculement du brûleur classique à courant continu dont les avantages sont :

1° La longue durée ; 2° L’allumage facile ; 3° Le rendement intéressant.

Au cours de ces derniers temps, on a apporté divers perfectionnements aux lampes à rayons ultra-violets, et c’est surtout le brûleur qui a profité de ces recherches.

Actuellement, on construit des brûleurs à allumage automatique comprenant un filament de tungstène et un gaz rare (argon) ainsi que des brûleurs à courant

alternatif formés de trois électrodes.

Des divers modes de traitement de la Pelade

Dans le traitement de la pelade par les rayons ultraviolets, nous n’employons pas l’action anti-microbienne de la lumière, ni son action eutrophique, ni son action tonique ; nous utilisons son action révulsive qui consiste à appliquer sur le tégument malade des doses de lumière telles qu’on obtienne à coup sûr l’érythême sans aller jusqu’à la vésication.

Cest un mode d’excitation analogue aux autres modes d’excitation produits par les agents chimiques et les agents physiques employés jusqu’à nos jours dans le traitement de la pelade.

Agents chimiques : Acide acétique ;

Acide lactique ;

Teinture d’iode ;

Huile de Croton ;

Chrysobarine ;

Ammoniaque ;

Teinture de cantharide.

Agents physiques : Irritation mécanique ;

Haute fréquence ;

Rayons X ;

Neige carbonique.

ont

Le principal inconvénient de l’irritation par les agents chimiques est que la substance employée n’'agit pas seulement d'une façon locale, mais qu’elle est capable de produire des effets nuisibles par son absorption cutanée (la teinture de cantharide, en effet, agit non seulement au niveau de la zone peladique, mais encore sur le rein où son action irritante peut provoquer de graves lésions).

La haute fréquence nécessite des séances répétées dont le malade se fatiguera à la longue ; les rayons X appellent une grande prudence dans leur application : il est difficile de trouver la dose, étant donné qu'avec quelques fractions d'unité en plus, on passe à la dose dépilante. Quant à la neige carbonique, l'insuffisance de surface du cryocautère rend son emploi assez difficultueux dans les cas de larges plaques de pelade.

Aussi, préférons-nous l’utilisation de l’actinothérapie locale, qui, par la rapidité de sa révulsion et son facile

entretien, produira l’irritation thérapeutique nécessaire.

Technique de l'application locale des Rayons U.-V.

Les abords de la région traitée étant recouverts de üissu noir ou de plusieurs épaisseurs de papier de couleur sombre (on peut également obtenir d'excellents résultats en employant la pommade de vaseline et de lanoline renfermant du charbon de peuplier), il est indispensable que l'opérateur et le malade se protègent les yeux avec des lunettes de verre enfumé ; s'il s’agit d'un enfant, le mieux sera de lui bander les yeux avec une étoffe formant plusieurs épaisseurs de tissu.

Ces précautions prises, il convient, avant la mise en marche de l’appareil, de nettoyer le brûleur et d'enlever les poussières (on emploie d'ordinaire de l'alcool ou de la liqueur d’'Hoffman).

La lampe étant allumée depuis environ dix minutes, c'est-à-dire en plein régime, il est nécessaire de régler la quantité de radiations par le temps de pose et par les variations de distance entre le brûleur et la surface à insoler (la proportion de rayons de courte longueur d'onde absorbée croit avec l'épaisseur de la couche d'air interposée, plus la lampe est rapprochée du sujet, plus la surface à irradier reçoit de rayons actiniques.

I1 ne faut jamais mettre le malade directement sous la lampe, car on doit toujours se méfier de l'éclatement possible du brûleur. L’éclatement de ce dernier est rare, mais en un point le quartz peut s’amincir, se boursoufler, faire une hernie, ou, sous l'influence de la chaleur, il peut se produire un orifice par où le mercure, à une température extrêmement élevée, risque de s’écouler et de brûler gravement le malade. Celui-ci sera placé latéralement, le faisceau de rayons actiniques tombant normalement sur la région à traiter.

La plaque de pelade sera nettoyée ; on s’est attaché à dépasser les limites de l'aire peladique en cherchant à mettre surtout à jour les échappées qui, rayonnant de la plaque, s’infiltrent et s'étendent dans le cuir chevelu.

Le malade est alors assis à environ 60 centimètres du brûleur ; comme il faut obtenir dès le début une réaction locale, on l’expose à l’action des rayons pendant un quart d'heure pour la première séance.

Il n’est pas possible de convenir du nombre de séances nécessaires au traitement. Pour les malades d'hôpital où il faut une certaine discipline, on attend environ une semaine pour recommencer le traitement ; les séances pourront d’ailleurs se prolonger dans la suite suivant les réactions examinées.

Dès la première séance, on observe une rougeur, un érythême extrêmement vif avec, parfois, la formation de vésicules. On respectera ce stade vésiculatoire en cherchant à éviter, par les soins de propreté, les suppurations possibles. Les pommades, à cet effet, sont contre-

rie

indiquées ; au besoin, on touchera légèrement les phlyctènes avec du néol. Ii faut entretenir la révulsion et ne pas permettre à la peau de revenir à l’état normal.

Quand elle est en voie de guérison, la plaque se recouvre de squames qui forment comme une carapace, empêchant la pénétration ultérieure des rayons U.-V. L’enlèvement avec une pince est alors indiqué.

Ce coup de soleil artificiel donné sur les régions malades, il n’est pas utile que le patient en ressente les effets directs sur les parties de son corps qui, par leur voisinage immédiat, sont soumises également à l’action des rayons actiniques. On protégera les mains, les épaules, sous plusieurs épaisseurs de tissu ; le plus simple serait d’enduire d’une couche de corps gras ou de pâte de zinc.

Il importe également d’aider le malade à supporter les effets de la chaleur qui sont des plus pénibles pour le sujet soumis à exposer, avec une immobilité parfaite, des régions qui, par leur situation, prédisposent à la sudation et à de fortes céphalées. L’adjonction d’un ven-

tilateur pourra obvier à ces inconvénients.

Application générale

Dans notre ignorance actuelle des origines de la pelade — que celle-ci soit d'un caractère infectieux, microbien, qu’elle soit due à des réflexes nerveux, à une mauvaise dentition, à un fonctionnement déficient de l'estomac, à l’héredo-syphilis — nous pouvons convenir que chez des nerveux, des surmenés, des enfants en période de croissance, l’action tonique générale des rayons U.-V. s’ajoutera en donnant d'excellents résultats, surtout chez les jeunes, à l’action révulsive locale des mêmes rayons.

Comme dans le rachitisme, l'application générale des rayons U.-V. apporte des modifications favorables au métabolisme et aux fonctions endocriniennes.

D'une application facile, le bain de lumière, qui en été peut être une simple exposition aux rayons solaires, est ordinairement pratiqué avec la lampe de quartz à vapeur de mercure employée précédemment pour les applications locales.

Deux théories guident le médecin traitant :

1° Celle qui consiste à faire un traitement progressif arrivant à la pigmentation, en évitant autant que pos-

sible l’érythême.

PNR

2° Celle qui donne le coup de fouet par réaction générale dès le début. Les Allemands donnent le coup Ge fouet d'emblée et commencent par une séance de 5 à 10°.

La technique de l'application générale est la même que celle employée pour les autres affections et qui a été exposée magistralement par MM. Dufestel et Saidman.

Quelques précautions sont cependant indispensables pour ces irradiations générales ; il faut se méfier des troubles généraux et de la dermite résultant d’une trop grande exposition aux rayons U.-V. Cette photo-sensibilité sera combalttue efficacement par le filtre en verre bleuté* dosant progressivement l'intensité des rayons actiniques. Certaines peaux sensibles présentent des lésions de brûlures superficielles. Le mieux est de traiter les phlyctènes par les moyens ordinaires et de recouvrir de gaze légère les parties irritées.

Résultats

Les résultats sont très rapides dès la première séance d'application locale des rayons U.-V.

Dans les trois semaines, on voit d’abord apparaître des poils follets ; cette repousse se fait de différentes façons.

Parfois, inclus dans la plaque de pelade, on voit se former un cercle de cheveux et de la périphérie au centre, la repousse se fait. Ce mode n'est pas d'un très bon pronostic, car, en dehors de ce cercle, la repousse est hésitante et ne comble pas complètement les espaces peladiques.

On peut de même observer une repousse progressant de la périphérie vers le centre et s’arrêtant pour constituer une surface glabre. Ce deuxième mode de repousse est également déficient.

La meilleure repousse est celle qui progresse uniformément de la périphérie vers le centre ; cependant, les cheveux peuvent pousser blanc-neige, ou quelquefois erisonnants. Pour les femmes soucieuses de l’esthétique capillaire, les teintures complèteront avantageusement le traitement.

Pratiquement, on a divisé les zones peladiques suivant leur dimension et leur situation en :

. A : Petites plaques multiples ; Pelade décalvante ;

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