‹ Traitement de la péritonite tuberculeuse par la recalcificationChapitre 16 sur 25 · RENE · texte numérisé non relu

RENE

Antécédents personnels. — Cette jeune fille n'aurait Jamais été malade avant juillet 1914, où elle aurait eu un embarras gastrique (?) suivi de pleurésie sèche, qui l’a obligée à garder le lit pendant un mois et l’a laissée souffrante pendant quatre à cinq mois. Elle a pu reprendre son travail et l'a continué jusqu'en février 1915.

Là, elle aurait eu encore des troubles digestifs vagues avec anorexie et faiblesse générale. Elle aurait dû garder le lit pendant une vingtaine de jours et serait restée sans travailler jusqu’en janvier 1916. Elle reprend alors son travail jusqu’à la fin d'avril.

Dès le début de mars, elle commence à souffrir du ventre el remarque que le ballonnement qu’elle avait seulement après les repas, autrefois, reste permanent; en même temps l’amaigrissement augmente, les traits s’altèrent. Comme les règles n'ont pas reparu depuis quatre à cinq mois, la mère imagine qu'il s’agit d’une grossesse, laquelle est confirmée par le médecin consulté à ce propos. En présence des dénégations de sa fille, la mère la conduit à l'Hôtel-Dieu où nous la voyons le 21 avril.

Examen de la malade. — C'est une jeune fille pâle, aux grands yeux brillants. Face et thorax sont Lrès amaigris alors que l'abdomen est proéminent comme pour une grossesse de buit mois environ. La peau du ventre est blanche, luisante avec réseau veineux superficiel sous-ombilical.

La palpation est douloureuse et donne la sensation de résistance élastique, Il y a de la matté en croissant, prédominant dans les flancs avec sonorité de la région périombilicale. La position n'influe guère sur le siège des zones de matité et la sensation de flot n’est perceptible qu'en certains points : l’ascile est donc cloisonnée.

L'examen des poumons décèle de petits frottements pleu-

raux à la base droite et les signes d’un épanchement léger à la base gauthe,

Re

Aux sommets, la respiration est rude en avant surtout à droite,

En arrière, ilexiste de la submatite des fosses sus-épineuses avec craquemeènts légers et peu nombreux à‘ gauche, quelques râles humides à droite.

On trouve aussi de petits ganglions, roulant sous le doigt au pli de l’aine droite et suivant la chaîne carotidienne gauche, Q

Le diagnostic de péritonite luberculeuse ne laisse aucun doute en raison des signes physiques, de l’évolution de la maladie et de l’état des poumons de notre jeune malade.

Dès l'entrée, le traitement recalcifiant est institué avec compresses chaudes humides sur le ventre, trois cachets de chaux el le régime lacté.

Evolution. — La température oscille pendant quelques jours au voisinage de 40° le soir, pour retomber le matin près de 38. Au bout de huit jours, les douleurs spontanées ont disparu, la jeune fille redevient gaie et demande à s’alimenter.

L'ascite est en partie résorbée, la palpatlion profonde décèle l'existence de plaques plus fermes au milieu de la masse élastique. Ces plaques sont irrégulières à contour peu net, et siègent dans les régions péri-appendiculaire et soushépatique.

Le régime alimentaire est progressivement augmenté. Au début de mai, une poussée se produit au niveau des poumons : l'auscultation permet d'entendre une pluie de râles humides au sommet droit et des râles moins nombreux à gauche.

Vers le milieu de mai, tout s'arrange et à partir du 27 la température ne dépasse plus 38% le soir, sauf de rares élévalions à 399. ,

Juin se passe sans autre incident qu'une poussée ganglionnaire au niveau de la chaîne carotidienne gauche. Des compresses chaudes humides sont appliquées au cou.

A partir du 1 juillet l'amélioration reprend progressivement, le ventre redevient souple dans toute la partie gauche,

JM:

mais il y a toujours de l’'empâtement dans l'hypocondre droit. En même temps, les signes pulmonaires se sont amendés, il reste seulement quelques sous-crépitants après la toux. Les forces reviennent, la petite malade si triste il y a trois mois, est gaie, pleine de confiance. Elle prend de l'embonpoint et demande à se lever ce que nous ne lui avons pas encore permis. :

Observation XIX (personnelle el inédite).

F... L... 30 ans, ouvrière de fabrique, entre à l’Hôtel-Dieu d'Amiens (salle Padieu), le 5 juillet 1916, pour troubles abdominaux graves.

Antécédents familiaux. — Père mort de laryngite tuberculeuse. ESS

Mère morte de suites de couches à 23 ans.

Un frère bien portant.

Mari réformé pour « faiblesse de constitution ».

Elle a une enfant de douze ans bien portante.

Antécédents personnels. — À eu une gastro-entérite dès les premières semaines de sa naissance : l'enfant ayant perdu sa mère avait été mise au biberon.

Jusqu'à l’âge de vingt ans, pas de maladie l’obligeant à garder le lit. À partir de cet âgeelle a présenté, à différentes reprises, des crises abdominales douloureuses avec ballonnement du ventre surtout après les repas.

Hisloire de la maladie. — Le 20 juin, la malade s’est trouvée indisposée comme au cours de ses crises habituelles, mais les douleurs ont été plus vives et une diarrhée abondante s'est installée accompagnée de quelques vomissements.

Elle a commencé à tousser et a eu des sueurs nocturnes.

La malade entre à l'hôpital le 5 et nous l'examinions le 6.

Son élal paraît grave : elle est fort amaigrie, ses traits sont. altérés, elle a un peu de subictère.

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