‹ Traitement de la péritonite tuberculeuse par la recalcificationChapitre 19 sur 25 · FN 7 RS · texte numérisé non relu

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entrées désespérées de leur état ne doutent plus de la possibilité de la guérison.

Grâce à une observation attentive lorsqu'il s’agit d'apporter une modification nouvelle dans le régime alimentaire, le malade tire rapidement profit de l’amélioration des fonctions digestives : il digère, et, par suite, il assimile les aliments dont il se nourrit : d’où, modification de l’habitus extérieur, reprise de l’embonpoint : ce qui a été très net pour notre malade de l'observation XIX entrée à l'hôpital presque cachectique.

Sur les dix-neuf cas que nous rapportons, nous trouvons dix-sept cas d'amélioration parmi ‘lesquels il y à des guérisons datant de plus d’une année. Parmi ces dix-sept, il y a eu, il est vrai, deux morts de tuberculose, l'un est mort de méningite (Obs. [), l’autre de tuberculose pulmonaire (Obs. XV), mais tous deux étaient restés guéris de leur tuberculose péritonéale.

Parmi les quinze autres, six sont sortis guéris, neuf sont encore ou en traitement avec possibilité de guérison ou sortis trop tôt, améliorés, mais commettant une grosse faute thérapeutique qui les expose à des rechutes ou à de nouveaux accidents tuberculeux.

Le malade de M. Courtellemont (Obs. [) est mort de méningite quinze mois après la guérison de sa péritonite.

MM. Courtellemont et Colin citent le cas d’une Jeune fille (Obs: IT) revue plus de deux ans après sa sortie de l'hôpital et jouissant d'une santé parfaite.

Mme Popperek a constaté une guérison se maintenant plus d’un an, ét Mlle Giraud une autre après dix mois.

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Le petit malade vu par MM. Courtellemont et Degouy a été revu très robuste un an après.

La malade de l'observation XII (M. Coustellemaat et Mme Liénart) n'avait pas eu de rechute du côté de l’abdomen après neuf mois de guérison.

Quant à la durée du traitement pour obtenir une amélioration sérieuse ou la guérison, Mme Popperek indique six] semaines à trois mois suivant les cas. Il nous semble que trois mois sont insuffisants pour les cas sérieux; elle-même, dans l'observation V, n’a constaté d'amélioration DRE qu'après sept mois de traitement suivi.

Il nous semble, d'après notre expérience personnelle, qu'il faut cinq à six mois dans les cas moyens, huit mois et plus dans les cas plus sérieux : le malade de l'observation XIV a été au traitement recalcifiant pendant un peu plus de huit mois etil est sorti de l'hôpital améloré et non guéri.

Il y a certainement des formes plus accessibles à l'action du traitement. Nous n’avons trouvé ou recueilli aucune observation de péritonite à forme ascitique : essentielle soignée par la méthode de recalcification, la plupart des cas traités sont des formes fibro-caséeuses avec ascite. E

Nous n'avons que deux observations de forme anascitique avec gâteaux, c'est celle de Mme Popperek (Obs. VIIT) et celle de MM. Courtellemont et Degouy Obs. XIIT). Ce sont.celles qui ont guéri le plus vite, et, la dernière surtout, celles qui ont été revues le plus longtemps après leur guérison.

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La forme avec ventre « pâteux » évolue différemment suivant le terrain; notre malade de l'observation XVII a guéri en moins de deux mois, mais nous ne l'avons pas revue. :

Les formes pleuro-péritonéales sont lentes à guérir ; mais celles observées ont toutes été améliorées et même guéries et revues après leur guérison (Obs. XII et Obs. XV).

Plus graves sont les cas compliqués de localisation pulmonaire; là aussi le traitement recalcifiant est tout indiqué et est même l’un des meilleurs : une interventon chirurgicale risquerait de tout perdre.

Nous nous rappelons, à ce sujet, une jeune malade, vue à l'Hôtel-Dieu d'Amiens, salle Padieu, en juin 1914, pour pleurésie gauche avec épanchement. Elle fut ponctionnée et sortit avec un excellent état général. Nous l'avons eue, un an plus tard, dans notre service, pour péritonite tuberculeuse avec ascite assez abondante et gâteaux, elle avait, en outre, une induration des sommets des poumons en voie de ramollissement à gauche.

Cette jeune fille avait été mise au traitement recalcifiant, mais, indocile, remuante, elle s’accommoda mal du régime de repos et de l'alimentation, elle réclama une intervention chirurgicale. Comme elle insistait l’opération eut lieu dans un service de chirurgie. Elle nous revint en médecine un mois après dans un état d’amaigrissement extrême, courbée en deux, avec un ramollissement extrêmement rapide des sommets. Elle quitta l’hôpital quelques semaines plus tard pour mourir chez elle.

Les formes avec localisation osseuse ou ganglionnaire LIÉNART &

LE RROEE

bénéficieraient également de la méthode de recalcification.

La jeune malade de la salle Padieu (obs. XVIII), a eu une poussée au niveau des ganglions inguinaux et cervicaux au cours de sa péritonite et en a très bien guéri.

Il ne semble pas que la durée du traitement et les résultats soient fort influencés par le sexe; ils le seraient plus par l’âge, et les enfants guérissent, plus rapidement que les adultes.

2% Comme nous l'avons noté au début, nous avons eu des cas nuls où la thérapeutique a échoué, c’est le malade de M. Courtellemont (obs. IIT) déjà cachectique quand le traitement a été institué; c'est notre malade (obs. XVI) dont la tuberculose péritonéale était secondaire à une tuberculose intestinale et pulmonaire. M. Courtellemont nous à parlé d’autres cas non publiés où le traitement avait complètement échoué parce que la péritonite bacillaire terminait un état de tuberculose cachectique dont l’origine était ailleurs que sur le péritoine.

Il existe aussi des cas où le traitement n'empêche pas la cachexie d’apparaître ou des manifestations de tuberculose extrapéritonéale de se déclarer.

3° Il nous reste à parler des cas exceptionnels où le traitement n’a pu être institué à cause des difficultés rencontrées dans l'application de la méthode, soit par suite de vomissements ou d'intolérance par les sels de chaux, soit par suite de diarrhée rebelle.

Mais tous ces cas non modifiés par le traitement ou . ceux où il n’a pu être appliqué sont beaucoup moins nombreux que les cas favorables. Rappelons que sur

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dix-neuf cas, deux seulement rentrent dans la catégorie des cas défavorables : les autres sont ou guéris ou heureusement modifiés par la méthode.

Nous coneluerons donc que si la recalcification n’est pas un (raitement spécifique — puisqu'elle s'adresse avant tout au terrain — et toujours efficace — puisqu'il y à des cas où le traitement échoue, elle n’en est pas moins une arme excellente, etles résultats sont vraiment remarquables dans les formes moyennes.

Dans les formes virulentes ou accompagnées de localisations extrapérilonéales, c’est un bon adjuvant avec lequel on obtient, le plus habituellement, une amélioration, à défaut de guérison définitive qui ne pourrait d’ailleurs être obtenue avec aucun des autres traitements proposés jusqu'à ce jour.

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