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CHAPITRE PREMIER HISTORIQUE

Le traitement de la péritonite tuberculeuse par la recalcification est de date relativement récente. 3

Les sels de chaux avaient été employés, d'abord de façon empirique, dès le xvimn® siècle par Fourcroy. Après lui, Quarin, Cohen (1832), Defontenay (1846), Despinay (1860), Hanemann (1870) continuent à les prescrire à leurs tuberculeux. Aulard, Dujardin-Baumetz et Halter notèrent la rareté de la tuberculose chez les ouvriers chaufourniers et essayèrent de traiter leurs malades par l'inhalation de vapeurs chargées de sels calcaires.

Citons encore Crighton, Rudolph, etc., et nous arrivons à Robin qui, en 18%, fit ses travaux sur la « Déminéralisation organique considérée comme une expression de terrain tuberculisé et probablement du terrain tuberculisable. »

L'emploi des sels de chaux sort alors du domaine de l'empirisme et, avec Ferrier, en 1904, naît la méthode de la recalcification. MM. Sergent, Renon, Courtellemont et autres appliquèrent cette nouvelle méthode avec succès; jusqu'alors elle n’était réservée qu'au traitement de la tuberculose pulmonaire ou à de rares loca-

lisations extrapulmonaires où ne figurait pas la péritonite.

C’est M. Courtellemont qui, le premier, appliqua le traitement de Ferrier à la cure de la péritonite tuberculeuse. Il fit connaître sa tentative heureuse dès 1907, dans une note publiée dans la Gazette médicale de Picardie, sur le Traitement de la tuberculose par la recalcificalion.

Le 1° juillet 1910, il appela à nouveau et plus particulièrement l'attention sur ce sujet, dans un travail fait en collaboration avec son interne M. Colin. Ces deux auteurs étudièrent au cours d'un article paru dans La Clinique, le Traitement de la péritonite tuberculeuse par la recalcification. Leur travail basé sur deux observations est le premier publié sur cette question.

Quelques semaines plus tard M. Colin publiait in extenso, dans sa thèse Traitement de la tuberculose par des sels de chaux (1), les deux observations précédentes datant l’une de 1907, l’autre de 1907-1908. Il y joignait une observation inédite de M. Courtellemont : celle d’un cas soigné sans succès par cette méthode. Il réservait dans son travail, un chapitre spécial à l'application de la méthode de Ferrier au traitement de la péritonite tuberculeuse. Dès ce moment, la question de cette thérapeu- . tique était donc bien posée, les premiers résultats en étaient connus. |

D'autres auteurs ne tardèrent pas à venir les confirmer. Le 19 novembre 1910, M. Sergent, dans un article

(1) Couin. Thèse de Paris, Juillet 1910.

de La Presse Médicale sur la Valeur thérapeutique de la recalcification dans la tuberculose pulmonaire, signale qu'il a employé ce traitement dans deux cas de péritonite tuberculeuse chez l’adulte, M. Courtellemont, dans une clinique faite à l'Ecole de Médecine d'Amiens, le 27 avril 1911, présentait un nouveau cas de péritonite tuberculeuse revue au bout de plus d’un an et soumise au traitement Ferrier. On trouvera son observation, restée inédite, dans notre thèse. (Observation xn).

Mme Proussenko, dans sa thèse Contribution à l’étude de la curabilité de la tuberculose et de son traitement «par la méthode de recalcification de Ferrier (1), se borne, en ce qui concerne la péritonite tuberculeuse, à citer les faits rapportés par MM. Courtellemont et Colin.

Le 9 février 1912, M. Maillet présente à la Société des Sciences médicales de Montpellier quelques observations sur l'emploi de la recalcification chez les enfants (2). Il rapporte, au cours de son exposé, une observation très intéressante de péritonite tuberculeuse à forme ascitique, à type pleuro-péritonéal, qui a été très améliorée par la méthode. Malheureusement l'obser-

vation n’a pu être prolongée suffisamment pour qu'on pût juger du résultat final.

Le 14 mars 1913, Mile Giraud publie à la Société des Sciences médicales de Montpellier, un cas de péritonite tuberculeuse, à forme ascitique chez l'enfant, traité avec succès par la recalcification (3). Cette obser-

(4) Mme Proussenko, {hèse de Montpellier, 23 décembre 1911. (2) In Montpellier médical, 1912. Tome F, page D39. (3) In Montpellier médical, 1913. Tome I, page 459.

PR à

vation prise dans le service du professeur Estor, est d'autant plus intéressante que l'enfant a été revu en parfait état de santé neuf mois après sa sortie de l'hôpital. :

Nous trouvons ensuite la thèse de M. Gustave Reymond, en mars 1913, Contribution à l'étude du traitement de la tuberculose et en particulier des tuberculoses chirurgicales par les méthodes de recalcification (1). L'auteur appelle l'attention sur cette bienfaisante méthode et s'étend assez longuement sur le traitement de la péritonite tuberculeuse par les sels de chaux. Il rapporte les observations de MM. Courtellemont et Colin ainsi que celles de M. Maillet et Mile Giraud; il en apporte une nouvelle, très intéressante : Cas d'une jeune fille traitée dans le service du professeur Tédenat et sur laquelle plusieurs interventions avaient été tentées pour localisations péritonéales diverses et qui n'enrayèrent pas la marche de la maladie : le traitement par la recalcification amena une sérieuse amélioration.

Un peu plus tard, le 25 juin de la même année, paraissait la thèse de Mme Popperek : 7raitement de la. péritonite tuberculeuse par la méthode de recalcification (2). Cette étude apporte, avec les trois observations de M. Colin, cinq observations inédites dont quatre de M. Sergent ou de son service. Cette thèse intéressante ‘fait connaître surtout la pratique et les résultats de M. Sergent. Nous avons regretté de n'y

(1) Gusrave REeymonp, fhèse de Montpellier, 15 mars 19183. (2) Mme Porrerek, thèse de Puris, 25 juin 1918.

LME

pas trouver mentionné, même à l'historique, le nom de M. Courtellemont.

Nous n'avons pas eu connaissance d’autres travaux depuis le travail de Mme Popperek, mais le traitement a été appliqué dans les services de médecine de l'Hôtel- Dieu d'Amiens, ce qui nous a permis de prendre des observations nouvelles. De son côté, M. Courtellemont l'a appliqué en ville à différentes reprises, et a bien voulu nous communiquer ses notes sur un petit malade vu par lui en clientèle avec M. Degouy, et d'autres, recueillies à l'un des hôpitaux auxiliaires de notre ville où 1l fut médecin-chef.

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