‹ Traitement de la Syphilis du Nouveau-NéChapitre 5 sur 18 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Si l’homme qui, dans un rapport malheureux, a contracté Ja syphilis, si la femme qu'a contaminée parfois inconsciemment son mari, inspirent aujourd’hui la pitié et nou le mépris, que doit-on penser de ce petit être issu ac parents syphilitiques, qui ne demandait peut-être qu'a vivre et dont :e berceau — quand, par hasard, l’enfant n’est pas mort-né — n’est trop souvent qu’un tombeau ?

Qu'on consulte à ce sujet les statistiques si consciencieusement et si solidement établies du professeur Fournier : elles sont effrayantes. D’après ces statistiques. les enfants issus d’un père syphilitique et d’une mére saine meurent du fait de la syphilis paternelle dans la proportion de { sur 4. Ceux qui naissent d’une mère syphilisée un certain temps avant la grossesse meurent dans la proportion de 15 °,. Enfin, sila mère estaffectée de svphilis récente, Ja proportion est énorme : sur 4% femmes vues par Fournier dans ces conditions, 43 ont donné des enfants mort-nés ou n'ayant vécu que quelques semaines, Un seul à survécu !

Ces chiffres, empruntés à un homme aussi compétent, ont, il nous semble, leur signification et leur éloquence. Encore n’avons-nous rien dit de la syphilis infantile acquise, moins fréquente, il est vrai, mais qui fait aussi beaucoup de victimes.

D'ailleurs, personne n’ignore plus aujourd’hui que la « vérole », puisqu'il faut l'appeler par son nom, est une cause puissante de dépopulation. Oui, nous croyons bon de le rappeler, sous la question médicale s’agite une question sociale, et, partant, éminemment pratique, dont le théâtre et la presse eux-mêmes se sont emparés.

Aussi bien, soucieux de son devoir, le médecin doit-il lutter avec énergie contre les ravages de la syphilis chez les nouveau-nés, de la syphilis infantile héréditaire surtout, qui est toujours une syphilis grave, puisqu'elle atteint presque inévitablement, avec le système cutanéo-muqueux, les viscères ct les os.

Pour nous, et en cela nous ne faisons naturellement que nous ranger modestement à l'avis de syphiligraphes distingués, nous pensons que la méthode la plus rationnelle, la plus propre, la plus intensive ct Ja plus conforme aux données actuelles de la science, est la méthode des injections intra-musculaires. Elle est, nous l’espérons, la méthode de l'avenir, c’est-à-dire celle qu’adoptera demain la jeune école dont nous sommes.

Nous avons divisé notre travail de la façon suivante :

EL — Ce qu'on doit entendre par syphilis du nouveau-né.

Il. — Historique des injections mercurielles chez l'enfant.

NE

I. — Arantages el inconvénients des différents modes d'administration du mercure dans la syphilis du noureuu-n6. — Supériorité de la méthode des injections.

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