EAUX THERMO-SULFUREUSES DES PYRÉNÉES
représentée'. On peut diviser, d'après M. Royer, ces eaux, sulfureuses françaises en trois classes :
I . Voici quelques détails sur le traitement institué contre la syphilis dans nos diverses stations thermales sulfureuses de France :
I. Je dois la note suivante à M. le docteur Ferras, de Luchon : « Bien que, depuis près d'un siècle, on ait voulu attribuer aux sources diverses de Luchon, et à son vaporarium, une sorte de spécialisation contre les accidents variés de la syphilis, il est juste d'ajouter que les eaux puissantes de Barèges, Ax, Cauterets et Uriage, peuvent rendre de très grands services à cette catégorie de malades.
« Syphilis moyennement sévères et très graves. — Luchon (Haute-Garonne).
— Altitude 625 mètres. Les sources, thermales et hyperthermales (26 à 64° cent, de 0gr01 à 08r07 de sull'uration par litre), offrent toutes les transformations du soufre : 1° Eaux blanchissantes, sorte d'émulsion soufrée, par précipitation du soufre; 2° sources polysulfurées, toniques et excitantes; 3° sources hyposulfilées, toniques et sédatives. Toutes dégageant spontanément de l'hydrogène sulfuré (H2S); quelques-unes très électrogènes. La médication sulfurée peut s'appliquer à tous les cas, depuis l'atonie très marquée, jusqu'à ceux où il existe de l'irritation nerveuse comme au début du-tabes. — Le bain en baignoire, ou dans les petites piscines (30-40-45 minutes de durée, à 35-36° cent. — en moyenne) ; la grande douche, tonique, excitante (à 38°-40"-42° centigrades, durée : 4-6-10 minutes) ; la boisson (50 à 200 grammes matin et soir), sont généralement prescrits à tous les malades.
« Quand on emploie les fortes doses hydrargyriques : 0t,r15-20 cent.de protoiodure; 0gr01 à 0st02 centigrade biiodure ; 6-8-10 grammes en frictions faites le soir, et qu'il n'existe aucune contre- indication cardiaque ou cérébrale, on prescrit avec avantage, 2 fois par semaine, l'étuve naturelle (vaporarium), située au voisinage des griffons de captage de Reine 55° et Bayen 64°, constituant une atmosphère fortement sulfurée de 40° à 42° cent. — Durée de ce bain de vapeur sulfuré 15-20 minutes.
« En outre, on réserve pour les accidents des voies aériennes la douche pulvérisée, et le humage — ou inhalation particulière de vapeurs sulfhydriquées de 30° à 43° centigrades, ayant de 6 à 30-40-50-60-80 et 90 milligrammes < 1" 1 1 2 S par mètre cube. — Durée de ce humage : 10 à 20-30 minutes, — I ou 2 fois par jour. Luchon est pourvu de humage naturel, parce que ses eaux sont seules (du groupe sulfuré) minéralisées par le sulfhydrate de sulfure de sodium. Toutes les autres stations sont minéralisées par le monosulfure de sodium plus fixe.
« Syphilis sévères. — Barèges (Hautes-Pyrénées), d 320 mètres d'altitude. — Type des eaux polysulfurées. Les piscines de cette station sont la base de la balnéolhérapie excitante de cette station, tout à fait indiquée dans les cas de syphilis grave chez des scrofulo-tuberculeux. — Ni étuve — ni humage.
« Syphilis moyennement graves. — Ax (Ariège), 715 mètres d'altitude. Station plus spécialement appropriée à la cure des affections rhumatismales. Possède cependant des sources fortes, voisines d'action de Luchon et Barèges;
— mais leur action est moins profonde sur l'économie. — On prescrit : bains,
— grandes douches, — boissons. — Piscines et étuve spéciale font défaut. — Humage inférieur — puisqu'il fournit 26 fois moins d'H2S que celui de Luchon.
« Syphilis moyennement graves également. — Cauterets (Hautes-Pyrénées), 900 mètres d'altitude. Sources plus spéciales pour le traitement des affections des voies aériennes, offre pour la syphilis des indications analogues à celles d'Ax. Les sources de Cauterets sont,' plus riches en liypnsullil.es ; — ni blanchiment, ni hydrogène sulfuré se dégageant spontanément : donc pas de humage naturel. — L'étuve et les petites piscines polysulfurées manquent.
c Syphilis moyennement graves. — Uriage (Isère). Sources participant des sulfurées et des chlorurées sodiques faibles. — Température n'étant que de 27° normalement, ces eaux se prêtent moins que celles des Pyrénées à la
EAUX TI1ERM0-SULFUHEUSES DK LA SAVOIE.
Les sulfureuses simples, généralement à faible minéralisation, mais à une liaule lhermalité qui leur donne des propriétés exci-
médieation de la syphilis. — Leur action locale est remarquable, leurs effets généraux inoins profonds que ceux observés aux Pyrénées. »
II. De l'action des eaux de liaynéres-de-Biyorre dans la syphilis. — « En thèse générale, m'écrit le Dr Gbabert (de Toulouse), médecin consultant à Bagneresdc-Bigorre, il importe de faire dans l'emploi des eaux de Bagnères le plus grand cas du terrain sur lequel la syphilis évolue. S'il s'agit d'un terrain névropathique, soit héréditaire, soit acquis, on est en droit de compter sur des résultats remarquables, non pas tant vis-à-vis de la lésion syphilitique proprement dite, que des réactions de l'organisme en présence du virus infectieux, lequel exerçant son action à la manière du traumatisme, d'une dépression morale, peut être la cause occasionnelle de phénomènes neurasthéniques et hystériques. Car, quoi que d'aucuns pensent, les accidents neurasthéniques, hystériques, apparaissant chez un sujet, en puissance de syphilis et à l'occasion de la syphilis, diffèrent si peu sensiblement des mêmes accidents observés en dehors de cette diathèse, qu'une distinction entre eux est chose des plus délicates, sinon impossible. Donc, considérées à ce point de vue, les manifestations nerveuses de la syphilis l'entrent dans la sphère d'action des eaux de Bagnères — sources de Salut, du Platane, — justement réputées dans le traitement des deux névroses. »
Lamalou (Hérault). — Ces eaux ferrugineuses, alcalines, chaudes (3o° c.) trouvent aussi leur indication dans la plupart des accidents nerveux émanant directement de la syphilis ou provoqués par elle. Les eaux de Lamalou, outre leur action si grande dans le rhumatisme nerveux, la chlorose, l'anémie, guérissent la névralgie, les névroses, les paralysies de toute espèce, surtoul celles qui tiennent à une affection de la moelle épinière, à toutes les espèces, à toutes les variétés des tahes, etc. — Beaucoup de syphilitiques à névropathies d'origine équivoque et plus ou moins cachétisés peuvent y être envoyés.
III. Nos eaux sulfureuses de la Savoie ont aussi une renommée universelle qui a sa raison d'être dans leur efficacité réelle contre la diathèse syphilitique et la plupart de ses manifestations. L'ensemble de leur lhermalité sulfureuse n'atteint pas le même degré que celui du groupe pyrénéen. Mais le coefficient de cette thermal! té ne donne pas toujours la mesure exacte de l'inlluence curafive.
Aix-lcs-Bains a une réputation qui ne le cède à aucune autre. Merlioz et Chai les nous rendent de non moins grands services dans le traitement de la syphilis. A Aix-les-Bains, où l'eau est relativement peu minéralisée, on se sert heaucoup de l'eau de Challes, en boisson, pour renforcer et compléter la cure.
Au sujet de Challes, voici quelques détails sur la pratique qui y est suivie el qui, du reste, est à peu près la même dans toutes les stations. Je la dois à M. Boyer :
« J'arrive, dit-il, grâce à l'eau de Challes, à l'aire prendre des doses considérables de mercure, dans certains cas spéciaux, où il importe d'agir vile el de frapper fort. Ma pratique est ainsi réglée : Je donne un jour d'avance au traitement hydriatique. Dès le lendemain, je lui adjoins le traitement mercuriel sous forme de frictions et alors aux doses successives de 4, C, 8, 10 grammes et même plus (par 24 h.), d'onguent napolitain. Les frictions représentent pour moi le meilleurmodc d'administration du mercure. Mais je ne parviens pas toujours à les faire accepter. Alors, j'ai recours au bichlorure, associé, en pilules, à l'extrait, thébaïque. Je débute par 2 centigrammes el, chaque jour, j'augmente celte dose d'un centigramme, jusqu'à production de l'effet thérapeutique. J'arrive ainsi à 6, 7, 8, 10 et même 12 centigrammes et je continue l'administration quotidienne de celle dose, pendant la durée du séjour des malades, la diminuant progressivement à la période ultime ».
Contrairement à Lambion, M. Boyer, loin de donner le mercure mêlé à