‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 550 sur 610 · BASES THÉORIQUES ET PRATIQUES DE LA PROPHYLAXIE · texte numérisé non relu

BASES THÉORIQUES ET PRATIQUES DE LA PROPHYLAXIE

calculer la puissance de contagion qui lui est propre, quelle voie suivre, quelle méthode adopter? L'éliologie, prise dans sa plus large acception, est notre meilleur conseiller et notre guide le plus sûr. La première condition pour prévenir ou atténuer une maladie quelconque, n'est-elle pas, en effet, la recherche de sa cause première et directe, puis l'étude et la détermination exacte de toutes les circonstances qui favorisent ou contrarient cette cause, la fortifient ou l'affaiblissent, la mettent en jeu, la neutralisent ou la détruisent? Telle est la vraie base de la prophylaxie et la source où elle doit toujours puiser ses inspirations, si elle ne veut pas s'égarer dans l'empirisme.

Mais là, moins que partout ailleurs, nous ne devons point rester dans le domaine de la spéculation pure. Aussi l'étude des moyens pratiques les plus propres à préserver l'individu, sa famille, son entourage et la société tout entière est-elle un corollaire impératif des idées prophylactiques.

Un autre, c'est la découverte des règles les plus sûres, les plus faciles, les plus simples et, en môme temps, les moins gênantes et les moins tyranniques, qui doivent présider à l'application de ces moyens.

Plaçons-nous à ces trois points de vue dans ces considérations générales sur la prophylaxie de la syphilis.

V. Le premier, qui comprend la cause essentielle et directe de la syphilis, restera toujours incomplet, tant qu'on n'aura pas découvert le microbe pathogène de l'infection. C'est un critérium qui nous manque pour affirmer ou nier d'une façon positive la virulence de tels ou tels liquides de l'organisme, aux diverses étapes du processus infectieux. L'expérimentation qu'on pratiquait autrefois sur une grande échelle, et sans les scrupules que nous avons aujourd'hui, nous a rendu à cet égard-là de réels services. L'observation de chaque jour ne nous fournit encore que trop d'éléments d'information, Assurément, de grands progrès ont été accomplis dans l'étude du virus lui-même, des foyers où il s'élabore et de lésions qui le sécrètent. Et pourtant, malgré toute la subtilité de nos analyses, nous en sommes encore à nous demander avec perplexité, si tel ou tel liquide de l'organisme, normal ou vicié par une tout autre cause que la syphilis, est ou n'est pas contagieux, et, s'il l'est, à quelle époque a commencé sa souillure et quand elle finira.

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Cette incertitude n'existe, point an même degré dans la théorie. Mais il sci a il dangereux do la suivre pas à pas quand il s'agit de prophylaxie. Nous devons nous affranchir de ses suggestions el faire toujours la part la plus large à l'imprégnation de l'organisme parle principe infectieux, et à La durée de cette imprégnation, même à travers les affections les plus atténuées de la diathèse. Pour moi, le pessimisme est une doctrine obligatoire en matière de prophylaxie syphilitique. Une suspicion incessante, en tout etindéfinimenl, me parait de plus en plus indispensable. C'est une sauvegarde qu'apprécieront sans doute, comme je lofais, ceux qui ont une longue pratique des maladies vénériennes. Que les précepLes prophylactiques qui découlent de ce pessimisme paraissent trop absolus à ceux qui doivent s'y soumettre , i*ien de plus naturel; mais nous qui sommes allés si souvent par profession au fond des choses, no pactisons jamais avec eux, et notre intransigeance préviendra bien des malheurs.

VI. Parmi les liquides de l'organisme chez les syphilitiques, prenons d'abord le sang, source de toutes les sécrétions normales et de tous les produits morbides. On supposait depuis long-temps qu'il contenait le principe contagieux. Ricord le niait : « Si l'on admet, disait-il, que le sang des syphilitiques peut donner la vérole, nous reculons jusqu'au quinzième siècle. » Eh bien, la preuve expérimentale en a été donnée, au mois de février 1860, par Pellizzari (de Florence) et elle a été reproduite fréquemment depuis cette époque. La clinique a confirmé les résultats de l'expérimentation. Il reste encore beaucoup à faire, car nous ne savons pas à quel moment précis ce liquide commence à être contagieux ni à quelle époque il cesse de l'être. L'cst-il pendant la période primitive? Pas au commencement, sans doute, mais peut-être vers la fin. L'esl-il vers la sixième, la huitième, la dixième année et au delà? C'esl peu probable. On admet avec raison que toute sa virulence a disparu dans la phase des productions gommeuses tardives.

La période où elle atteint son maximum est comprise entre les derniers jours de la syphilis primitive, à la veille de la généralisation des accidents consécutifs, et pendant toute la durée des poussées éruptives de la période secondaire. C'est contre les dangers de la contagion par le sang, durant les trois ou quatre premières années de la syphilis, que nous devons prendre des mesures prnphylactiques. Or. elles sont assez faciles, car ce mode d'infeGtion

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