CA.THÉTÉRISME DE LA TROMPE D'EUSSACHE. — CIRCONCISION
opération qui n'est pas courante ait si souvent contagionné? Ceux qui cathétérisent la trompe n'ont donc aucune notion des dangers qu'ils font courir. Leur incurie pour la propreté de leurs sondes est vraiment inconcevable.
Et, comme contraste, un autre fait tout aussi inconcevable, c'est l'extrême rareté de la contagion syphilitique par l'intermédiaire des instruments dont se servent les dentistes. Pour ma part je n'en ai pas vu un seul exemple. Il y a longtemps que j'en suis fort étonné.
Cette absence, ou tout au moins cette rareté très grande de la contamination syphilitique, malgré la multiplicité de tant d'instruments qui opèrent dans un des foyers les plus dangereux de la syphilis, ne sont-elles pas faites pour surprendre? Tout l'honneur en revient-il aux dentistes? Oui sans doute; mais peut-être aussi les gencives sont-elles un terrain moins favorable que l'isllime et la trompe d'Eustache à l'implantation des chancres1?
II. Syphilis circoncisionalc. La circoncision a souvent donné lieu à de véritables endo-épidémies sypbilitiques, en Pologne, en Turquie, chez les Kabyles, dans beaucoup de pays juifs et musulmans. Ricord en a vu une à Paris. L'opérateur ou mohcl transmet la syphilis par des instruments malpropres ou mal essuyés après chaque excision sur une série d'enfants. 11 l'a transmise souvent aussi en portant à sa bouche, suivant certains rites religieux, l'organe saignant de l'enfant, pour étancher le sang au moyen de la succion. Et s'il n'était pas syphilitique, il l'est devenu quelquefois par cette succion; puis il a infecté d'autres opérés, etc. On devine par quels ricochets se crée, en pareil cas, un foyer syphilitique. 11 est probable que les dangers syphilitiques résultant de la circoncision ont diminué et qu'ils finiront par disparaître, quand on se donnera la peine de nettoyer et d'aseptiser les instruments, et surtout quand on renoncera à la succion comme moyen hémostatique.
I . En novembre 1889, M. le docteur Lancereaux communiqua à l'Académie de médecine deux cas de Iransmission delà syphilis par des instruments malpropres : l'un se rapportait au cathétérisme delà trompe d'Eustache, et l'autre à des opérations pratiquées par un dentiste, chez une dame, pour la pose d'un râtelier. Au sujet, de ce dernier fait et de beaucoup d'autres, M. Magitot Qt observer que c'est l'antisepsie au bichlorure de mercure qui offre seule des garanties
sérieuses, mais qu'il sciait peut-être dangereux de l'exiger des dentistes, des
coiffeurs, etc., et de leur confier des doses considérables de ce sel.
L'implantation des dents à laquelle on revient, et qui fut en grande faveur à Londres, au siècle dernier, a été signalée comme une cause de iransmission syphilitique.
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770 INSTRUMENTS LES l'LUS DANGEREUX GOMME CONTAGION SYl'HIUTIul'E.
III. Paniii les instruments de chirurgie les plus dangereux, il faut mettre en première ligne ceux dont on se sert habituellement dans les foyers où se produit avec le plus d'abondance et d'activité le virus syphilitique : organes génitaux, bouche, anus. Combien de fois, par exemple, le spéculum n'infecterait-il pas dans les hôpitaux et la pratique civile, si, avant de s'en servir, on n'employait pas les plus minutieuses précautions de propreté et d'antisepsie? Nul doute qu'il n'ait fait de nombreuses victimes. Les canules d'irrigaleurs el de seringues exposenL au même péril. Une femme, à qui M. Jullien donnait des soins, fut çontagionnée par la canule d'une seringue qu'elle avait empruntée à une de ses amies atteinte de syphilis.
Le crayon de nitrate d'argent, dont nous nous servons si fréquemment pour cautériser les chancres infectants et les plaques muqueuses, peut-il transmettre la syphilis? On serait tenté de répondre négativement. N'csl-il pas probable, en effet, que le liquide virulent resté sur la surface humide du crayon est rapidement neutralisé ou détruit par le nitrate dissous? Sans doute ; mais il y a quelquefois, sur le crayon, des rugosités qui ne sont pas du nitrate et sur lesquelles les produits de sécrétion conserveront peut-être leur virulence. Et puis, les pinces de l'instrument ne peuvent-elles pas en être souillées? Je crois bien que ce mode de contagion est relativement rare. Plusieurs syphiliographes l'admettent; je suis de ce nombre, car j'ai vu un cas, un seul il est vrai, où la transmission par cet instrument me parut indéniable, aucune autre circonstance étiologïque, si scrupuleusement recherchée qu'elle fût, n'ayant pu me l'expliquer. 11 faut donc nettoyer le crayon avec autant de soin que tout autre instrument, surtout quand on vient de s'en servir depuis peu; et le meilleur moyen pour cela c'est de le passer, ainsi que sa pince, sur un tampon d'ouate imbibé d'eau.
Les lancettes, les serre-fines, les aiguilles à suture, les pinces hémostatiques, les sondes cannelées, les ventouses scarifiées, les cathéters, les bougies élastiques, les abaisse-langue, el en général, tous les instruments explorateurs, etc., alors même qu'ils n'entament pas les tissus, peuvent contagionner, s'ils sont souillés de virus syphilitique. Del Greco a vu la syphilis succéder à l'emploi du petit pinceau métallique d'un appareil électrique; elle débuta par un chancre au mollet '.
i. La Qreffe dermo-épidevmiquc, si employée aujourd'hui, peut donner la syphilis :« Pour activer la cicatrisai ion d'une immense période substance,
CONTAGION MÉDIATE PAR LES OBJETS DE TOILETTE, l'AR LE RASOIR. ETC. 771