NTAC 1 0 X SYPHILITIQUE EXTRA.-GÉN 1TALK
Les contaminations par les organes sexuels, élant les plus fréquentes de toutes, ne laissent guère rien à deviner. Aussi leur prophylaxie se réduit-elle à des mesures de prudence ou, mieux encore, à une abstention systématique de rapports sexuels, quand ils ne paraissent pas présenter toutes les garanties que l'on peut souhaiter.
Bien autrement instructives et saisissantes sont celles qui, en dehors des organes génitaux, ont pour domaine Loute la surface tégumentaire. Avec quelle évidence ne démontreront-elles pas les dangers d'une infection qui, pouvant se produire dans tous les actes de la vie, deviendrait inévitable, si nous n'en révélions pas les surprises et les mystères!
Dans sa thèse inaugurale (1887), le Dr Nivet a publié la statistique la plus étendue qui eût été faite des chancres extra-génilaux. Elle comprenait 581 cas ainsi répartis sur les différentes parties du corps : chancres céphaliques 71 pour 100, du tronc 18,2 pour 100, des membres 9,3 pour 100, du cou, 1,2 pour 100. L'année suivante, M. le D'- Morel Lavallée en donna une de 45 cas, qui lui était personnelle, et où la répartition était: chancres céphaliques 62,5 pour 100, du tronc 25 pour 100, des membres 8,33, du cou 4,17 pour 100. Peu importent les variations qu'on observe dans la topographie ; c'est toujours la tête qui occupe le premier rang comme lieu d'éleclion pour les chancres extra-génitaux.
Chez la femme, le chancre est extra-génital bien plus souvent que chez l'homme : 100 chancres génitaux contre 25 extra-génitaux (Clerc et Carrier); 100 chancres des parties sexuelles contre 16 situés en dehors de ces régions (A. Fournier). Chez l'homme, au contraire, les chancres extra-génitaux ne sont, par rapport aux chancres des parties génitales, que dans la proportion de 3 à 6 contre 94 ou 95 environ. La raison de cette fréquence relative du chancre extra-génital chez la femme est facile à trouver. N'existe-t-il pas, en effet, pour la contagion dans le sexe féminin, des voies qui ne lui sont pas ouvertes ou qui ne s'ouvrent qu'exceptionnellement chez nous? De ces voies de contagion, quatre surtout sont à signaler : la bouche, le sein, l'anus et les régions périgénitales.
M. If professeur Pospielov, de Moscou, a relevé 198 cas de chancres extra-génitaux à Moscou, Cronstadt, Riga, Samara, Kazan. Le premier fail intéressant est l'énorme proportion des cas observés chez la femme : 146 chez elle contre 52 chez l'homme. Le deuxième, c'est que la cavité buccale est de beaucoup la région la plus souvent atteinte. LeD'' Pospielov ne croit pas que le coilus ab ore soit la cause de cette prédominance. En cela, il s'éloigne de l'opinion génôi'alcment admise dans d'autres pays. Pour lui, la syphilis buccale des femmes, en Russie, appartient à la catégorie des syphilis insonlium et se contracte par contagion médiate. Lis lailleuses. les modistes se servent pour leur industrie d'objets qui ont pu être contaminés par leurs camarades syphilitiques. Qu'on y