LA RAPIDITÉ DU L'ACTION CUHATIVE N'IMPLIQUE PAS SA DURÉE
monic, de fièvre typhoïde ou d'une maladie aiguë quelconque emportant tout l'organisme dans un mouvemenl violent de sj nergie réaclionnclle. En quatre ou cinq jours, les lésions cutanées ou muqueuses les plus étendues entrent en résolution, disparaissent, comme par enchantement, et sont balayées, à vue d'œil, des tissus dont des semaines et des mois de traitement mercuriel ordinaire n'avaient pu les expulser. L'eiïet thérapeutique de la fièvre et de L'affection locale, dont elle est l'expression symptomalique la plus frappante, suffit pour arrêter presque instantanément toutes les manifestations de la syphilis, fussent-elles en pleine période ascensionnelle ou au point culminant de leur travail anatomopathologïque. La source virulente qui les alimentait semble tarie, leur énergie morbide locale est brisée. Le terrain où elles poussaient, avec une exubérance irrésistible, remué jusque dans ses profondeurs par la pyrexie, leur devient tout à coup hostile, et elles s'y flétrissent comme une plante arrachée du sol. Un pareil spectacle, dont j'ai souvent été le témoin, est digne de nos méditations.
Certains résultais thérapeutiques obtenus par les modes d'introduction qui jettent brusquement dans l'organisme une forte dose d'hydrargyre se rapprochent, mais sans les atteindre, de ces guérisons merveilleuses.
Eh bien, ne serait-il pas logique de supposer que l'action préventive, en pareil cas, ne se montrera pas inférieure à l'action curative ? Pourtant il n'en est rien. Après la guérison par les pyrexies, les accidents reparaissent tût ou tard, souvent sous les mêmes formes etavec autant d'intensité. N'en faut-il pas conclure que la destruction des œuvres vives de la diathèse, même quand elle se produit sous la forme d'une espèce de cataclysme dépuratif sans rémission, n'implique nullement que sa puissance de nuire ultérieurement soit diminuée et, encore moins, anéantie?
Et pourtant n'est-ce pas cette action préventive que prônent toujours les partisans des méthodes violentes du traitement hydrargyrique par rapide sursaturation? Qu'ils s'en tiennent donc à chanter victoire pour le résultat immédiat de l'action curative. Mais qu'il fassent leurs réserves sur l'avenir.
II. Je considère, en effet, la question des récidives, que chacun tâche de résoudre h l'avantage de sa méthode et avec des statistiques plus ou moins incomplètes, comme une des plus obscures et