VOIES D’ÉLIMINATION DU BISMUTH
Le bismuth, introduit dans l’économie par voie sous-cutannée,
s’élimine assez rapidement par les reins, les glandes salivaires, la paroi intestinale, Le foie, la peau, les glandes mammaires.
Dans leurs expériences, Steinfeld et Meyer observaient une élimination rapide du bismuth à travers les reins, puisque 10 à 15 heures après l’injection ils ne retrouvaient plus ce métal dans l’urine; cela tient sans doute, au peu de sensibilité de la méthode de recherche
qu'ils employaient. Nous n’avons pas noté une élimination aussi
accélérée du bismuth par voie rénale, et nous n’avons pu mettre le métal en évidence que das l’urine émise 18 heures après une injec-
tion de 0 gr. 20 de citrate et 24 heures après injection d'une dose de
composé bismuthique insoluble. Jusque là les différentes émissions ne contenaient pas de bismuth. Il est vrai que nous n’injections pas des doses aussi élevées que Steinfeld.
En outre, la durée de l’élimination nous est apparue plus prolongée, que ne l'avaient observé Steinfeld et Meyer. Balzer l'avait déjà signalé. Cet auteur, en effet, constatait encore la présense du busmuth dans l’urine 17 jours après la dernière injection de citrate chez un chien. Personneliement, chez un malade ayant reçu 1 gr. 50 de bismuthotartrate, nous avons retrouvé la présence du bismuth pendant 20 jours après la dernière injection, ce qui montre l’action prolongée du médicament lorsqu'on a cessé son administration.
Dans leur premier mémoire, Dalché et Villejean ont signalé la coloration noire que prend l’urine des animaux soumis aux injections de bismuth. Chez un certain nombre de nos malades, traités par des
injections intramusculaires de composés bismuthiques, nous avons :
remarqué le même fait et nous avons pu constater que le dépôt noir,
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abandonné par l’urine est constitué par du sulfure de bismuth. Il est à noter, qu’à l'émission, l'urine présente une coloration normale ; elle ne devient noire qu’au bout d’un certain temps. Si l’on stérilise l'urine alors qu’elle possède encore sa couleur normale, on peut la conserver telle quelle, que l’on se place à l'abri de l’air, ou en présence d'oxygène, alors qu’un témoin, abandonné à lui-même se colore en noir. Ce fait nous conduit à émettre l'hypothèse que le bismuth s’éliminerait sous forme d’une combinaison (indoxylsulfate de bismuth, en partie, car ces urines renferment souvent des quantités notables d’indol) qui abandonnerait le métal à l’état de sulfure sous l’influence d'agents microbiens.
Dalinsky a observé la présence du bismuth dans la salive d’animaux soumis à des injections de composés bismuthiques. Notre collègue et ami Aubry a confirmé, chez nos malades traités par les mêmes injections, le fait signalé par cet auteur.
Le tube digestif est une voie importante, au point de vue de :
l'élimination du bismuth. C’est surtout au niveau du gros intestin, et à l’état de sulfure, que se fait l’excrétion, ce qui explique la coloration noire de cette partie du tube digestif, constatée par tous lesauteurs.
Steinfeld et Meyer, ayant fait absorber des préparations sulfureuses à leurs animaux en expérience, ont trouvé que l'élimination du bismuth au niveau du tube digestif est considérablement accéléré. De ce fait on est en droit de conclure, au point de vue du traitement, qu’il y aurait intérêt à ajouter aux injections de bismuth, l’emploi d’eau sulfureuse ou de préparations sulfurées. Cette méthode est bien connue dans la cure de la syphilis par le mercure.
Voulant vérifier l'élimination du bismuth par la voie intestinale, nous avons recherché la présence de ce métal dans les matières fécales et nous avons obtenu un résultat positif. La bile il est vrai, comme nous l'indiquons plus loin, contient du bismuth, ce qui pourrait expliquer la présence de ce métal dans les fèces, mais la quantité de bismuth que nous y avons trouvée n’est pas suffisante pour expliquer
lintensité de la réaction que nous avons obtenue avec une faible proportion de gardes-robes.
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Balzer, dans la bile qu’il retrouvait, à l’autopsie, en quantité
abondante dans l'intestin des animaux soumis aux injections de citrate,
a signalé la présence du bismuth. Grâce à la technique indiquée par M. le Professeur Carnot, nous avons prélevé de la bile dans le duodé-
num d’un malade traité par le tartrobismuthate, et nous avons pu y
mettre le bismuth en évidence.
Nous avons également recherché la présence du bismuth dans la .
sueur. Nous avons injecté au préalable 0 gr. 010 de nitrate de pilocarpine pour obtenir une excrétion sudorale abondante ; la sueur était recueillie sur de l’ouate placée dans les creux axillaires. En suivant la technique que nous indiquons plus loin, nous avons constaté la présence du bismuth dans le liquide sudoral.
Chez un malade atteint de méningite syphilitique, et a qui ont avait pratiqué 3 injections de 0 gr. 20 de bismuthothartrate, la ponc-
tion lombaire nous a fourni un liquide céphalo-rachidien qui renfer-!
mait du bismuth.
Le bismuth se trouvant ainsi éléminé par différents organes, nous devions le retrouver dans le sang. Bergeret et Mayençon avaient signalé la présence du bismuth dans le sang des animaux morts intoxi-
qués par ce métal ; nous l’avons recherché dans le sang circulant et
l'expérience a nettement confirmé notre attente.
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