‹ Traitement de la tuberculose ganglionnaire cervicaleChapitre 16 sur 56 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Les sérums dans la cure de l’adénite bacillaire.

Il réssort de l’étude dés observations parues dans ces dernières années, des dernières réunions scientifiques qu’il n'existe pas de sérothérapie de la tuberculose à l'heure actuelle. Nous ne possédons pas de remède spécifique contre la tuberculose. Ce n’est pas ici le lieu de reprendre l’histoire de l'étude des sérums antituberculeux: nous nous contenterons de rapporter les résultats donnés par le sérum de Marmoreck d’une part, par le sérum d'Arloing, d'autre part, parce qu'ils sont les plus connus. M. Jousset pourtant, expérimente et fait usagé d’ün nouveau sérum dont les effets semblent parfois remarquables : nous ne l'avons pas employé au cours de l’adénite bacillaire ; etil est encore à l'étude, et son auteur est un $avañt trop conscencieux pour publier des résultats préma-

turés.

$ 1. — Sérum de Marmoreck:

Les lésions sont d'autant plus rebelles qu’elles sont plus anciennes, ce qui s'explique par le peu d'action d’une médication, quelle qu’elle soit sur une lésion sclérèuse, organisée.

La voie sous-cutanée et la voie rectacle peuvent être employées. Frez, de Davas, les associe.

PR oc

Par voie sous-cutanée on injecte à chaque fois 5 centimètres cubes de sérum, et tous les deux jours on recommence, jusqu’à 50 ou 60 fois.

Par voie rectale on injecte 5, 10,20 centimètres cubes tous les jours. Il faut injecter très haut le sérum.

Les accidents sont rares par voie rectale, plus commun par voie sous-cutanées. Ce sont des érythèmes, orties ou scarlatiniformes, de plus ou moins grande durée. Après les injections sous-cutanées on peut observer des tuméfactions très pénibles pour le malade, au niveau de la pi-

qûre. Cela même peut obliger à cesser le traitement.

Quelqu’ait été le mode d’action du sérum de Marmoreck il semble avoir eu une action dans un grand nombre

de cas de tuberculose ganglionnaire. Nous citerons seule-

ment les observations et leurs auteurs, regrettant de n'avoir pas eu le temps d’acquérir une expérience personnelle des résultats de cette méthode, sans doute utile adju- vant de la médication générale ou bacillaire.

Dubard, de Dijon obtient dans deux cas de bons résultats, en 1905. :

Van Huellen en 1906 traite quatre adénites, a trois guérisons et un insuccès.

Ulmann en 1906 améliore deux adénites, en guérit cinq et n’a pas d’insuccès.

G. R. Rubenstein, de Kew, tout en considérant le sérum comme un agentnon spécifique, traite et améliore une: adénite bacillaire.

H. M. Hymons et Polak-Daniels guérissent deux ganglions en 1907. |

- Wohlberg, cette même année essaye quatre fois le sérum de Marmoreck et a quatre échecs.

ST

Mori améliore beaucoup trois adénites en 1908.

P. Glaesner obtient une grande amélioration dans deux cas. | Le

Straus emploie le sérum après extirpation des ganglions. Il obtient un résultat remarquablement rapide.

E. Weïn a une statistique moins optimiste, car s’il guérit sept ganglions, huit sont seulement améliorés et trois sont nettement agoravés :

Comme on le voit le sérum de Marmoreck a donné des résultats. Mais étant donné que les malades traités étaient en même temps soumis soit à la cure d’altitude, soit au moins à la surlimentation, il est difficile de dire la part de la médication dans les résultats obtenus.

$ 2. Sérum d'Arloing.

MM. Arloing et Dumarest ont dans quatre cas, traité par leur sérum des malades atteint de tuberculose ganglionnaire.

Ces auteurs injectent chaque jour sous la peau, un centimètre cube de leur sérum.

Les résultats obtenus dans la cure des adénites bacillaires sont vraiment peu encourageants.

Un malade est traité par 45 injections de sérum. Il présente une réaction locale et générale et est très amélioré.

Trois autres sont soumis à la médication sans aucun résultat. L'un d’eux subit le traitement durant six mois: le nombre des injections pratiquées n’est pas rapporté.

Les deux autres recoivent chacun six injections, en 21.

et26 jours.

Encore qu'ils soient peu encourageants, nous tenons à donner les résultats de la sérothérapie, parce qu’il est probable que c’est elle qui nous donnera le remède antituberculeux cherché,

Il convient de ne pas s’abuser sur la valeur des sérums dont nous disposons actuellement, aucun n'étant un agent spécifique antituberculeux : sans doute leur action est due à une modification heureuse du milieu humoral.

Par malheur ces méthodes à actions mystérieuses sont fertiles en déboires, it

Tantôt, dans des cas comparables, elle donne des ré- | sultats excellents, tantôt leur action est nulle, tantôt elle est nuisible.

On sait depuis longtemps qu'il n’est pas indifférent d'introduire dans l'organisme par voie sous-cutanée une substance quelconque.

L'action des solutions hypertoniques comme modificateur de l'état général est aujourd'hui bien connue. Souvent, nous avons, dans le service de M. Darier, pratiqué de telles injections en des cas précis, avec d’heureux résultats au cours de syphilis malignes.

Mais si chez certains malades débilites, chez certains syphilitiques anémiés, fatigués à l'extrême par la maladie et la misère, on sait au moyen de telles solutions, donner un coup de fouet à l'organisme, il est beaucoup de cas où ‘une telle médication n’est nullement indiquée, Nous n’oserions l’instituer chez des tuberculeux ganglionnaires, qui ont parfois des réactions thermiques marquées et chez lesquels nous ne pouvons prévoir l’action de tels agents thé-

rapeutiques.

Le

Al —

I est un liquide en ce moment fort en vogue, mais dont nous ne nous sommes point hâtés de profiter pendant qu’il est encore à la mode: c’est le liquide de M. Quinton. Partant d’une théorie séduisante, M. Quinton a fait connaître

par divers moyens, un liquide qu’il qualifie « plasma » et

dont l’action bienfaisante est si étendue qu'elle s'exerce

sur tout le domaine de la pathologie depuis la gastroentérite du nourrisson jusqu’à l’eczéma du vieillard. Nous avons vu diverses applications thérapeutiques de ce liquide précieux, mais avec des résultats si inconstants, et plusieurs fois si désastreux, que nous n'avons pas jugé utile de l’expérimenter au cours de l’adénite bacillaire, Aussi bien, nous préférons ne pas cacher combien il nous répugne d’avoir recours à des médications aveugles, inconstantes, aux résultats si différents d’un malade à l’autre et même d’un jour à l’autre chez un même malade, Nous pensons que pour les expérimenter, il convient d'agir avec la plus grande prudence, sans trop espérer sur des résultats d'autant plus attendus parfois qu'ils sont plus inexplicables,

Page 1