‹ Traitement de la tuberculose infantile par le ThiocolChapitre 4 sur 22 · MONSIEUR:LE PROFESSEUR POUCHET · texte numérisé non relu

MONSIEUR:LE PROFESSEUR POUCHET

Mémbre de l’Académie de médecine

Offic'er de la Légion d'honneur

Introduction

Le traitement hygiénique et climatique occupe aujourd’hui le premier rang non seulement dans la tuberculose des adultes, mais aussi dans celui de la tuberculose infantile. Bien que la cure à l’air libre füt déjà préconisée dans l'antiquité, on n’a pas cessé jusqu’à ce jour à chercher des médicaments contre la tuberculose.

Grâce aux travaux de Bennet. de Brehmer, de Dettweiler, etc, le traitement hygiénique et aéro-thérapique de la tuberculose a, il il est vrai, atteint à notre époque un dégré de développement assez notable ; néanmoins un grand nombre d’auteurs s’adonnent avec insistance à la recherche de préparations pharmaceutiques qui, soit à elles seules, soit asso- ” ciées à un régime approprié, puissent favorablement influencer un organisme pas trop déchu. Il y a encore plus : malgré les progrès incessants de la climatothérapie et du traitement hygiénique de la tuberculose. les recherches des substances anti-tuberculeuses

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n’ont fait qu'augmenter sans interruption. Cela tient, d'une part, à ce que les effets du traitement hygiénique ne sont pas toujours satisfaisants et, d'autre part, au nombre restreint de sonatoria qui ne suffiront jamais au grand nombre de phtisiques.

Ce sont la créosote et ses dérivés qui, à l'heure actuelle, jouent toujours le rôle le plus important dans la thérapeutique médicamenteuse de la tuberculose ; et aujourd’hui encore on peut dire de la créosote ce que Monsieur Bouchard en a dit si justement, il ya 25 ans : ( Parmi tous les remèdes proposés contre la phtisie pulmonaire, ce que nous avons le moins mauvais, c’est la créosote. » Nous verrons plus tard qu'ils’agit seulement de trouver une bonne préparation de créosote pour être autorisé à proclamer ce médicament non seulement comme étant le moins mauvais, mais même un des meilleurs proposés dans ce dernier temps pour le traitement de la tuberculose.

En effet, la créosote, ou pour mieux dire, les créosotes du commerce sont des produits impurs. Ces huiles lourdes, produits de distillation des goudrons de différentes essences végétales, en particulier du hêtre, sont des mélanges d’apparence oléagineuse, d’une forte odeur spéciale de résine, à saveur âcre, caustique, insolubles ou peu solubles dans l’eau, solubles dans l'alcool, les huiles et dans la glycérine. La composition des créosotes varie suivant les goudrons

dont elles dérivent et suivant la manière dont la dis-

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tillation a été conduite. En général la créosote contien 40 p. 100 de phénol, 25 p. 100 de gaïacol et 35 p. 100 de créosol.

Malgré son odeur désagréable, sa causticité et sa toxicité, la créosote introduite dans la thérapeutique en 1874 par Boucaro et GIMBERT, a joui et jouit encore d'une grande faveur. Rien ne caractérise mieux le rôle de la créosote dans la thérapeutique de la tuberculose que les mots suivants de M. Marran (1) :

« Et d’ailleurs, il faut bien le dire, de tous les essais tentés, quand même il ne resterait que la créosote et ses dérivés, les mins mauvais des agents réputés antiparasitaires, ce n’est déjà pas un résultat à dédaigner » (Traité de médecine par Charcot, Bouchard et Brissaud, Tome IV).

Mais à côté de ses grands avantages, la créosote possède des inconvénients, qui en empêchent souvent l'emploi. Ces inconvénients sont:

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