OBSERVATION I
J. A..., 23 ans, soldat au 92e de ligne.
Père mort de maladie inconnue. Mère âgée, bien portante. 2 frères en bonne santé.
Petite vérole à 3 ans. Bon état de santé habituel.
Entre à l'hôpital le 23 mars pour une pneumonie double. 2 jours après érysipèle de la face qui guérit en 43 jours. L’érysipèle terminé, le malade accuse un soir un violent point de côté, et sa température monte à 40°. Râles sibilants et ronflants disséminés, matité à la base gauche. Quelques frottements. Le surlendemain, signes d’un épanchement pleurétique gauche assez considérable. Dyspnée intense.
Le 10 avril on lui fait la thoracentèse et on retire environ 3 litres 1/2 d’un pus épais, couleur café au lait, très fétide. L'examen microscopique n’y fait découvrir ni streptocoques, ni bacilles de Koch mais des pneumocoques en quantités innombrables.
Lavage avec 8 litres d’eau boriquée. Légère amélioration. La fièvre tombe pendant 2 jours à 38°. Le 20 l’épanchement s’étant reproduit, nouvelle ponction, puis empyème après anesthésie locale avec la cocuïine, ? gros drains, lavages avec 10 litres d'acide borique additionné d’un peu de liqueur de Van Swieten renouvelés tous les jours.
La suppuration est toujours très abondante et fétide. Le 30 avril on commence à lui faire des piqûres de créosote (4 gr. par jour). Le 3 mai l'écoulement semble moins abondant. Lavage à l'acide borique et pansement occlusif laissé en place pendant 6 jour$. Température vespérale 38°.
Le 9 mai on lève le pansement. Nouveau lavage, le pus à perdu sa