DES
Acare. — (Voir Gale.)
Achorion de Schonlein. — (Voir Favus.)
Achromatose. — (Voir Pigment.)
Achromie. — (Voir Pigment.)
Acrochordon, ou Achrochordon. — (Voir Molluscum.)
Acné. — On comprend généralement sous le nom d’acné la plupart des lésions et troubles fonctionnels des glandes sébacées, mais nous ajouterons des follicules sébacéopilaires, ainsi que de l’atmosphère épithéliale ou conjonctive de ces follicules. Ainsi compris, le terme générique d’acné s’applique à une série d’affections dont il est impossible de donner actuellement une classification exempte d’objection: aussi nous contenterons-nous de faire une simple énumération des variétés suivantes qui constituent pour nous l’acné telle qu’elle doit être généralement comprise :
1° L’acné vulgaire inflammatoire de Vidal et Leloir,
ACNÉ
(h minée de Kaposi, qui comprend de très nombreuses
formes; , , ,
2o h'actié rosée ou rosacée ou érythemateuse ; couperose, goutte rose.-A. télangiectasique hypertrophique, rhinophyrna, etc.; , ■ ^
30 L’acwé non inflammatoire qui comprend l acné comédon, l’acné miliaire ou milium, l’acné cornée;
40 Les acnés pilaires de E. Besnier et Boyon, qui comprennent ;
A. - Acné pilaire de Bazin. — A. vartoli forme des auteur sallemands. — A. rodens de Leloir et Vidal. — A.a cicatrices déprimées de Besnier et Boyon.—A. frontale ou nécrosique de G. Bœck. Impétigo rodens de Bevergie, etc. ;
B Acné pilaire cicatricielle dépilante. A. decal-
mnte de Bailler. - Sycosis chronique prolongé permanent des anciens auteurs. — Folliculites et périfolliculites agminées destructives du follicule pileux de L. Brocq. — Variété des folliculites des régions velues de Quinquaud, etc.
G Acné chéloïdienne ou chéloïdique, — Cheloide
acnéique de lanuque,etc.;
Les autres affections cutanées auxquelles on a donne la dénomination d’acné qui trouveront leur place ailleurs sont les suivantes :
1 » Acné sébacée séché, fluente, concrète, etc. (Voir
Séborrhée) ; ' , • „ ■
20 Acné cancroïdale sénile ou sébacee partielle (Voir Adénomes sébacés);
3 » Acné syphilitique ou syphilide acnéique ;
40 Acnémolluscum contagiosum deBateman. — A. va-
riolif orme de Bazin (Voir Molluscum)', , ,,
5 » Acné atrophique de Chaiisit (Voir Lupus érythémateux) ;
ICNÉ
I. Acné vulgaire inflammatoire de Leloir-Vidal, disséminée de Kaposi. C’est la forme la plus fréquente ; elle comprend en effet les nombreuses variétés suivantes ; A. simple, ponctuée, à petite papule, pustuleuse, pustuleuse profonde, indurée, tuberculeuse, phlegmoneuse,polymorphe des sujets lymphatiques; A. des cachectiques,eXc., d’où son nom d’acné vulgaire. Comme toutes
ces variétés se trouvent souventréuniessurlemêmesujet,
elles couBÜtneni pratiquement un groupe clinique bien connu qui prouve que l’ancienne définition de 1 acné, à savoir inflammation des glandes sébacées , est inexacte. Fort souvent, en effet, la glande sébacée n’est atteinte que secondairement, et peut même demeurer intacte, la lésion débutant dans le canal pilaire ou dans le périfollicule épidermique ou dermique et envahissant, perforant, détruisant la glande sébacée dans les formes pustuleuses ou phlegmoneuses profondes. (E. Besnier.) Nous n’avons pas à donner la description de toutes ces variétés de l’acné vulgaire, qui se présentent associées le plus souvent, ou isolées, confluentes ou discrètes Les éléments peuvent être très abondants, ou très peu nombreux, petits ou volumineux ; ils occupent de préférence la face, le dos, la région antérieure du thorax, etc., et s’observent généralement sur des sujets à peau grasse’ brillante, séborrhéique; leur évolution: est en général assez lente, procédant par poussées successives; leur durée est indéfinie. Les caractères objectifs de ces différents éléments sont d’ailleurs suffisamment indiqués par leurs noms : chez les sujets lymphatiques, ils sont plus particulièrement abondants, essentiellement polymorphes, présentant tous les degrés de développement et laissant souvent des cicatrices blanches ou brunes, ou déprimées, parfois chéloïdiennes.
ACNÉ
Nous devons insister sur l’étiologie de l’acné vulgaire ou inflammatoire, car la notion de la cause, quand on est assez heureux pour la découvrir, est d’un grand secours dans la thérapeutique si difficile, si ingrate, de l’acné.
Pratiquement, deux points essentiels sont à considérer : 1° l’état du sujet, en d’autres termes la nature du terrain plus ou moins apte à subir l’influence, l’action, le choc pour ainsi dire des agents provocateurs de l’éruption ; 21 les agents provocateurs eux-mêmes.
1 “Les acnéiques sont leplus souvent desj eunes gens âgés de quatorze à vingt-cinq ans, du sexe féminin peut-être un peu plus fréquemment, à tempérament dit lymphatique ou mieux strumeux, ou arthritique (Bazin), présentant des troubles gastro-intestinaux (dyspepsie, dilatation de l’estomac, constipation), une menstlftation défectueuse, ayant une peau blanche, humide, grasse, à orifices glandulaires dilatés; la chlorose, l’anémie, l’algidité périphérique, les migraines, les troubles génito-urinaires (Kaposi, Hébra, Neumann, Hutghinson), se rencontrent fréquemment dans l’étiologie de l’acné inflammatoire qu’on peut d’ailleurs observer à tout âge et en dehors des conditions précédentes.
2 ° Les agents provocateurs, irritatifs, sont des plus nombreux. Ils viennent soit du dehors (froid, chaleur vive, séjour au hord de la mer, vent violent, — goudron, huile de cade, acides pyrogallique et chrysophanique, pommades, lotions irritantes, pâtes épilatoires, etc., agents bactériens, staphylococci (aureus et albus), etc.;soitduded(ms: introduits dans l’économie, ils cheminent de dedans en dehors vers la surface, poisons du dehors (médicaments, iodures et bromures de potassium, de sodium, arsenic, goudron pris à l’intérieur, etc.) (Voir Éruptions- médicamenteuses), ou poi-
ACNÉ
sons autochtones, éléments morbides chassés par le sang, substances toxiques éliminées par l’épiderme, mais non par la glande sébacée (ptomaïnes, leucomaïnes, acides gras volatils, etc.) (E. Bbsnieh).
En résumé, deux facteurs sont nécessaires dans la pathogénie de l’acné vulgaire : un terrain prédisposé, et des agents pathogènes venant soit du dehors, soit du dedans. Barthélemy (congrès international de dermatologie de Paris, 1889) insiste sur ce processus pathogénique^ et particulièrement sur le rôle des troubles gastro-intestinaux : « Qui dit acné dit estomac; la dyspepsie favorise d’abord le développement de la séborrhée; puis survient l’éruption acnéique qui n’est que le résultat de l’ensemencement de la peau séborrhéique par les germes venus de l’extérieur; aussi peut-on guérir l’acné sans pommades, parla stérilisation de la peau au moyen de l’hygiène alimentaire et la régularisation des fonctions digestives. — L’éruption acnéique est contagieuse et surtout auto-inoculable de proche en proche. »
Traitement. — Il consiste à rechercher avec le plus grand soin la cause de l’acné et à la supprimer autant que possible, puis à combattre la lésion cutanée. — Dans les cas d’acné d’origine médicamenteuse, on doit commencer par supprimer le médicament (Voir Éruptions médicamenteuses), puis s’efforcer de faire disparaître les éléments acnéiques par les moyens que nous indiquerons.
Quatre indications dominent le traitement général de l’acné inflammatoire :
Régulariser les fonctions gastro-intestinales par tous les moyens appropriés : pour cela, il faut combattre, s’il y a heu, la variété de dyspepsie qu’auront
ACNÉ
décelée les signes cliniques et les nouveaux procédés d’analyse chimique, s’opposer énergiquement à la constipation, et provoquer plutôt au besoin des selles copieuses par des laxatifs répétés ; aloès, magnésie calcinée, pilules d’Anderson, cascara sagrada,| podophylle, évonymine, calomel, rhubarbe, tamar indien, poudre laxative de Vichy, poudre laxative de Dujardin-Beaumetz.
Follicules de séné (lavés ^ 1
ââ G grammes.
l’alcool) en poudre.
Soufre sublimé.
Fenouil en poudre...
Anis étoilé. 1
Crème de tartre pulvérisée. 2 —
Poudre de réglisse.. 8 —
Sucre en poudre.. 23 —
M. 1 cuillerée à dessert le soir dans un verre d’eau. — Eaux minérales purgatives, lavements répétés, etc.
A ces laxatifs, qu’il convient de varier de temps en temps, il faut adjoindre un régime laxatif, le massage abdominal, et enfin l’antisepsie gastro-intestinale, afin de rendre l’organisme réfractaire à de nouvelles poussées en stérilisant le milieu de culture. » (Barthélemy.)
Pour cela le naphtol, ou mieux le salol, le benzonaphtol, le bétol sont généralement indiqués :
Cachets avec :
Salicylate de bismuth Aâ 7 sr 50 cent.
Naphtol.... S
Pour trente cachets. En prendre quatre par jour.
Cachets avec :
Sacilylate de bismuth.
Naphtol P ou Bétol ou Salol.
j ââ 7 gr. 50 cent.
ACNÉ
Pour trente cachets me'dicamenteux. Deux avant chaque repas.
20 Supprimer les aliments susceptibles de produire des poussées d’acné inflammatoire, — particulièrement les coquillages, les poissons de mer, la viande de porc, le gihier faisandé, les fromages fermentés, le vin en excès, les épices, les alcools, avec cette réserve cependant qu’il importe de tâter la susceptibilité de son malade avant de proscrire de son alimentation une foule d’aliments qui lui sont parfois agréables.
30 Régulariser les autres fonctions, et particulièrement celles des organes génito-urinaires : on sait en effet que les poussées d’acné vulgaire sont souvent liées à des troubles delà menstruation. Certaines femmes ont de 1 acné à chaque époque menstruelle. En outre des lésions uréthrales ou vésicales peuvent également être le point de départ d’acné, plus particulièrement à’acné rosée (Voir ce mot et le traitement préconisé par Hutchinson et les auteurs américains).
4» Soigner l’état général du sujet. S’il est arthritique : alcalins, eaux minérales alcalines (Vichy, Fougues, Vais, Royat, Chatel-Guyon) ; s’il est lymphatique ou scrofuleux : huile de foie de morue, créosote, eaux de Salins, Uriage, la Bourboule, Creutznach; s’il est anémique ou chlorotique : toniques, ferrugineux, arséniate de fer, mixture ferro-arsenicale de Wilson, eaux minérales de Forges, Orezza, Bussang; s’il est cachectique (acné des cachectiques), le traitement de la cachexie domine celui de la dermatose. Enfin, il faudra toujours, chez les sujets atteints d’acné, s’efforcer de supprimer les troubles circulatoires qu’ils présentent si souvent particulièrement aux extrémités qui sont froides (pieds, mains, nez, oreilles). Les
8 ACNÉ
douches tièdes, les bains de pied chauds ou salés, ou sinapisés, les frictions quotidiennes sèches ou avec de l’eau de Cologne, de l’alcool camphré, de l’eau renfermant du vinaigre, le massage, la marche, les exercices physiques, etc., trouvent ici une indication pre-
Quant aux médications internes indiquées contre l’acne inflammatoire, elles n’ont qu’une valeur très restreinte. Théoriquement elles agiraient directement sur les glandes sébacées en s’éliminant par elles, mais nous savons que la fonction des glandes sébacées n’est pas une fonction émonctoriale, mais simplement de lubréfaction, et que dans bien dés variétés de l’acné disséminée la lésion n’occupe pas la glande sébacée, mais part, soit du canal pilaire, soit du follicule épidermique ou dermique; nous savons aussi que les altérations de la sécrétion sébacée invoquées par quelques auteurs comme cause de l’acné inflammatoire sont peu vraisemblables ou tout au moins exceptionnelles. Si certains médicaments (soufre, chlorure de sodium, ichthyol) ont parfois donne de bons résultats, nous croyons que c’est surtout, pour ne pas dire exclusivement, parce qu’ils ont agi favorablement sur l’état général.
Les auteurs prescrivent ;
L’usage prolongé du soufre en pilules, en pastilles, en poudre, en eaux sulfureuses ; le chlorure de calcium (Ringeb), s milligrammes à 2 centigrammes quatre fois par jour; le chlorure de sodium, 2 grammes par jour (HABnv), l’arséniate de fer (5 à 15 milligrammes par jour); l’ichthyol (ünna).
Ichthyol.
Eau distillée.
AONÉ
IS à 50 gouttes dans l’eau matin et soir. (Préparation très instable.)
Ainsi administré, Tichthyol est extrêmement désagréable à prendre. Nous préférons le donner encapsules de 25 centigrammes, 4 à 8 par jour. Mais ce médicament donne des renvois très pénibles et n’a pas d’action très manifeste sur l’acné; dans quelques cas, il nous a paru augmenter très n'otablemént l’appétit du sujet.
Signalons encore l’ergotine (Denslow), la digitale, l’hamamelis virginica, la belladone (voir Acné rosée), le mercure, l’hippurate de chaux (en sirop, 2 à 3 cuillerées à bouche par jour), etc., etc.
GuhleretBulkleyde New-York vantent l’usage interne de la glycérine à la dose de 1 cuillerée à houche deux à trois fois par jour. Lewin supprime aux acnéiques tous les aliments gras et leur prescrit 60 à 120 grammes d’alcool par jour (?).
Traitément local. — Il peut suffire dans certains cas, mais nous conseillons d’y associer toujours le traitement général, afin d’éviter les récidives si fréquemment observées dans les acnés inflammatoires. Il importe avant tout de tâter la susceptibilité cutanée du sujet, car chez certains acnéiques la peau est délicate, douce, fine et absolument intolérante, alors que d’autres sujets à peau grasse, rugueuse, à orifices glandulaires dilatés supportent d’emblée des applications très irritantes. Quoi qu’il en soit, il faut sous peine de mécomptes graves commencer par des agents peu actifs, à peu près anodins, et à dose légère, puis augmenter progressivement les doses et employer des topiques de plus en plus actifs, de plus en plus iriûtants. Si l’irritation produite est trop vive, il importe de la calmer par des topiques émollients, puis de recommencer, s’il y a lieu, l’emploi des agents
.ACNÉ
irritants jusqu’à ce que les éléments acnéiques aient disparu. Enfin, dans les cas d’acné à grosses papules, ou phlegmoneuse ou pustuleuse profonde, ou tuberculeuse ayant résisté aux divers topiques, il faudra recourir à la médication chirurgicale. En tout cas, l’acné est une affection, tenace, rebelle, et le médecin devra être très prudent, très réservé, quand il s’agira d’affirmer la curabilité complète de l’acné vulgaire ou de spécifier la durée du traitement. Cette recommandation s’applique d’ailleurs à toutes les variétés d’acné.
Suivant le nombre, le volume, le degré de développement, le siège des éléments acnéiques, suivant aussi l’état de la peau, on emploie des lotions, des poudres, des pommades, des pâtes, des emplâtres, etc.
1“ A. simple, vulgaire, disséminée, ponctuée à petites papules, de la face, du tronc. Dans cette variété qui constitue la forme la plus légère de l’acné inflammatoire, on observe souvent en même temps des comédons multiples qu’il convient d’extraire et de traiter (Voir A. comédon).
Lotions. — Matin et soir lotionner la région atteinte avec de l’eau chaude additionnée d’un peu d’eau de Cologne ou d’alcool camphré, ou d’acide borique, ou de chlorhydrate d’ammoniaque ou de quelques gouttes de créoline. Puis appliquer sur les éléments acnéiques un petit tampon de coton hydrophile imprégné de :
Alcool, ou alcool camphré, ou eau de Cologne ] parties
Eau très chaude.. ( égales.
laisser quelques instants en place et laisser sécher.
Peuàpeu diminuer la quantité d’eau chaude, etaubout de quatre à cinq jours, suivant la tolérance individuelle,
ACNÉ
appliquer jOMrs l’alcool camphré, l’eau de Cologne, ou l’alcool saturé d’acide borique ou le mélange suivant :
Alcool à 90^.. . 60 grammes.
Acide salicylique. 2 —
Les lotions suivantes peuvent également être employées :
a. Eau de Kummerfeld :
Alcool camphré..
Alcool de lavande..
Lait de soufre..
Eau de Cologne.
Eau distillée....
2 grammes.
\ gramme.
4 grammes.
Appliquer chaque soir et garder toute la nuit. b. Solution avec
Biohlorured’hydrargyre... 1 gramme.
Teinture de benjoin. 8 grammes.
Émulsion d’amandes amères... 490 —
Agiter avant de s’en servir, c. Liqueur de Gowland ;
i ââ 10 centigrammes.
Émulsion d’amandes amères 200 grammes.
d. Solution avec :
Bichlorure d’hydrargyre... 1 gramme.
Chlorhydrate d’ammoniaque... 1 —
Eau distillée. 300 grammes.
Appliquer ces différentes lotions le soir, ne pas essuyer, les garder toute la nuit et laver le matin avec de l’eau très chaude. Il faut être très réservé dans
AaNi:
l’emploi des différents savons. Seuls le savon doux ou pur et le savon borique peuvent être utilisés.
Si ces lotions sont insuffisantes, ce qui s’obsei've généralement, nous conseillons de les employer simplement comme lavages soir et matin et d’appliquer ensuite, les préparations, lotions, pâtes et pommades suivantes, qui devront demeurer toute la nuit ;
1» Les préparations sulfureuses sont les plus employées.
Mélanger au mortier et ajouter :
Alcool camphré. i
Eau de roses ou alcoolat de ) ââ SO grammes.
Fioravanti. 1
Mêlez (E. Bbsnier).